‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 15 sur 124 · MORTALITÉ · texte numérisé non relu

MORTALITÉ

dans cet état. Une semaine entière peut même se passer entre la terminaison de celte période chez la dernière accouchée et l'accouchement le plus prochaiu; d'où il suit que si une malade est prise de péritonite spécifique et y succombe, le germe morbide meurt avec elle faute de terrain propice à sa propagation, ce qui n'a pas lieu dans un service spécial d'accouchements où se trouve toujours au moins une accouchée nouvelle susceptible de recueillir le poison et de le transmettre à son tour. Un foyer de fièvre puerpérale étant allumé, a donc plus de chances de s'éteindre dans des conditions semblables que de s'étendre et d'envahir. Aussi verrons-nous que plusieurs des accouchées de la salle Sainte-Marie ont succombé à la péritonite pendant les neuf années que j'ai relevées, mais que jamais il n'y a eu épidémie, ni même attaques successives et rapprochées. Citons tout de suite deux exemples : en 1859 il y a eu deux péritonites terminées par la mort, l'une trois jours, l'autre cinq jours après la délivrance. La première date du 23 janvier; la seconde du 24 août; même remarque pour 1860; deux décès par la même cause, au quatrième et au sixième jour des couches; l'une date du 22 septembre, l'autre du 18 décembre. Trois mois d'intervalle entre les décès suffisent bien pour faire conclure à leur indépendance absolue.

J'aborde maintenant la statistique de la mortalité qui a sévi sur les femmes accouchées pendant la susdite période de neuf ans. Pour dresser mes tableaux, j'ai eu recours au registre de la mortalité et à celui des naissances ou des accouchements. J'ai noté de cette manière toutes les femmes qui, ayant fait leurs couches à l'hôpital, ont succombé plus ou moins longtemps après. Je ferai remarquer que, nulle part, on ne peut connaître les résultats éloignés de la parturition mieux qu'à Lourcine, car les femmes n'en sortent que lorsqu'elles sont guéries ou à peu près de l'affection vénérienne qui a motivé leur admission, de façon qu'elles n'échappent pas à la surveillance médicale, pour succomber tardivement aux suites de couches, comme cela arrive parfois pour celles qui accouchent dans les autres hôpitaux et qui en sortent prématurément.

Vingt femmes ont succombé plus ou moins longtemps après l'accouchement; mais elles doivent être rangées en deux catégories distinctes, dont l'une surtout nous intéresse particulièrement au point de vue où nous nous plaçons ici.

Douze ont succombé à des affections qui n'ont point de rapports directs avec la parturition. Ainsi, nous comptons deux cancers de l'utérus, trois phthisies pulmonaires, deux fièvres typhoïdes, une pneumonie et une bronchite capillaire. J'ai pris soin de noter le laps

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