CHAPITRE XXII
ger à partir ; leurs instances furent vives et leurs motifs concluants; nous allions, disaient-ils, sans bénéfice pour la cause, grossir le nombre des otages livrés à la réaction.
On ne savait ce qui pourrait arriver, et il me répugnait d’avoir à fuir devant des accusations personnelles; n’en tirerait-on point parti pour affirmer le réquisitoire lancé contre nous ?
J’étais dans la salle de la paix à peser la valeur de cette intervention amicale, lorsque j’aperçus le substitut du procureur général se promenant avec un rouleau de papier sous le bras, de l’air d’un homme attendant un ordre à exécuter.
Je pensai qu’on allait nous faire arrêter a notre sortie de la salle. J’avais, dans une des tribunes de l’Assemblée , ma mère souffrante, et je ne voulais point qu’elle pût être témoin de ce spectacle.
Je rentrai dans l’Assemblée et je demandai au général Cavaignac si on allait bientôt me faire arrêter.
— Je ne le pense pas, me répondit-il ; si vous avez besoin de quelques jours pour arranger vos affaires, je prends l’engagement de vous les faire accorder.