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venir de mon père dont la vie, toute de probité, avaitété un long sacrifice à cette cause. Cette énumération de sentiments républicains, devait rencontrer peu de sympathie chez les royalistes.
Deux chefs d’accusation pesaient sur moi, l’un relatif au 15 mai, l’autre aux événements de juin.
Le nombre des votants était de 745. 477 députés votèrent pour l’autorisation de poursuites, 268 représentants votèrent contre.
L’autorisation de poursuites par une juridiction militaire fut votée au scrutin de division par 281 députés sur 739. 458 furent contre.
Je restai donc passible de la cour d’assises seulement; on m’avait épargné les honneurs d’un conseil de guerre.
Pendant les opérations du vote au scrutin de division, plusieurs amis vnirent près de moi, et près de Louis Blanc, pour nous engager à partir ; leurs instances furent vives, et leurs motifs concluants ; nous allions , disaient-ils , sans bénéfice pour la cause, grossir le nombre des otages livrés à la réaction.
♦ ne savait ce qui pourrait arriver, et il me répugnait d’avoir à fuir devant des accusations |Mjr-
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sonoelles; n’eii tirerait-on point parti pour affirmer le réquisitoire lancé contre nous ?
J’étais dans la salle de la paix à peser la valeur de cette intervention amicale, lorsque j’aperçus le substitut du procureur général, se promenant avec un rouleau de papiers sous le bras, de l’air d’un homme attendant un ordre à exécuter.
Je pensai qu’on allait nous faire arréter à notre sortie de la salle. J’avais, dans une des tribunes de r.Assemblée, ma mère souffrante, et je ne voulais point qu’elle put être témoin de ce spectacle.
Je rentrai dans l’Assemblée et je deinamlai au général Cavaignac si on allait bientôt me faire arrêter.
— Je ne le pense pas, me répondit-il ; si vous avez besoin de quelques jours pour arranger vos affaires, je prends l’engagement de vous les faire accorder.
— Je viens de voir un homme de justice, lui dis-je, et je crois qu’il est là tout prêt à exécution t pour ma famille, qui est présente, je voudrais éviter une arrestation dans cet endroit.
— Je n’en sais rien ; au surplus, voyez M. Marie’, il pourra vous instruire à ce sujet. ■
Je fis la même question à M. Marie, qui m’a-
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dressa un sourire gracieux et jésuitique dont je fus étonné, car je savais que j’étais, pour ce ministre, un véritable épouvantail; il me répondit qu’il n’avait point encore de mandats préparés, et qu’il ne pensait pas que je fusse arrêté sur les lieux.
Son sourire et ses paroles n’avaient rien de bien rassurant. Ne pouvait-on pas avoir des mandats tout prêts ; je savais. Dieu merci, à quoi m’en tenir là-dessus.
Je me retirai, à cinq heures du matin, avec le citoyen Fargin-Fayolle, un de ces hommes qu’on retrouve toujours dans les moments difficiles.
Grande fut la colère de M. Lherbette contre le Pouvoir exécutif, qui n’avait pas fait procéder à notre arrestation immédiate. C’était bien la peine, disait-il après, de nous avoir fait voter une autorisation de poursuites pour laisser les accusés se retirer où bon leur semblera !
C’est jusquà présent la seule nuit entière que r.Assemblée nationale ait passée en séance.
Cette nuit de jugerie me laissa de fâcheuses impressions; j’avais constamment recherché la concorde, et je n’avais rencontré qu’esprit de haine et de division.
C’est pourquoi je me conformai au conseil de