DEUXIÈME PARTIE
On aurait pénétré jusqu’à moi pendant mon sommeil, et l’on m’eût égorgé.
Ensuite, on s’emparait, des armes de la préfecture, et, à l’aide des affidés du dehors, on proclamait l’insurreetion. Quelques complices, restés à l’hôtel de ville , devaient tenter le même coup.
Ce projet fut modifié : on me savait armé, on voulut prévenir ma résistance. Comme je me couchais fort tard , il fut décidé qu’une députation se rendrait auprès de moi pendant la nuit et me poignarderait à l’aise.
La plaisanterie me parut un peu forte. Je fis suivre l’affaire par ceux qui me l’avaient révélée, mais dans l’intention de l’étouffer avant qu’elle ne transpirât en public.
Sus ces entrefaites, le colonel Rey, commandant l’hôtel de ville, vint me visiter. Je l’engageai à se mettre sur ses gardes ; il me répondit qu’il avait déjà des présomptions d’attaque.
J’avais reçu du gouvernement l’ordre de faire arrêter Blanqui. Il manquait à cet ordre les signatures de Louis Blanc et Albert, momentanément absents du conseil. M. de Lamartine avait obstinément refusé la sienne. Je chargeai le commissaire de police Bertoglio de cette arrestation. Il se transporta, avec quatre