‹ Mémoires de ce qui s'est passeé dans la chrétientéChapitre 5 sur 22 · CONSEILLER · texte numérisé non relu

CONSEILLER

DE LA COUR D£ JUSTICE DE HOLLANDE, «le.

ifloilSIEUIi,

Il y a longtemps que je cherchais Voccasion dC avoir quelque chose à vous offrir qui pu â vous marquer la recoti-^ naissance que je vous dois pour tant de bontés que vous niavez témoignées; mais rC ayant rien rencontré jusques à />résent qui méritât de vous être offert, je m'étais contenté de conserver dans mon cœur le juste désir que favois de vous rendre un tel horifmage. Mon bonheur a voulu à la fin qiîil me soit tombé entre les mains un ouvrage d\un des grands Jïommes de ce siècle, illustre par les grands emplois quil a exercés, et par r estime qu* ont faite de lui plusieurs grands princes de l'Europe, Rien ne rrCa semblé , monsieur, plus digne de vous, et plus propre à m* acquitter auprès de vx^us de tant d'obligations que je vous ai, que ce dernier ouvrage de ses Mémoires que Von a mis au jour, où il fait un portrait si naturel et si admirable de notre 'auguste monarque ^ et oà il étale tant de belles actions de ce grand héros dont vous avez été le témoin oculaire, Vayaril accompagné partout, dans toutes ses fameuses expéditions et conquêtes, avec un zèle inestimable, et un attachement qui n'a guère d'exemr pie. Aussi, monsie^fir , votre fidélité aussi bien que votre prudence et votre sagesse ont trouvé auprès d'un si grand et si généreux prince tout le retour qii elles pouvoient espérer, noTb'Seulement par les ncfu^elles charges dont Sa Majesté a honoré votre personne et tous ceux de votre maison, mais par la distinction qu'il en fait parottre, et par les marques

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et estime qiJil VOUS témoigne publiquement dans toutes les occasions. C*est là , monsieur, le bel endroit de la vie d'un honnête homme; et l'on peut bien juger qu'un monarque si éclairé, et si admirable dans le choix des personnes, ne jette point les jreux sur quelqu'un qi/il ne fasse en même temps son éloge, et lefashe regarder comme véritablement digne de ses bonnes grâces.

Tose espérer, monsieur, que vous ne condamnerez pas la hardiesse que j'ai eue de vouloir contribuer de mon côté à éterniser votre mérite en mettant au jour les bienfaits dont ce grand monarque vous a honoré. C'est à quoi ce livre me sert, lequel j*ai fait traduire de l'anglais dans une langue universellement plus entendue: et quoiqu'il paroisse, par r avertissement du libraire anglais, que ce livre n'a pas été publié en anglais de l'aveu de l'auteur, cependant comme il ne Va pas désavoué, et qu'il paraît, par tout le contenu, qu'il ne peut être que de cet habile ministre, j* ai jugé qu'il étoit de mon devoir dCjr mettre son nom, afin que le pubUc reconnût à l'ouverture à qui il a obligation d'un si bon ou" vrage. Et comme Fauteur vous ressemble en modestie, n'a^ gréant pas V encens, aimant toujours plus de le mériter que de le recevoir, je ri ai voulu rien mettre ici qui pût faire rougir la vôtre.

J'espère, monsieur, que vous me pardonnerez bien la li-berté que j'ai prise de vous le consacrer, comme le témoi" gnage le plus authentique qu'un homme de ma profession pouvoit vous donner, et djr ajouter que je suis et serai toute

ma vie, avec un très^profond respect,

Monsieur y x

Votre très^humble et trhsH>béissant serviteur,

ADBfAN MOETJENS,

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