A MON FILS
Le. .. . (TaTi'i) i683.
Ji ne me souviens pas de tous avoir refuse aucune chose que vous m'ayez demandée : ce que je dis moizis pour faire valoir ma com-<> piaisance , «pie pour vous louer de ne m*avoir jamais fait que des demandes raisonnables ; ce cpii est bien plus extraordinaire k un jeune homme, quHl ne Test à un vieillard d'accorder à un fils ce quHl aoiiHaite de lui. Je me suis enfin résolu d^acquiescer à ce que vous m^avez si souvent demandé ; et je veux bien , si je vis , vous laisser quelque^ Mémoires de ce qui s^est passé pendant les c^nplois publics que j*aieus dans les pays étrangers depuis fan t665 jusqu'à 1678. i'ai eu part dans toutes les plus importantes négociations de ia eparonoe d'AngleteiTC , et j'ai été instruit de presque toutes les a&ires qui se sont passées dans le royaume , aussi bien que de tQutes les révolutions quisonU arrivées durant ce temps-là. La confiance que ie Roi mon maître a eue en moi , aussi bien que ses pHndpaïKx ministres et ceux des princes étrangers , m'a donné l'avantage de pouvoir découvrir les véritables causes^de .téAit d^événemens en quoi ia cour et le partement;)e sont si souvent trompés , et d'où il est arrivé que certaines personnes ont été louées , d'autres blâmées, et d*autres enfin soupçonnées sans l'avoir mérité.
J'ai employé vingt ans dans les affaires publiques, à savoir depuis la tmpite-deuxiême j«isqn'à la cinquante-deuxième amée. C'est là , selon moi , le temps de la vie le plus propre à servir son prince et sonpays, perce que celui qui précède et celui qui suit est ordinairement le partage des plaisirs et du repos. L'amour que j'ai toujours eu pour ma patrie , et la vénération que j'avois pour ses lois , ne me permirent pas d^entrer dans les affaires publiques jusqu'à l'heureux retour du Roi e^ 1660 j et yous vous souvenez bien aussi que je vous envoyai en 1680 pour4nformer6a Majesté de la résolution que j'avois prise de renoncer pour toujours aux emplois publics, et de meper une vie retirée. Avant et depuis le temps que je