‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 17 sur 124 · MORTALITÉ DES FEMMES ENCEINTES A LOURCINE · texte numérisé non relu

MORTALITÉ DES FEMMES ENCEINTES A LOURCINE

j'ai trouvé plusieurs femmes récemment accouchées ; de plus, sept autres ont été délivrées depuis la même époque. Environ la moitié de ces malheureuses ont présenté des symptômes généraux et locaux, qu'on pouvait certainement attribuer à la parturition, et j'ai même observé une petite épidémie en miniature, car cinq femmes en état puerpéral se trouvant à la fois dans la salle Sainte-Marie, toutes ont eu quelques accidents fébriles (deux d'entre elles, apyrétiques dans les premiers jours, ont été prises, au huitième et au dixième jour, d'inappétence, de fièvre, de douleurs abdominales); mais ce qui montre bien la différence considérable qui sépare les accidents puerpéraux et leurs manifestations multiples de la fièvre puerpérale proprement dite, c'est qu'aucune de ces malades ne m'a inspiré de sérieuses inquiétudes, l'affection n'ayant pris chez elles ni apparences graves, ni marche rapide; des moyens variés suivant les indications (car je ne crois pas aux panacées), ont parfaitement réussi à conjurer Forage. J'ai employé l'ipécacuanha, les purgatifs, le sulfate de quinine, l'aconit, ordinairement un de ces moyens chez chaque malade, et c'est un plaisir de voir la thérapeutique amener presque à coup sûr et rapidement ie résultat cherché. On objectera à ces succès faciles la bénignité des accidents; je le concéderai trèsvolontiers ; mais, à mon tour, j'attribuerai cette bénignité, d'abord à la dissémination des malades, puis à l'intervention prompte et efficace de moyens certainement utiles dans les cas sporadiques, et qui ne deviennent impuissants qu'en cas d'épidémie. D'ailleurs lorsqu'une femme nouvellement accouchée est prise de symptômes généraux tant soit peu sérieux, on ne saura jamais au début quelle sera l'issue, celle-ci étant le plus souvent commandée par des circonstances indépendantes du traitement et de la forme qu'affecte le mal à son origine.

Tout ceci se résume en un seul précepte : disséminez les femmes en couches par un moyen quelconque, et vous éviterez les grands désastres; resteront les accidents puerpéraux dont vous diminuerez d'abord beaucoup le nombre par une alimentation substantielle et des précautions hygiéniques bien entendues, puisque vous combattrez le plus souvent avec bonheur, à l'aide d'une thérapeutique en général simple, mais variée suivant les formes et les individus. Si les chiffres en eux-mêmes ne prouvent rien, à ce qu'on dit, ils conduisent pourtant, ce me semble, à des conclusions qui ne sont pas sans valeur; c'est pourquoi nous nous en servons volontiers.

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