‹ Mémoires de ce qui s'est passeé dans la chrétientéChapitre 22 sur 22 · O HISTOIRE DE MADAME HENHIETTE · texte numérisé non relu

O HISTOIRE DE MADAME HENHIETTE

rite son bonheur et sa satisfaction, que celui qui est, sire y de Votre Majesté , etc.

Lettre de AI. de Montaigu à milcrd ArUngton,

Paris, le i5 jaillet 1670.

MlLORD y

Selon les ordres de Votre Grandeur , je vous envoie la bague que Madame avoit au doigt en mourant , laquelle TOUS aurez , s'il vous plaît , la bonté de présenter au Eoi. J'ai pris la liberté de rendre compte au Roi moi-même de quelques choses que Madame m'avoit chargé de lui dire, étant persuadée que la modestie n'auroit pas permis à Votre Grandeur de les dire au Roi, parce qu'elles vous touchent de trop près. Il y a eu depuis la mort de Madame, comme tous pouvez bien vous l'imaginer dans une occasion pareille, plusieurs bruits divers. L'opinion la plus générale est qu'elle a été empoisonnée ; ce qui inquiète le Roi et les ministres au dernier point. J'en ai été saisi d'une telle manière, que j'ai eu à peine le cœur de sortir depuis. Gela , joint aux bruits qui courent par la ville du ressentiment que témoigne le Roi notre maître d'un attentat si rempli d'horreur qu'il a refusé de recevoir la lettre de Monsieur , et qu'il m'a ordonné de me retirer , leur fait conclure que le Roi notre maître est mécontent de cette cour au point qu'on le dit ici. De sorte que quand j'ai été à Saint- Germain, d'où je ne fais que de revenir, pour y faire les plaintes que vous m'avez ordonné d'y faire , il est impossible d'exprimer la joie qu'on y a reçue d'apprendre que le Roi notre maître commence à s'apaiser, et que ces bruits n'ont fait aucune impression sur son esprit au préjudice de la France. Je vous marque cela , milord, pour vous faire counoitre à quel point l'on estime l'union de l'Angleterre dans cette conjoncture , et combien l'ami-

tié du Roi est nécessaire à tous leurs desseins : je ne doute pas qu'on ne s'en serve à la gloire du Roi , et pour le bien de la nation. C'est ce que souhaite avec passion la personne du monde qui est avec le plus de sincérité , milord, etc.

Lettre de M. de Montaigu à milord Arlington.

MlLORD ,

Je ne suis guère en état de tous écrire moi-même, étant tellement incommodé d'une chute qpie j'ai faite en venant, que j'ai peine à remuer 4e bras et la main. J'espère pourtant de me trouver en état, dans un jour ou deux , de me rendre à Saint-Germain.

Je ri écris présentement que pour rendre compte à Votre Grandeur {Tune chose que je crois pourtcmt que vous sai^ez déjà : ç*est que Von a permis au chetfaUer de Lorraine de venir à la cour, et de sentir à V armée en qualité de mare" chai de camp («).

Si Madame a été empoisonnée , comme la plus grande partie du monde le croit, toute la France le regarde comme son empoisonneur , et s'étonne avec raison que le roi de France ait si peu de considération pour le Roi notre maître que de lui permettre de revenir à la cour , va la manière insolente dont il en a toujours usé envers cette princesse pendant sa vie. Mon devoir m'oblige à vous dire cela , afin que vous le fassiez savoir au Roi , et qu'il en parle fortement à l'ambassadeur de France s'il le juge à propos; car je puis vous assurer que c'est une chose qu'il ne sauroit souffrir sans se faire tort.

(i) Ce passage ëtoit ëcrit en chifires.

¥UH DE l'histoire DE MADAME HE^ïKIETTE.

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