CHAPITRE XXI
(|ui iHP rcriit d’une manière afl'ahle. Il parnissail Irisie et soucieux.
« Je viens, lui dis-je, vous prévenir que des fruits de collision circulent dans la ville. Il est question d’une attaque le 14 juillet ; mes amis et moi, nous redoutons quelque machination de la police, .le viens donc, en leur nom et au mien, protester contre toute tentative, et vous avertir que nous allons faire tons nos efforts pour maintenir le calme dans la population. De votre côté, donnez des ordres, s’il y a lieu, afin que la police cesse toute allure provocatrice.
— Vous ferez bien, me répondit-il, d’empêcher tout mouvement; car il serait la perte de la République. Les faubourgs sont loin d’être calmes. Il y a deux jours encore, une quinzaine de jeunes gens parlaient de m’assassiner. La position est très-difficile, et l’on attribue aux républicains les journées de Juin.
— Vous savez bien, répliquai-je, que l’insurrection de Juin a été menée en dehors des républicains habitués à de pareilles affaires. Il n’y a eu aucun complot de leur part, et les choses se seraient passées différemment s’ils s’en étaient mêlés !... »
216 MfiVtOIHES DK KAKSSIDIEaE.
Je lui (lis alors que la Montagne et le parti rt-publicaiu tout entier étaient prêts à l’appuyer énergiquement, s’il voulait, usant du pouvoir dictatorial qui était entre ses mains, diriger les affaires dans une voie plus radicale que celle qu’on suivait en ce moment.
« Les républicains, ajoutai-je, iie manquent ni d’habileté ni de conrage. Vous pouvez en juger par les événements de Février. Leur grend défaut est de ne point se souvenir. Ils sont toujours trop confiants pendant le succès. »
Il me répondit :
« Mon pouvoir n’est point aussi fort que vous le supposez. La majorité de l'Assemblée conduit tout. Je ne suis qu’un instrument entre ses mains. Avant quinze jours, je serai usé. Du reste, vous voyez que je vais peu à l’Assemblée, et que je ne fais rien pour me maintenir au poste que j’occupe. »
Après qufîlques propos .sur la situation financière, je le quittai. Il m’engagea à revenir le voir.
Ainsi, naes efforts pour ramener le président du Pouvoir exécutif à la cause démocratique échouèr rent (contre l’étal d’inertie dans lequel il paraissait plongé.