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AVIS CONCERNANT LES PROPRIÉTAIRES ET LOCATAIRES

« P»ris, le 27 mars 1848.

« Le préfet de police,

« Informé des nii naces proférées par plusieurs personnes contre les propriétaires qui refuseraænt de faire remise à leurs locataires dans le besoin, du montant de leurs loyers devant échoir en avril prochain, croit devoir inviter seè concitoj'ens à respecter tous les droits.

« Les propriétaires, comme tous les citoyens, ont à supporter les charges qui pèsent sur chacun. Comment pourraient-ils le faire, si les loyers, sur lesquels ils ont dû compter ne leur étaient point payés?

« Le contrat qui lie actuellement les propriétaires et les locataii'cs doit être respecté, et il faut i;ue la population entière soit bien pénétrée qué

MËMUIHKS UH CVUSSlDIbRE.

l’autorité veillera à la sécurité de tous et réprimerait, au besoin, les désordres que quelques malintentionnés cherchent à susciter.

•( Sans aucun doute, le bon sens public rendra inutile le recoure à cette extrémité.

« Le préfet de police,

* Caiissidikuk. »

Eu même temps, je déléguai, dans les faubourgs Saint-Martin, du Temple, Saint- Antoine, Saint- Marceau, dans le Marais et ailleurs, plusieurs officiers, chargés de concilier pacifiquement les propriétaires et les locataires. De part et d’autre, ces démarches furent bien accueillies, et nos républicains rapprochèrent heureusement les riches et les pauvres.

Dans le quartier des Quinze-Vingts, le commandant Caillaud rencontra plus de difficultés. Le marché Noir était couvert d’une foule immense. Des drapeaux sinistres flottaient aux portos des propriétaires. Les ouvriers étaient si exaltés, (jue

rUAI’lTKE W.

le c'oiniDaiidant dut laisser sa troupe à l’écart et se mêler seul au milieu des groupes.

Il exigea d’abord que les drapeaux fussent enlevés et lacérés; et, après trois heures d’eflbrts, il décida enfin des arrangements amiables, et, dans les deux partis, on se serra la main, en criant : Vive la République !

Mais la bourgeoisie avait été vivement impressionnée, et la terreur régna , durant quelques jours, dans les maisons des propriétaires menacés.

Le commandant Caillaud cite, dans son rapport, une malheureuse femme de soixante-cinq ans, qui voulait se brûler vive, pour échapper, disait-elle, à la pendaison. Son mari, et quelques parents avaient été obligés de la garder depuis le matin.

La probité naturelle du pauvre aida à terminer cette affaire, que j’ai toujours considérée comme une des plus délicates et des plus importantes pour l’ordre public.

Aujourd’hui, sous le bienheureux état de siège, les huissiers saisissent et vendent le chétif mobilier du pauvre. Ils jettent sur le pavé des familles dépouillées et misérables. C’est ce ipie le général

MÉMülRÜS DE CAUSS1DIË&E.

Cavaignac appelle défendre l’ordre, la famille et la propriété !

Je laisse à juger de la sympathie que ce système fraternel excite dans le cœur des malheureux.

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