‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 84 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nonca de nouveau contre toute intervention immédiate :

« Nous avons promulgué plusieurs fois déjà, dit-il, et nous avons défini le genre de concours que la nation française prêterait aux nationalités délivrées de l’Italie ; le texte de nos paroles sera aussi le texte de nos actes ; le drapeau français ne s’avancera qu’à son heure dans les limites que votre sagesse et votre patriotisme universel aura écrites de votre propre main. Mais, sachez-le bien, ce qui s’est passé en 1831 ne se renouvellera pas en 1848, et quand le drapeau français se sera avancé jusqu’où notre politique lui aura dit de se porter, sachez qu’il ne reculera jamais. »

Ainsi donc, l’heure n’avait point encore sonné, et nulle intervention n’a prêté secours, soit aux peuples du Nord, soit à ceux du Midi. En devenant homme d’Etat, devient-on donc aveugle , lâche et traître à tout sentiment généreux ? L’histoire aura-t-elle encore à enregistrer une défection, et les peuples, un jour, ne nous crieront-ils point : Racca! en nous couvrant des cendres de leurs villes et des ossements des cadavres amoncelés par les boulets du despotisme?

C’est nous qui avons pris l’initiative révolu-

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