DEUXIÈME PARTIE
avaient jusque-là protégé la sécurité publique. Depuis les émotions d’avril, on songea davantage à se prémunir contre les éventualités de troubles que chacun pressentait.
Quoique le gouvernement eût fait distribuer déjà une immense quantité de fusils, il était difficile de satisfaire tous les citoyens qui réclamaient des armes. Moi-même, je dus m’organiser un petit arsenal pour me défendre, au besoin, contre des attaques imprévues. J’obtins quelques milliers de cartouches et des fusils destinés, en cas d’urgence, aux sapeurspompiers, dont le commandant m’avait promis le concours immédiat. La caserne des pompiers est attenante à la préfecture.
Je n'aurais eu également qu’un ordre à envoyer aux balles pour avoir tout de suite quelques centaines d’hommes déterminés.
On dressa un plan militaire de la préfecture; elle est facile à envahir par surprise ; mais, avec des précautions militaires suffisantes et une bonne garnison, elle deviendrait un poste redoutable. La nuit, on faisait des patrouilles intérieures et extérieures. Le général Courtais et le ministre Ledru-Rollin, dans leurs rondes nocturnes, ne trouvèrent jamais notre vigilance en défaut ; car il était indispensable, en