‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 118 sur 142 · I.es clubs (lu désespoir persévéraient. La rn · texte numérisé non relu

I.es clubs (lu désespoir persévéraient. La rn

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meur {Mihliqiie éiait jrrosse d’orages; et, pour rappeler une expression un peu triviale dont je me servis alors, afin de caractériser la position ; la vessie était gonflée de fiel ; elle allait bietitôt crever !...

L’autorité imagina alors, comme dernière ressource, de former un réseau de troupes autour des rassemblements et de les envelopper dans une arrestation commune.

Plus de neuf cents personnes de tout sexe furent ainsi cernées d’un seul coup de filet, et conduites à la Préfecture de police, où elles passèrent la nuit dans la cour.

On s’emparait certainenient des meneurs par ce moyen; mais, en même temps, on violait aussi la liberté de personnes inoflensives, attirées par la curiosité ou la proximité de leur demeure. Deux représentants, englobés dans cette capture, durent subir eux-mêmes les conséquences de la belle loi qu’ils avaient faite.

11 eût mieux valu, ainsi que je crois l’avoir dit précédemment, aposter dans la foule, des agents inostensibles, qui, s’attachant aux monteurs de clubs, les eussent arrêtés ensuite à domicile, pour éviter des colliaions dans la rue.

CH \ PITRE XIT.

NéRnmnins, 1p soir du 22 juin, les attroupp* ments ne stationnèrent point sur les boule^Tirts. Quelques milliers d’ouvriers se réunirent près de l’Hôtel de ville. Le mot de dissolution des ateliers parcourait les rangs et excitait une grande fermentation.

La Commission exécutive fut prévenue qu’un conflit se pi-éparait. Le ministre de la gtierre, Cavaignac, qu’elle avait appelé précédemment dans son sein, prétendait tenir sous sa main 25 mille hommes de troupes.

Pourtant, le chiffre de ses troupes se trouvait réduit par les mutations suivantes, faites dans la garnison de Paris :

Le 14 juin, le oo*’ de ligne était parti pour Laon ;

Le '] 5 juin, le 2l« de ligne pour Orléans ;

Le 18 juin, le 45" de ligne pour Soissons ;

Vers les mêmes époques, le 25* léger avait (juitté Vincennes pour Versailles, et le 34® de ligne s’était rendu à Fontainebleau.

Cet éloignement fut-il déterminé par le fait d’une conspiration qu’on disait exister dans l’armée, et dans laquelle deux généraux se trouvaient compromis? C’est ce que j’ignore. Mais, n’importe

|>onr quelle raison, la garnison, le 22 juin, atteignait, au plus, le chiffre de 1'2 mille hommes.

La bataille avait été annoncée, depuis plusieurs jours, par le général Clément Thomas ; la police du ministère était avertie. La misère du Peuple et ses espérances trompées allaient le précipiter dans une lutte fatale. On se flattait d’en flnir avec ses prétentions : il allait prêter le flanc, lui-même, à de tristes mesures !

Les événements qui suivent sont encore si brûlants, que c’est à peine si j’ose en tracer une légère esquisse. L’histoire des trois journées de Juin paraîtra sans doute, plus tard, avec tous les détails (|u’elle nécessite.

Jusqu’à présent, les récits officiels qui ont paru ont été entachés de partialité.

Les vaincus ont toujours tort !...

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