‹ Mémoires de CaussidièreChapitre 20 sur 142 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui se trouvait là par hasard, et moi. nous fûmes pressés entre la porte et la grille intérieure. L’élève (le l’école Polytechnique lança un coup d’épée entre les barreaux, dans la foule des assiégés qui cherchaient à refermer en dedans. J’ai été assez heureux pour faire disparaître ce jeune homme dont la vie eût pu être compromise.

« Après quelques sommations énergiques, ils se décidèrent pourtant à nous laisser pénétrer dans la (X)ur, où je rangeai ma troupe en bataille. C’est alors que le général Courtais entra, suivi des élèves de Saint-Cyr, et passa en revue tous les hommes qui, depuis le 24 février, occupaient les Tuileries. Il en obtint la promesse qu’ils se retireraient le lendemain matin , porteurs de certihcats du gouverneur.

« Salut et fraternité.

« Caillaud.

« 6 mars 1848. »

En effet, le lendemain, ils sortirent, l'arme au bras, et défilèrent en ordre jusqu’à l’Hôtel de ville, où on leur offrit un banquet. Mes agents en reconnu-

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rent quelques-uns d’une moralité plus que suspecte. Une trentaine environ demandèrent à être employés à la Préfecture. Dormes était à leur tête. On les admit assez légèrement, et par la suite, ayant eu à me plaindre d’un grand nombre d’entre eux, je fus obligé de les renvoyer.

Le château de Vincennes avait- aussi besoin d’être protégé contre des actes de dévastation qui s’y renouvelaient tous les jours. Depuis février, les établissements d’artillerie , dans l’enceinte du polygone, avaient surtout souffert d’un pillage auquel le maire et la garde nationale, peu favorables à la République, ne s’étaient point opposés. On évaluait le dommage à plus de 80,000 francs.

Le 45 mars, dès cinq heures du matin, une troupe de Montagnards s’engagea dans le bois, à droite et à gauche de l’enceinte , s’embusqua de manière à voir arriver les pillards, et en arrêta vingt-six en quelques instants, la plupart nantis de pièces de conviction. Neuf seulement furent retenus et livrés à la justice, cette répression prompte et vigoureuse ayant suffi à prévenir de nouveaux abus.

Il serait trop long de raconter tous les incidents de ce genre, dans lesquels les Montagnards se sont

CËAPITRE VI.

conduits avec sagesse et fermeté. Il m’appartenait de réhabiliter des hommes trop calomniés, et dont la plus grande partie eût pu rendre de bons services, si elle n’eût été brutalement licenciée.

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