CHAPITRE VU
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ans à ia solde de nies ennemis. Déplus, iloccup«it un poste de eoadance qui, tôt ou tard, lui aurait permis de faire disparaître la trace de ses délations.
Trois ou quatre jours après la découverte du fameux dossier, je constatai l’identité de l'écriture de Pierre et de celle de Delahodde. Ma conviction était donc déjà formée, lorsqu’on retrouva la lettre suivante, avec une belle signature, une adresse, une date et tous les sacrements :
« A monsieur le préfet de police.
« Monsieur,
« J’ai l’honneur de vous adresser une demande d’admission dans l’administration que vous dirigez.
« Je suis né à Wimille, près Boulogne-sur-mer, département du Pas-de-Calais, et ma famille est très - honorablement connue dans le pays. Mon père et plusieurs de mes parents sont électeurs. Depuis la révolution, plusieurs d’entre eux s’étaient abstenus de prendre part aux travaux du scrutin ; mais des démarches auxquelles j’ai pris une bonne part, leur ont, depuis lors, fait mieux apprécier
irrf) MÉMOIRE:? DE CAIISSIDIERE
rimportancp de leurs droits électoraux , et je ne doute pas que, dans l’occasion qui va se présenter, ils h’en fassent usage en faveur de l’honorable candidat qui sollicite leurs suffrages et qui en est digne à tant de titres.
( Mon intention, en arrivant à Paris, était de m’occuper de littérature, et je travaille même un peu dans le journal la Presse. Mais les profits que me procure ma plume étant très-minimes, et les ressources qui me viennent de la maison, trop bornées, je me vois forcé d’abandonner la carrière littéraire, ou du moins de n’en faire qu’une occupation secondaire.
« La partie que je préférerais dans votre administration , monsieur le préfet , serait celle de la police secrète. Cette partie conviendrait à mon caractère et à l’activité de mon esprit ; et les préjugés qui s’attachent à elle, n’ont aucune puissance sur moi ; car je crois que toute profession a sa moralité, et je ne pense pas que celle qui a pour objet d’assurer le repos du pays et des citoyens, puisse être mésestimée des hommes sages qui ne regardent que la cause à travers les moyens.
« J'ai été victime, comme bien des jeunes gens, de l’exaltation politique qui a signalé si tristement