‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 14 sur 142 · PROVISOIRE · texte numérisé non relu

PROVISOIRE

« Le maire de Paris Arrête :

« M. Marc Caussidiere est nommé délégué provisoire du maire de Paris à l’administration de la police du département de la Seine.

«Paris, le 26 février 1848.

« Garnier-Pagès, maire de Paris. »

D’insertion au Moniteur, point. Je me souciais peu d’une garantie particulière ; mais pour que je pusse agir avec autorité, il fallait que le public fût convaincu de mes pouvoirs. Je dus donc rappeler au maire de Paris sa promesse de la veille. Si j’appuie sur ces détails, c’est qu’ils sont nécessaires pour préciser le commencement de la lutte que j’ai eue à soutenir pendant près de trois mois.

CHM’ITHK IV.

a Paris, le 27 février 1848.

« J’ai l’honneur de rappeler au citoyen Garnier- Pagès la promesse qu’il m’a faite hier, de faire insérer ma nomination dans le Moniteur.

a Pour la tranquillité de la cité, pour continuer une conduite que vous avez bien voulu qualifier, hier soir, dé belle et exemplaire ; pour poursuivre, d’une manière efficace l’œuvre commencée, il faut absolument ne pas être désavoué chaque jour par des journaux qui désignent comme délégué à la police le citoyen Recurt.

« CXCSSIDIEUS. B

Plusieurs membres du Gouvernement provisoire, qui m’avaient rendu visite , témoignèrent alors, à l’Hôtel de ville , de l’activité et de l’ordre que j’avais ramenés à la Préfecture, ainsi que de mes efforts incessants pour faire face à tous les besoins de l’extérieur. Ces résultats déterminèrent donc à m’accepter. On fît de nécessité, vertu; et, le lendemain , le maire vint confirmer ma nomination de délégué, en présence de tous les chefs de division de la Préfecture.

HËMUIKES UE CAUSSIUIERE.

Cet état de choses dura jusqu’au 15 mars suivant, uü je fus proclamé oQiciellement préfet de police.

A dater de ce jour, la Préfecture de police reprit son litre et la plénitude de ses attributions , telles qu’elles sont déterminées par l’acte constitutif du 12 messidor an viii, et par les lois et reglements postérieurs. Klle releva dès lors plus spécialement (lu ministère de l’intérieur.

L’état-major de la garde nationale venait d’être organisé. Le général en chef, Courtais, appartenait à la nuance du National , qui lui avait confié ces importantes fonctions. Guinard lui avait été adjoint en qualité de général d’état-major. Le colonel Saisset se consacra surtout aux détails d’organisation. Dans les premiers teipps, et jusqu’à ce que la garde nationale eût nommé ses capitaines, le service d’état-major fut fait par des élèves de Saint- Cyr et de l’école Polytechnique, eL aussi par quelques olficiers de bonne volonté. Mes rapports avec l’état-major furent toujours bienveillants, et notre accord parfait.

11 en fut de même avec les douze mairies de Paris et avec celles de la banlieue, qui curent fréqu*^’^imcnt besoin de mon concours.

CHAPFTPF. IV.

Malgré la victoire remportée par le Peuple, et l’éloignement des troupes de la capitale, les esprits étaient constamment agités par des craintes de réaction et d’attaques nocturnes. D’un autre côté, les propriétaires étaient eflVayés par des menaces de dévastation. Je fis faire des investigations sérieuses, et je pus me convaincre que rien ne justifiait ces inquiétudes entretenues à dessein. Je crus donc de mon devoir de faire placarder la note suivante :

« RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

«Liberté, égalité, fralernhé.

« Des rumeurs alarmantes , répandues par des esprits timorés ou malintentionnés, et accueillies trop légèrement, peut-être, ont, dans la journée d’hier, jeté un certain émoi parmi la population.

a Des rapports annonçant le projet formé d’attaques contre les propriétés , et de dévastations, éveillent la crainte de ceux qui se croient menacés.

« A son tour, le Peuple des barricades se montre tourmenté par des bruits de réaction monarchique.

M8 MÉUOtRBS DB CAUSSIDIERE.

« La police a dû se préoccuper de ces nouvelles étranges, et elle a pris tous les moyens de vigi« lance nécessaires pour s’assurer de la vérité.

« Le délégué au département de la police est heureux d’annoncer aux citoyens de Paris et de la banlieue, qu’après des explorations faites avec le plus grand soin, il a acquis la certitude que rien de tout ce qui avait été dit n’était fondé.

« Vigilance, énergie, dévouement!

« Paris, 27 février 1848.

« Le délégué de la République française au département de la police.

« Cal'ssidiere. »

Pour assurer l’ordre matériel en même temps que la tranquillité morale , je publiai suocessivement plusieurs ordonnances, Je remis en vigueur les règlements qui concernaient la sûreté et la liberté de la circulation, la salubrité et la propreté de la voie publique. L’approvisionnement dés différents marchés, la surveillance des lignes de chc'minsde fer, l’érlairage des rues, l’enlèvemeul dés

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