MA MEMOIRES
moi qui te cours après : je n'ai pas besoin de toi. Tu sais bien que je ne suis pas jalouse.
Tout cela me faisait mal ; je me levai pour céder ma place et je dis à celte demoiselle que Marie n'envoyait pas chercher son amant et qu'elle pouvait le garder sans partage; que j'étais venue de moi-même le prier de la faire enterrer et de la conduire à sa dernière demeure.
— Tu vois ! lui dit-il, toujours en lui barrant le passage.
Je sortis sans qu'il m'eût dit : merci !
Je commençais à être de son avis. S'il était dans la destinée de Marie de ne pouvoir se détacher de cet homme, mourir était ce qui pouvait lui arriver de plus heureux.
J'avais, dans ma précipitation , emporté par mégarde la lettre de cette pauvre enfant. Je complais la lui rendre le lendemain, car je ne doutais pas qu'il vînt chez moi. En voici ({uelques fragments :
« Lisez au moins cette lettre jusqu'à la tin ; ne riez pas, je vous ai dit cela bien souvent, c'est (|ue j'espérais toujours que j'arriverais il voire cœur, que vous auriez pitié de moi.
» Mon crime est de vous avoir trop aimé, pardonnez-le-moi, je vais le paver bien i lici-. Jf n'ai
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jamais eu de courage quand il s'est agi de renoncer à vous ; vous, devez me mépriser d'avoir supporté les affronts, les duretés que vous me faisiez ; je revenais et je vous demandais pardon du mal que vous m'aviez fait... Je me tenais à vos pieds et vous demandais grâce de la vie, que je voulais quitter, si vous ne vouliez plus m'aimer... Vous me faisiez chasser ! Je vous envoyais mon âme et mes larmes dans une lettre que vous brûliez sans y répondre, ou que'votre maîtresse me renvoyait avec une insulte de sa main.
» Mon désespoir excitait son amour ; car elle ne vous aime pas, elle en aime un autre... mais, c'est si bon de torturer un cœur, que, pour me faire souffrir, elle se partage entre l'autre et vous !
» Vous me regretterez, ne fût-ce que par amour pour elle ; quand je ne serai plus, elle vous abandonnera ; vous penserez peut-être à moi, vous relirez cette lettre que je vous supplie de conserver, et vous ferez, pourrécompenser mon âme du mal que vous avez fait au cœur et au corps, ce que je vous conseillais.
» Quittez le quartier Latin, retournez en Bretagne, où votre mère vous attend encore... Je vous ai vu recevoir des lettres d'elle où elle se désolait de votre abandon; elle vous suppliait de revenir au pays ; vous négligiez de lui ré[)on(lrp !...
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» Voilà quinze ans que vous êtes à Paris ; cette vie de billard, d'estaminet, a gâté vos habitudes, flétri votre figure.
» Moi, je vous trouvais le plus beau du monde, parce que je vous aimais comme une insensée; mais ce grand amour, vous ne le retrouverez peutêtre jamais; vous connaîtrez alors l'abandon.
)> Partez ! il est temps encore; plus tard, vous ne verriez peut-être plus que la tombe de votre mère , sainte femme! qui n'a que vous.
» Oli! si elle avait vu le fond de mon cœur, elle m'aurait aimée à cause de l'amour que j'avais pour vous. Si vous aviez voulu me garder près de vous, je me serais faite si petite que je ne vous aurais pas gêné; si vous m'aviez tendu la main, il me semble (|u'à force de dévouement je serais sortie l)lanclie de l'abîme où j'étais tombée.
M Oh ! toute la force de la vie s'accroche à moi, au souvenir d'une espérance. Comme je t'ai aimé, comme je t'aime encore ! Tu as été la première et la dernière passion de ma vie! Le Créateur m'avait faite indolente, j'aurais trouvé une énergie de fer, si tu m'avais dit: « Fais un miracle et je t'aimerai !»
» Ma tête brûle... Allons, c'était impossible, il faut en tinir. J'ai tout tenté; je ne puis pourtant le quitter; l'idée que tu liras cette lettre m'arrête. l)('pui-> deux iimi<, je soulïii' mille inoils; -^i j'avais
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pu me traîner, je serais allée mourir près de toi, sur ton passage... je t'aurais vu une dernière foi.^. Je voudrais t'écrire jusqu'à mon dernier soupii...
» Si j'avais de l'argent pour me procurer du charbon, je te dirais si la mort fait autant souffrir que ton abandon; mais je n'ai rien, je n'ai que ma fenêtre ou la rivière ; je ne puis aller jusqu'à elle. J'ai près de moi un couteau; je l'ai plusieurs fois approché de ma poitrine, mais j'ai peur de cette lame froide, éraillée...
» Comme je souffre! mon Dieu; si vous me pardonnez, faites-moi mourir de suite... Je me repens... je vous prie depuis deux jours... je vais vous oublier au moment suprême!...
» Mon ami, je vous pardonne !
» Tout-à-l'heure, sur le bord de cette fenêtre, je vais m'agenouiller, joindre les mains, et mo penchant en avant, je dirai ; « Mon Dieu, pardonnez-moi! mon Dieu, prenez- moi en pitié! faites-moi mourir !... »
» Marik. »
Celte dernière prière avait été exaucée, car elle n'a poussé qu'un soupir et s'est éteinte 1...
lienlrée chez moi, je cachai cette lettre el l.i manière dont j'avais été reçue.
Le lendemain, je ne sortis pas, attendant la
personne chez laquelle j'étais allée la veille; n'en ayant aucune nouvelle à qualre lieures, je pensai qu'elle s'était rendue rue Coquenanl, J'y fus: on n'avait vu personne !
Le corps de Marie avait été enlevé à deux iieures ; la charité, qui a tout prévu, avait fait passer sa voiture d'indigence ; personne ne l'accompagna.
Mortes, toutes les créatures inspirent le respect; les passants la saluèrent jusqu'à sa dernière demeure.
On m'a dit que la lecture de Wertlier avait causé des suicides; je l'ai lu...
J'étais, à celte époque, trop heureuse ou trop ignorante pour le comprendre ; cette lecture ne me donna pas même le spleen, mais le .souvenir de Marie produisit sur mon imagination un effet incroyable.
Ce souvenir me faisait songer au repos qui ne finit point, au repos de la mort.
Toutes les nuits, je la voyais en rêve; elle me parlait et toujours elle me disait la même chose.
UN ACTE DE DESESPOia.
Nous avions commencé, ma mère et moi, noire fj;rande opération commerciale.
Le magasin était ouvert. Nous ne manquions pas de pratiques. Toutes les femmes que j'avais connues venaient chez moi faire leurs emplettes.
Cependant, nous n'étions pas sur le chemin de la fortune, par la raison toute simple que ces femmes m'achetaient à crédit. Je n'osais pas refuser.
Ma mère me fit comprendre que nous ne pouvions pas faire nos affaires comme cela ; et elle sechargea de refuser de nouveaux com[)tes.
Je ne sais qui m'en voulait, mais je devais avoir
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(|uelque ennemie cachée, car on me tit un tour
iniïime...
Mon appartement donnait entre deux cours; en entrant, il y avait une antichambre; à gauclie, un salon et une chambré à coucher; en face, un cabinet où couchait la domestique; dans le coin à droite, la porte d'un couloir faisant le coude et conduisant à la cuisine, dont la croisée faisait face à celle du cabinet.
Un matin, vers les huit ou neuf heures, on sonna... J'avais un grand mal de tête, je n'étais pas levée ; je dis à Marie qui allait ouvrir :
— Je ne veux voir personne ; que l'on descende au magasin.
Elle ouvrit et j'entendis de mon lit demander :
— Mademoiselle Céleste !
— Elle n'y est pas; si vous voulez voir sa mère, elle est au magasin...
— Non, dit la voix, c'est elle que je veux emmener. Voilà assez longtemps qu'elle me fait courir ; je sais qu'elle est ici, qu'elle se catiie. Il y a une plainte lancée contre elle; j'ai ordre de l'emmener n'importe oii je la trouverai.
Mon mal de tète disi)arut. J'étais assise bur mon lit, sans respirer, pour entendre la réponse de Marie; je regaidais à droite, à gauche, où je pour-
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nais me sauver si elle disait que j'étais là ; je ne vis que la fenêtre !
— Je ne sais pas ce que vous voulez dire, répondit cette tille dont la voix tremblait; si madame était là, je vous l'aurais dit.
— Eh bien ! dites-lui que si elle ne se rend pas à la Préfecture demain avant midi, je la fais emmener par la garde !
La porte se referma.
Je cachai ma figure dans mes mains ; j'avais honte devant cette fille qui rentrait.
— Oh ! madame, qu'est-ce qu'il vous veut donc, cet homme-là? Comme il m'a fait peur!
En effet, elle était toute pâle.
— Je ne sais, lui dis-je; il se trompe. Si j'avais été habillée, je serais sortie ; mais il reviendra, vous le ferez entrer. Ne parlez de cela à personne; on ferait des conjectures.
Elle me promit de se taire. Je lui donnai une commission pour m'en débarrasser; j'avais besoin d'être seule.
Je me serrai la tête dans mes mains. Qu'allaisje devenir ?
Je ne pouvais me sauver ; j'avais mis le peu que je possédais dans celte boutique. Tout abandonner... je retombais dans la plus affreuse des misères.
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Je ne pouvais plus descendre sans risquer d'être arrêtée, peut-être condamnée à un mois, pour avoir manqué aux sommations qui m'avaient été faites.
Que dire dans le quartier ? Tout le monde saura cette histoire; je n'oserai plus reparaître. D'ici à demain, je ne puis rien pour éviter cela.
Je pensai à Marie. Demain, c'est dimanche; on ne peut pas m'arrêter demain, les hureaux sont fermés. Ma bonne sortira toute la journée, ma mère n'ouvrira pas la boutique... je serai seule, toute seule; oui, c'est ça, je suis sauvée.
Je fis prendre du papier ; je passai ma soirée à écrire. A onze heures, ma mère vint me dire bonsoir.
— Tiens ! je te croyais endormie. Tu écris à des fournisseurs.
— Oui.
11 ne me vint pas à l'idée de l'embrasser*
Je savais qu'elle revoyait Vincent ; elle se cachait de moi, mais on me l'avait dit.
La première demoiselle m'avait fait un portrait que j'avai;< trop bien reconnu.
Comme ma mère lui avait défendu de me (hre qu'elle recevait un monsieur, elle n'avait rien eu de plus pressé que de monter dans ma chambré et de me prévenir.
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Elle me laconta même que souvent, quand je descendais, M. Vincent sortait par une porte de derrière qui donnait rue de la Boule-Rouge.
Cela m'avait fait une peine que je ne puis rendre et j'avais retrouvé au fond de mon cœur toutes mes colères contre lui, toute mon indifférence pour elle.
Une fois seule, je mis tout en ordre, je cachetai quelques lettres à mes amis et je me couchai presque heureuse du parti que j'avais pris.
Je me levai de grand matin. Vers dix heures, il tombait une espèce de pluie qui ressemblait à du brouillard tant elle était fine. J'appelai Marie.
— Allons, lui dis-je, liabillez-vous et allez vous promener; c'est votre jour de sortie.
'— Oh ! me dit-elle, il fait trop vilain temps. Je n'ai que ma payse à voir, j'irai chez elle la semaine prochaine.
Cela ne faisait pas mon compte, car j'avais dit à ma mère que je dînais dehors, que ma domestique sortait, et je l'avais engagée à aller elle-même passer la journée chez des amis.
Elle ne s'était pas fait prier; M. Vincent l'attendait chez sa mère.
Cela ne me suffisait pas; il fallait absolument que Marie sortît. Je mis un morceau de papier
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blanc SOUS enveloppe, avec un nom supposé sur l'enveloppe.
— J'ai besoin que vous portiez cela avenue de Saint-Cloud, dis-je à Marie.
Je savais que sa payse était aux Champs-Elysées; elle protiterait de l'occasion pour aller la voir, et elle y resterait assez de temps pour que je pusse mettre mon projet à exécution.
Je lui donnai donc ma commission , avec ordre de partir de suite. Je la rappelai dans l'escalier pour lui dire que je sortais et qu'elle pouvait rester chez ses amis jusqu'à onze heures.
Ma porte fermée, j'étais seule, libre; j'en sentis une vraie joie.
J'entrai dans la chambre de Marie; j'enlevai toutes ses affaires, que je plaçai dans la mienne ; je mis des draps blancs dans son petit lit de fer. J'allai à la cuisine; je regardai sous le fourneau : il n'y avait que quelques morceaux de charbon. Je vis avec attendrissement le panier de ma petite chienne... je pensai que la maison ne m'avait pas porté bonheur.
On portait, à cette époque, de grandes pelisses, comme cette année; j'en avais une en soie noire, je la mis ; je descendis, trend)lant de rencontrer quelqu'un qui [)ù[ apporter une minute de relard à mon projet.
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Le pavé était glissant, le ciel sombre; les IjolUiques étaient fermées en partie. Je fus un moment inquiète, mais je respirai quand je vis celle du faïencier ouverte. J'achetai deux fourneaux en terre, que je montai chez moi, les cachant comme si j'emportais un trésor. Je retournai à la provision du charbon; j'allumai les deux fourneaux dans la chambre de Marie; je m'y enfermai, calfeutrant les fenêtres et les plus petites ouvertures; j'entendais le craciuement du charbon qui s'allumait et qui semblait me dire :
« Hâte toi, fais ta prière! »
J'avais bouché jusqu'au trou de la serrure.
Je m'assis sur le lit; je demandai pardon à Dieu et à tous ceux à qui j'avais pu faire de la peine, et j'attendis, calme, comme si j'étais sûre de la miséricorde divine... Je me couchai.
Le brasier était derrière ma tèle; je ne le regardai pas, mais je voAais s'élever au-dessus de moi un rayon diaphane qui se baissait, attiré par mon haleine : c'était la mort. Je respirais à pleins poumons ; je ne souffrais pas encore.
a Oh ! me disais-je, si je n'allais pas mourir, demain je serais arrêtée ! »
Je n'avais peut-être pas mis assez de charbon.
Je me levai : je sentis mon corps se balancer . malgré moi ; je m'appuyai au lit avec un sentiment
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de joie; je me mis à genoux pour remettre du charbon : la flamme bleuâtre m'attira ; je restai en extase, les yeux fixés, la bouciie ouverte. Je me sentis vaciller comme le battant d'une cloche ; j'eus peur de tomber la tête dans le feu : je me traînai en arrière...
A ce mouvement, un cercle de fer m'entoura le front ; le feu semblait être dans ma poitrine... Je portai les mains sur ces deux douleurs pour en apaiser les déchirements. Ma vue se troubla. Je voulais crier ; ma langue, ma gorge étaient enflées. Je me levai à force d'efforts, les deux mains appuyées sur une table ; je me regardai dans un petit miroir.
Horreur! ma tête était enflée, les veines de mon front gonflées, les artères de mon cou nouées comme des cordes, mes lèvres bleues, mes cheveux hérissés !...
Alors commença une lutte épouvantable : la mort me fit peur. J« voulais appeler au secours, la voix me manqua; je voulais me sauver, les forces s'y refusèrent...
Je me traînais à terre; je n'y voyais plus... Enfin, je sentis la porte, je me redressai , pour retomber comme une masse; j'avais souffert tout ce qu'il y a à souffrir |)our mourir...
Hien ne pont peiiidro (.ellt' agonie; elle est
surtout affreuse pour les personnes nerveuses, qui se débattent toujours à la fin et cherchent à se sauver.
Quand je revins à moi, j'étais sur mon lit; ma chambre était pleine de monde ; deux hommes me frottaient les bras , deux autres les jambes, cela si fort que je croyais être brûlée. Je regardais, les yeux à moitié ouverts. Les douleurs que j'avais dans la tête me firent croire que j'étais folle et que tout ce que je voyais n'était que des ombres; la souffrance était trop grande pour que je pusse douter longtemps.
— Elle est sauvée, disait le coiffeur, dont la boutique était voisine de notre maison, et qui, un des premiers, m'avait porté secours.
— Sauvée! de quoi donc? demandai-je.
Ma mère était près de mon lit.
Tout me revint à la mémoire, jusqu'aux menaces de la police...
Je me mis à pleurer,' à me débattre ; je voulais recommencer ; je reprochais à tout le monde d'être venu me secourir.
Les deux médecins déclarèrent que j'avais le délirr', et qu'il ne fallait pas me perdre de vue une minute.
Ma mère crut remarquer que sa présence m'ir-
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ritait ; elle me laissa : Vincent sans doute l'attendait. Ce fut Marie qui me veilla.
— Comment donc m'a-t-on sauvée ? lui demandai-je, étonnée d'être vivante, après avoir tant souffert.
— Ah! sans moi, madame, vous étiez bien perdue. Vous m'aviez donné une commission ; il faisait si vilain temps que j'ai pris l'omnibus pour aller et revenir. Je n'ai pas trouvé la personne cliez qui vous m'envoyiez ; je suis revenue pour vous le dire. Je ne vous ai pas vue dans votre chambre, je vous ai cru sortie; j'ai été dans la cuisine et j'ai vu dans ma chambre tant de fumée que je craignais qu'il n'y eût le feu. J'avais voulu entrer ; quelque chose tenait la porte fermée : c'était vous qui étiez tombée derrière. Je n'osais pousser : votre figure était juste sur l'ouverture. Je vous ai crue morte ; j'ai apfrelé au secours. On vous a mise sur votre lit ; vous êtes restée (rois heures sans donner signe de vie. Le feu avait pris dans le cabinet ; le parquet en était tout brûlé.
Le médecin a dit que vous étiez tondtée la tête en face la rainure de la porte, (lue cela vous a donné un lil d'air pui', (jue sans cela tout él.'iit tini.
— Kt je serais bien heureuse!...
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— Oh! madame, ne dites pas des choses comme cela.
— Ma pauvre Marie , c'est que vous ne savez pas... Cet liomme qui est venu l'autre jour, il reviendra, et alors...
— Ne vous tourmentez pas, madame; s'il revient, je lui dirai de m'arrêter, moi, s'il faut qu'il emmène (juclqu'un ; et puis on ne laissera monter personne. S'il vous voyait comme cela, il n'aurait pas le cœur de vous faire de la peine. Allons, madame, guérissez -vous bien vite, et n'ayez plus jamais de vilaines idées comme ça. Il n'y a pas longtemps que je suis chez vous, mais je vous aime beaucoup.
Rn effet, elle me surveillait jour et nuit.
Je priai tous ceux qui m'entouraient de taire cette aventure. Quand on tente pareille chose, il ne faut pas se manquer, sous peine de ridicule.
Je me remis bien lentement : cependant je descendis au magasin au bout de quelques jours, malgré de grands maux de tête, des vomissements et une toux d'irritation qui me déchirait la poitrine.