CH.VP1TRE IV
les ouvriers, il récrimine et se rallie aux banquiers ses patrons, pour étouffer ce cri de justice. Il ne voit pas qu’il tire sur les siens. II s’emporte et ne parle que de fusiller. Sans doute, il aurait raison de se défendre, si l’ouvrier venait piller sa boutique ; mais jusqu’à présent , quoi qu’on ait pu dire, sur cent ouvriers on en trouverait quatre-vingt-dix-neuf tout prêts à exécuter les misérables qui tenteraient de profiter d’une insurrection pour se livrer au pillage et à la vengeance.
Ces réflexions ne sont pas tout à fait hors de mon sujet. J’ai été à même d’étudier la pensée politique et les actes du peuple travailleur ; et sans s’abuser sur les défauts que l’absence de l’éducation laisse subsister en lui, on peut dire que tous les sentiments généreux lui sont familiers. Avec un tel peuple, que de grandes choses pourrait faire un gouvernement intelligent et patriotique !
Rappelons-nous qui vint le premier apporter son offrande sur l’autel de la patrie?
C’est le travailleur ! De même que, le premier aussi, il avait versé son sang sur les barricades de la république.