‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 20 sur 124 · RÉGIME · texte numérisé non relu

RÉGIME

Aujourd'hui que la médecine opératoire pèche plutôt par excès de richesse que par pénurie, il convient de revenir sur ces questions et de les creuser avec l'attention la plus rigoureuse. J'avance ici résolument, et tout prêt à fournir les preuves à la première réquisition, j'avance, dis-je, qu'une foule d'opérations échouent et, chose plus grave, entraînent des accidents mortels, parce que l'on s'attache à l'acte chirurgical trop exclusivement et qu'on néglige trop le traitement antérieur et ultérieur. Je pourrais prouver également que maints accidents redoutables, après certaines opérations, sont dus précisément au traitement médical qu'on institue, traitement débilitant à l'excès, où les principes de la physiologie générale sont complètement méconnus. Parmi ces erreurs de la thérapeutique contemporaine, je mets en première ligne la diète trop sévère à laquelle les opérés sont soumis en général, puis les saignées, les purgatifs, en un mot, tous les agents qui affaiblissent l'opéré, l'exposent aux absorptions funestes, aux réactions terribles du système nerveux, et le laissent sans défense contre toutes les influences nosocomiales, épidémiques ou non. Quelques praticiens ont, il est vrair adopté, après les opérations, l'usage très-ancien des narcotiques ou des médicaments toniques pour prévenir les phénomènes nerveux consécutifs, et ils disent s'en bien trouver. Nous ne contestons pas la valeur de ces agents, mais nous rappellerons seulement que les phénomènes nerveux sont, le plus souvent, de cause asthénique et qu'on les prévient plus sûrement avec des bouillons, du vin et de la viande, qu'avec de l'opium, de l'éther et du quinquina.

J'ai lu avec le plus grand intérêt les journaux anglais récents, qui prêchent une révolution complète dans le régime des maladies aiguës, de la pneumonie entre autres. J'ai vu, avec non moins de plaisir, les mêmes bases de régime adoptées par quelques praticiens, anglais après les opérations chirurgicales.

Converti, depuis plusieurs années, à l'idée de nourrir les opérés (l'une manière substantielle et dès le premier jour, je porte à la connaissance des chirurgiens les faits capables de plaider en faveur de cette cause.

J'extrais des journaux anglais une observation prise au hasard, et qui, malgré sa concision, démontre bien l'opinion de certains de nos confrères d'outre-mer.

Rupture du périnée datant de trente ans; opération, guérison, par B.-Broivn, de St-Mary's hospital. (British médical Journalr décembre 4857, p. 099.)

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