ADHÉRENCES DU PRÉPUCE ET DU GLAND
Cette lésion qu'on pourrait appeler, pour abréger le langage, symbalanon ou symphyse balatw-poslhique, n'est pas très-rare. Je l'ai observée avec le phimosis chez de jeunes enfants et des adolescents. Dans ces cas, l'adhérence quoique paraissant très-intime n'est cependant pas vasculaire; elle est due simplement à une absence complète de sécrétion du cul-de-sac et à une fusion de la couche épidermique des deux muqueuses juxtaposées. Elle est tout à fait comparable à ces adhérences des lèvres que l'on rencontre chez certaines fillettes et qui simulent les atrésies vulvaires. Avec un peu de patience et à l'aide des ongles ou de quelque instrument mousse, sonde cannelée, spatule, manche de scalpel, on arrive le plus souvent à séparer les deux membranes sans effusion de sang. Toute dissection proprement dite à l'instrument tranchant est inutile.
Il en est tout autrement des adhérences cicatricielles ou dues à l'existence antérieure d'une balano-posthile chronique et rebelle. La
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soudure est ici complète; mais, par bonheur, le plus ordinairement partielle.
La séparation pure et simple des adhérences ne réussit pas mieux ici que pour le symblépharon; quant aux procédés autoplastiques, ils ont peut-être plus de chances de succès; mais, en vérité, le jeu n'en vaut pas la chandelle, et je n'ai jamais cru devoir y recourir. Ayant un jour à opérer un phimosis très-étroit qui gênait la miction, je fis la circoncision ordinaire; mais quand je me mis en devoir de débrider le feuillet muqueux, je m'aperçus qu'il adhérait très-largement et très-solidement à la surface du gland. La dissection complète eût été fort laborieuse, comme je pus m'en convaincre après quelques essais, je me bornai donc à réséquer ce feuillet muqueux dans l'étendue de 7 à 8 millimètres tout autour du méat, afin de dégager celui-ci et de rendre facile l'émission des urines. J'ai revu plus tard l'opéré, qui se déclarait satisfait du résultat et pratiquait d'ailleurs le coït sans difficulté.
PARAPHDIOSIS.
J'ai raconté déjà comment, pour remédier à un phimosis, j'avais volontairement créé un paraphimosis qui, abandonné à lui-même, avait facilement guéri. J'avais agi de la sorte parce que cette dernière lésion est sans gravité et que les accidents qu'on lui attribue ont été singulièrement exagérés, si tant est qu'ils aient jamais été observés dans les cas abandonnés à eux-mêmes.
J'ai vu dans les hôpitaux généraux et surtout en 18(34-1865 à l'hôpital du Midi un bon nombre de paraphimosis; depuis cette dernière époque je ne fais presque que de l'expectalion pure et simple, et je ne tente la réduction elle-même que dans certaines circonstances.
Voici comment j'en suis arrivé là. Les malades se présentent à nous tantôt immédiatement après l'accident, tantôt les jours suivants. Quand la lésion est récente, la réduction s'elîectue assez aisément et il est bon de l'essayer; mais si, vingt-quatre heures déjà se sont écoulées, elle devient d'ordinaire malaisée, très -pénible pour le patient et capable d'augmenter beaucoup les désordres locaux. J'ai vu maintes fois des inflammations violentes, des déchirures étendues du prépuce, provoquées précisément par des manœuvres réitérées et d'ailleurs infructueuses.
Quelques sujets sont venus réclamer mes soins au troisième ou
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quatrième jour, alors que rien n'avait été fait encore. Le gland était turgide, le prépuce très-gonflé formait eu arrière un bourrelet œdémateux considérable; une ulcération se dessinait au niveau de l'anneau constricteur déjà partiellement sphacélé. Malgré tout cela, il n'y avait point de douleurs, seulement un peu de gène et nul obstacle sérieux à la miction. Dans un cas de ce genre, conformément aux préceptes classiques, je fis le débridement avec la sonde cannelée et le bistouri, puis je cherchai à réduire; mais je ne réussis qu'à causer au patient de vives douleurs, sans pouvoir ramener le prépuce qui était retenu à sa place anormale par des adhérences inflammatoires. Des applications résolutives, le repos au lit, la position élevée de la verge furent prescrites et amenèrent la guérison, qui fut retardée toutefois par la cicatrisation lente de la plaie opératoire.
Un nouveau cas s'étant présenté, je me contentai de la thérapeutique anodine que je viens d'indiquer et en huit jours tout était fini.
J'ai vu surtout les tentatives de réduction très-nuisibles dans une occurence qui n'est pas très-rare; je -veux parler de la coexistence du paraphimosis avec le chancre mou. Certains malades, dont le prépuce d'ailleurs est suffisamment ample, tiennent le gland découvert pour pouvoir panser les ulcérations. Un beau jour le prépuce ne peut plus être ramené sur le gland et le paraphimosis s'établit. Or je suis d'avis de le traiter encore par les simples résolutifs et de ne point essayer la réduction. En effet, si elle échoue, les manœuvres plus ou moins violentes exercées sur le prépuce et le gland font saigner les chancres, les agrandissent, créent des plaies nouvelles qui ne tardent pas à s'inoculer, et provoquent de plus une recrudescence inflammatoire très-nuisible à la guérison des chancres. Si elle réussit, le gonflement du prépuce rend inaccessibles les ulcérations profondes dont le pansement devient ainsi impossible.
Je pourrais appuyer ces propositions sur des faits concluants.
En résumé, voici ce que je conseille :
1° Dans les cas de paraphimosis observés dans les premières vingtquatre heures et sans complications quelconques du côté du gland ou de l'urèthre, faire une ou deux tentatives de réduction pure et simple avec la main seule et sans débridement.
2° En cas d'insuccès ou si l'accident date de deux ou trois jours s'abstenir, envelopper la verge de compresses imbibées d'une solution résolutive, eau blanche, alcool camphré, etc., renouvelées plusieurs fois dans les vingt-quatre heures; tenir la verge relevée contre la paroi abdominale; imposer le repos au lit pendant plusieurs jours.
3° S'il existe des chancres, une balanite ou une uréthrite très-