‹ Mémoires de chirurgie (volume 2)Chapitre 59 sur 73 · CIRCONCISION · texte numérisé non relu

CIRCONCISION

surface de la plaie recouvert du feuillet muqueux du prépuce : il faut alors débrider celui-ci sur la ligne médiane de la face dorsale dans l'étendue d'un centimètre environ.

Les bords de cette incision sont très-extensibles et s'étalent transversalement à volonté; on les réunit facilement à la peau ainsi que le reste de l'incision circulaire.

Un mot encore sur l'écoulement sanguin.

Lors même qu'il est minime il gêne notablement la réunion immédiate et surtout l'application régulière des serres-fines qui constituent ici le meilleur agent de coaptation. La mise en place d'une couronne complète de ces petits instruments est assez longue et demande à être très-régulièrement faite, ce qui est malaisé quand la plaie est souillée de sang ou quand ce fluide s'est infiltré dans le tissu lâche interposé entre les deux membranes. J'ai récemment tiré bon parti de l'ischémie préalable exécutée avec un simple tube à drainage enroulé méthodiquement de l'extrémité du prépuce attiré et tendu jusqu'à la partie moyenne de la verge. L'excision du repli fournit à peine quelques gouttes de sang et dès lors rien n'est plus facile que de poser les serres-fines. On comprend toutefois qu'en opérant ainsi il faut n'avoir que des vaisseaux sans importance et ne point intéresser l'artère du frein, sans quoi, la bande de caoutchouc enlevée, on s'exposerait à voir se produire sous la ligne de réunion une infiltration sanguine qui nuirait singulièrement à la guérison et pour le moins la retarderait beaucoup.

J'ai observé dans ma pratique, quoiqu'en petit nombre, certains accidents consécutifs à la circoncision.

1° Deux hémorrhagies ; l'une quelques heures après l'opération, l'artère du frein avait été ouverte et le jet sanguin s'était arrêté de lui-même; il reparut dans l'après-midi, et la ligature en fit justice,

L'autre se montra au cinquième jour. On avait vainement essayé de l'arrêter avec la charpie, la compression, le perchlorure de fer, avant mon arrivée. Je tentai sans succès la ligature avec les pinces et le tenaculum. Je ne réussis qu'en passant transversalement une épingle à insectes au niveau du frein, au-dessous du point qui fournissait le sang et en enroulant un fil de soie autour de l'épingle. Celle-ci resta en place et tomba trois jours après.

Aujourd'hui j'appliquerais une pince hémostatique et la .laisserais douze ou quinze heures.

2° Une hyperesthésie très-vive de la surface du gland par suite de son exposition inaccoutumée à l'air; elle persista près de cinq semaines.

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3° Une lymphangite passagère avec adénopathie inguinale.

4° Après la coaptation très-exactement faite avec les serres-fines, j'ai vu la réunion manquer en totalité ou en partie et les plaies se cicatriser lentement.

Je n'ai jamais vu survenir d'accidents inquiétants, mais je sais pertinemment que deux fois, dans ces dernières années, l'opération du phimosis a entraîné la mort chez l'adulte. L'un au moins des sujets était diabétique. La complication n'avait pas été reconnue ni même soupçonnée avant l'opération.

Ces faits, qui n'ont pas été publiés, me sont revenus en mémoire quand, à la session de l'Association française tenue à Ciermont- Ferrand en août dernier, j'ai entendu la très-intéressante communication faite par un chirurgien distingué du pays, M. le docteur Bourgade. Il a décrit comme variété distincte le phimosis diabétique, dont il a observé quatre cas. Chez deux sujets l'opération avait produit des accidents sérieux.

L'auteur recommande avec raison de songer toujours à la possibilité du diabète chez les adultes atteints de phimosis acquis, — d'essayer le traitement topique et médical avant tout, et de n'opérer qu'avec la plus extrême prudence. Je m'associe pleinement à ces sages conseils.

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