CHAPITRE X
Union et fraternité. — Le droit de la blouse. — La Marseillais* Pt mademoiselle Rachel. — Les représentations gratuites. — Le cliaiit des Girondins. — Les arbres de la lilwrU', à la Préfecture de police, à l'Opéra. — L’orchestre et le clergé. — Discours de Ledru-Rollin et de Caussidiere. — Après la Gironde, la Montagne! — Plui de violence. — Un meurtre en trois mois. — Statistique des vols. — Les brigades de sûreté. — M. .MIard et M. Éloin. — Voleurs et receleurs. — Arrestation d’un forçat. — Un bijoutier volé... par lui-mème. — Les maisons de jeu clandestiups. — Les dispensaires et les filles publiques. — La prostitutiou à Paris. — Souteneurs et matrones. — Les hûtels garnis. — Les étrangers à Paris. — Le commerce et les alarmistes. — Promenades aux flambeaux. — Desjampions. — La semaine sainte et les Montagnards, — Sollicitude de la Préfecture.
Malgré tant de secousses récentes, malgré les incertitudes et les divisions du gouvernement de l’Hôtel de ville, on pouvait encore espérer qu’un esprit d’union et de fraternité dominerait l’agitation populaire.
La hourcreoisie paraissait faire concession au droit de la blouse. Les mauvaises passions four-
t8ti MÉMOIRES DE CAUSSIDIEHK.
millaient. Paris avait un certain air île fête. Quelques théâtres donnaient des pièces patriotiques. Le
chant de la Marseillaise, reproduit chaque soir au théâtre National, par l’énergique talent de mademoiselle Rachel, excitait un saint enthousiasme. Le Peuple ouvrier fut convié à entendre les chefsd’œuvre de Corneille et de Voltaire. On peut dire que jamais les artistes du Théâtre National n’eurent d’auditeurs plus attentifs et plus recueillis. C’était bien le moins qu’on suspendît ses douleurs par quelques heures de récréation honnête.
Le chant des Girondins et le chant des Montagnards, mêlés ensemble dans les fêtes, étaient comme le présagg d’une fusion de tous les intérêts et de toutes les nuances, qui allait détruire pour longtemps les haines et les divisions. Paris respirait librement.
Dans tous les quartiers, on plantait des arbres de la liberté. La bourgeoisie, la garde nationale et l’ouvrier y figuraient tour à tour. Le clergé fut convié partout à y. apporter des paroles de paix et de conciliation. Des musiques militaires, des chœurs d’artistes donnèrent aussi leur concours à la splendeur de ces cérémonies populaires. L’arbre de la
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