‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 12 sur 124 · C. Trachéotomie · texte numérisé non relu

C. Trachéotomie

D. Paracentèses de

l'abdomen, du tho-

rax et du péricarde.

Nombre de cas.

Succès.

Insuccès.

Paracentèse du bas-ventre..

— de la poitrine. .

— du péricarde. . .

Voici le petit tableau de 1856 :

22 pour 100 de mortalité.

Troisième catégorie. — Nombreuse et bien définie, elle comprend les extirpations de tumeurs cancéreuses et autres. J'y joins, pour grossir les chiffres, des opérations qui s'en rapprochent beaucoup, quoiqu'elles soient mentionnées à part dans les tableaux, telles que l'amputation de la verge, la castration, l'ablation du globe de l'œil, l'arrachement et la ligature des polypes.

Toutes ces opérations réunies nous donnent un total considérable et des résultats très-satisfaisants.

Nous pouvons faire encore une distinction utile entre les tumeurs malignes et les tumeurs bénignes, au point de vue de la gravité immédiate de l'opération, et abstraction faite, bien entendu, des récidives qui, du reste, ne sont pas mentionnées dans nos documents.

Si nous réunissons, en effet, d'une part les extirpations de cancer, l'amputation du pénis, la castration et l'ablation de l'œil, ces dernières mutilations étant presque toujours nécessitées par des productions de mauvaise nature, nous trouvons :

Opérations. Succès. Insuccès. Mortalité.

727 702 25 3,4 pour 100, ou 1 sur 29.

D'une autre part, si nous adjoignons les polypes aux tumeurs bénignes, nous avons pour ce dernier groupe un total supérieur et une

et trois ans au minimum; 6 moururent. La cause de la mort est indiquée de la manière suivante :

Garçon de 11 ans, mort le 3e jour : Cystite et péritonite.

Abcès du périnée; épuisement.

Cystite.

Rougeole et pneumonie.

Apoplexie nocturne, l'état général paraissant très-bon.

— 3 ans, — 37e jour : Variole spontanée.

En 1856, même hôpital de Penza, sur 27 malades, 4 morts.

Un malade mort pendant la convalescence, de rougeole et de pneumonie.

Garçon de 8 ans : Cystite.

— 17 ans : Dysenterie.

— 17 ans : Maladie du rein, trois mois et demi après l'issue heureuse

de l'opération.

10 ans,

15e jour

6 ans,

3e jour

5 ans,

13* jour

4 ans,

3e jour

Succès.

Première section.

Deuxième section.

proportion d'insuccès bien moindre, ce qui confirme cetle opinion que, (outes choses égales d'ailleurs, l'extirpation est plus grave chez un cancéreux que chez un malade exempt de cette terrible diathèse. La mortalité est presque triple chez les premiers; voici les chiffres :

Insuccès. Mortalité.

18 5 pour 100, ou 1 sur 19.

7 1,8 pour 100, oulsurSi.

Quatrième catégorie. — Celle-ci est évidemment hétérogène et arbitrairement composée; elle comprend des opérations disparates partout assez bénignes, mais qui trop souvent, néanmoins, sont suivies d'accidents funestes difficiles à prévoir, et pour cela d'autant plus fâcheux; telles : les opérations plastiques, la rhinoplastie partielle, le bec-de-lièvre, la chute du rectum, les fistules anales, les rétrécissements de l'anus et du vagin, etc.

Total : 61. Succès, 59; insuccès, 2; mortalité : 3 pour 100, 1 sur

La mort survint une fois pour une fistule, l'autre fois pour un rétrécissement du vagin.

Une remarque commune s'applique aux deux dernières catégories; les relevés russes sont extrêmement favorables et démontrent la rareté extrême des complications funestes dont les opérés de nos hôpitaux sont menacés; les opérations de peu d'étendue, qui portent sur des régions circonscrites et superficielles, et qui n'intéressent pas d'organes essentiels, doivent, dans la règle, être bénignes. Si l'économie reste étrangère à l'ébranlement opératoire, et s'il n'apparaît pas d'affection générale de nature septique, comme l'érysipèle, la phlébite, etc., on doit nécessairement guérir en prenant soin de prévenir ou de combattre les accidents purement locaux. En pareil cas, si la mort survient, elle nous surprend toujours comme un fait anormal, et, sauf à recevoir un démenti cruel, nous promettons toujours la guérison à nos opérés; malheureusement, dans la pratique nosocomiale, nous avons souvent de ces mécomptes, et, pour en revenir à notre sujet, je ne crois pas qu'un chirurgien de Paris puisse, à l'hôpital, enlever 54 tumeurs, même bénignes, sans perdre plus d'un malade.

Aux catégories précédentes j'ajoute, en appendice, une statistique obstétricale malheureusement bien restreinte, ce qui s'explique par le très-petit nombre des accouchements qui, paraît-il, se font dans les hôpitaux russes. C'est dans l'année 1856 que je la trouve.

Nombre do cas.

Opération césarienne post mortem. . . 1 Succès pour l'enfant.

(La mère venait de succombera une méningite. Opération immédiate ; l'enfant vécut trois mois.) Succès pour la mère.

Embryotomie 2 2

Version '•) 8

Application du forceps ... 8 8

Délivrance artificielle G 3

En outre, 483 femmes accouchèrent à l'hôpital, soit : 230 à Kolomna, 52 à Tobolsk, 41 à Wilna, 19 à Kamsk, 1 il dans diffère n 1 s hôpitaux épars.

Sur ce total, 183 femmes furent assistées dans leur accouchement, une seule mourut (Hilfe bei der Enlbindung wurde 183 Gebâhrenden geJeistet. Davon liefein Fall iôdtlichab).

En lisant attentivement les trois volumes, on retrouve une foule de détails intéressants qu'il serait certainement utile de faire connaître. Je vois, par exemple, qu'en 1858 le nombre des blessures de toute espèce reçues dans les hôpitaux s'éleva à 4 610, et que la mortalité ne dépassa pas 125, c'esl-à-dire une mort sur 36, proportion certainement favorable. Je vois que la même année, dans l'hôpital d'Jekalerinoslaw, on reçut 14 malades atteints de gangrène par seigle ergoté, 11 hommes et 3 femmes. Trois hommes moururent sans opération, parce que le sphacèle avait gagné l'épaule ou la hanche. Les 11 autres furent amputés dans le vif aussitôt, la ligne de démarcation formée. On fit six amputations de jambe simples, une double au tiers supérieur, une amputation de cuisse, une désarticulation du pied, deux désarticulations de doigt. Trois malades succombèrent, huit guérirent.

Les grands tableaux qui terminent chaque volume, et dans lesquels les diverses affections médicales et chirurgicales sont réparties en 85 classes, sont également très-intéressants. Us portent sur des chiffres énormes : ainsi, en 1858, 279 463 malades furent traités : 22 021 moururent, ce qui porte la mortalité à environ 8 centièmes. Chacune des 85 espèces morbides est comptée à part dans 60 paragraphes répondant à autant de gouvernements. De sorte qu'on trouverait là les éléments sérieux d'une géographie médicale de l'empire russe, et que de plus on peut apprécier le rapport de la mortalité dans telle ou telle province où la population est plus ou moins

concentrée et les admissions à l'hôpital plus ou moins nombreuses.

Je ne puis ni ne veux m'étendre davantage, mais je me plais à reconnaître que ces documents sont bien coordonnés, clairement exposés, et en un mot très-remarquables sous plusieurs rapports. Il y aurait cependant quelques perfectionnements à leur faire subir; mais tels qu'ils sont, ils apprennent beaucoup, et je souhaiterais qu'il en existât de pareils dans notre pays. Malheureusement nous n'avons rien qui en approche, même de loin, et nous devons avouer notre déplorable infériorité.

Je ne veux plus toucher qu'un point auquel la discussion actuelle donne un très-grand intérêt; je veux parler de la comparaison entre les grands et les petits hôpitaux, au point de vue des suites plus ou moins heureuses des opérations chirurgicales. Cette vue particulière n'a pas fixé l'attention des statisticiens russes, qui possèdent cependant les éléments principaux de la solution. Je ne trouve qu'en 1858 quelques renseignements qui y soient relatifs, et j'en veux profiter.

En effet, nous avons un premier tableau résumant la totalité des opérations chirurgicales pratiquées dans tous les hôpitaux réunis; puis un tableau particulier pour YArbeiter Hospilal de Saint- Pétersbourg, sorte d'établissement modèle qu'on pourrait comparer à notre Val-de-Grâce, et qui est réputé hôpital de perfectionnement. Le mouvement y est assez considérable, puisque en 1858 on y traita 6 864 malades. Rien n'est épargné pour en faire un modèle, et les médecins et chirurgiens sont choisis parmi les plus distingués. Si donc la mortalité y est considérable, il faut l'attribuer au milieu dans lequel il se trouve, et à son siège dans une grande ville.

Or cette mortalité est réellement énorme; elle atteint 160/1000, c'est-à-dire qu'elle est supérieure à celle que donne le moins favorisé des 60 gouvernements. Dans cette même année, la mortalité pour le gouvernement de Saint-Pétersbourg occupait déjà le sommet de l'échelle, soit 146/1000. L'hôpital modèle dépasse encore ce chiffre. Pour revenir à la chirurgie, nous voyons, d'après le rapport de M. le professeur Heyfelder, qu'on pratiqua 56 opérations qui donnèrent 35 guérisons, 21 morts, soit 27/100, 1 sur 2,6.

Si nous reprenons, dans le tableau général des autres hôpitaux, toutes les opérations comparables à celles qui sont indiquées dans le rapport de M. Heyfelder, nous obtenons un total de 682 opérarations n'ayant fourni que 78 morts, soit 11,4/100, 1 sur 8,6.

La mortalité, dans l'établissement modèle, est à celle des autres hôpitaux russes comme 37 est à 11, ce qui dispense de tout commentaire. Le chiffre des opérations isolées est trop faible pour pouvoir être comparé dans les deux tableaux; pourtant nous retrouvons dans la statistique de YArbeiter Hospital ces séries mauvaises que nous sommes également trop exposés à observer dans nos mauvais jours : ainsi 4 amputations de la jambe donnent 3 morts; 2 désarticulations de Chopart se terminent fatalement; 4 paracentèses de l'abdomen sont pratiquées, 3 avec issue funeste, etc. Une petite opération surtout montre bien cette terrible influence des grandes cités. Sur 14 désarticulations des doigts et des phalanges, 3 opérés succombent, soit 21/100. Dans tous les hôpitaux réunis, la même opération, pratiquée la même année 145 fois, ne donna que 6 morts, soit 4/100. M. Heyfelder prend soin, dans son rapport, d'indiquer les causes de mort, et nous voyons que les 3 opérés ont précisément succombé à ces affections générales de nature septique, si rares dans les hôpitaux de province. Tous furent atteints, en effet, de pyohémie.

Comme contre-partie, citons le petit hôpital de Pawlograd; on y pratiqua en tout 10 opérations : 3 amputations, cuisse, jambe et bras; 5 extirpations de cancers plus ou moins étendus des lèvres ou de la face; 3 fois l'autoplastie immédiate fut employée ; enfin deux opérations de cataractes doubles par extraction et abaissement; le toutcouronné du succès le plus satisfaisant.

Les extraits que je viens de mettre sous les yeux du lecteur sont de nature à démontrer, au moins d'une manière sommaire, que nous n'avons pas à nous enorgueillir des résultats que nous obtenons dans nos grands centres, quand nous les comparons à ceux qui se produisent chez les nations étrangères qui nous envient notre civilisation, et entre les mains de praticiens auxquels nous ne sommes certainement pas inférieurs.

Nous n'avons pas à coup sûr l'outrecuidance de vouloir donner des conseils à M. Otsolig, qui dirige avec tant de zèle et de succès la publication des rapports statistiques généraux ; mais nous nous permettrons toutefois d'appeler son attention sur quelques points restés dans l'ombre, et dont la solution se trouve sans doute dans les rapports partiels dont il dispose.

Nous dirons d'abord que nous avons été surpris de trouver la statistique chirurgicale de 1856 plus complète, plus parfaite que celles des années suivantes. Pour citer un exemple : la première indiquait les opérations obstétricales, qui ne sont plus mentionnées dans les

dernières. En 1856, les amputations et les désarticulations étaient distinguées par région, et l'on n'était point exposé à confondre dans un même total les amputations de la cuisse et celles de l'avant-bras. En 1857 et 1858, ces séparations importantes ont disparu.

Ne pourrait-on pas les réhabiliter, et même adopter pour les grands tableaux le plan suivi par M. Heyfelder pour l'hôpital de perfectionnement? Ne pourrait-on pas s'attacher à indiquer avec autant de soin que possible les causes de mort?

Il parait évident que les opérations réussissent d'autant mieux que les hôpitaux sont plus petits, que les salles renferment moins de lits, que les villes elles-mêmes sont moins grandes; mais, en pareille matière, il n'y a évidence que quand il y a chiffres, et encore une foule de circonstances accessoires modifient les nombres. Ne pourrait-on pas établir diverses catégories d'hôpitaux, d'abord ceux des villes grandes, moyennes et petites, puis distinguer ensuite les hôpitaux eux-mêmes en grands, moyens et petits? Sans multiplier à l'infini les divisions, et sans rapporter isolément les résultats obtenus dans les 4 ou 500 hôpitaux russes, on pourrait sans doute établir quelques groupes généraux qu'on analyserait plus tard si la nécessité paraissait l'exiger.

Nous soumettons ces desiderata à notre confrère russe, et nous sommes persuadé d'avance qu'il comprendra leur importance. S'il jugeait à propos de les remplir, il donnerait beaucoup de valeur à ses rapports, car ils serviraient à tous les pays du monde.

Nous en sommes réduits à demander de tels renseignements à l'étranger; car, dans l'organisation actuelle de nos hôpitaux français (je parle de toute la France), il serait impossible d'arriver à rien de ce que nous désirons savoir. On reçoit tous les jours par douzaines dos rapports sur la vaccination, sur les épidémies, sur les eaux minérales; ces rapports sont l'œuvre d'une foule de simples praticiens mus parle désir de se faire connaître et d'obtenir une modeste récompense ou une mention officielle.il me semble qu'avec quelques médailles de bronze et d'argent on obtiendrait de même des renseignements précieux sur la statistique des hôpitaux de province.

A défaut de l'initiative du ministre de l'intérieur, l'Académie n'aurait qu'un mot à dire, un prix à proposer, et les mémoires afflueraient. Ainsi serait comblée une des lacunes les plus fâcheuses de notre organisation médicale.

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