‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 19 sur 124 · S8 HYGIÈNE DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

S8 HYGIÈNE DES HOPITAUX

yent du nord, ou sur le bord d'une mare infecte? mettra-t-il, pendan la nuit, tous les lits clans la même pièce, ou tiendra-t-il en janvier portes et fenêtres ouvertes? Ces questions n'ont pas besoin de réponse.

En hygiène, Dieu merci, tout n'est pas incertain, et nous possédons des bases et des documents consacrés par l'expérience. Certes, bous savons bien qu'un hôpital, étant une agglomération d'individus, indique déjà par le fait un certain degré d'insalubrité. Mais il nous reste la possibilité et le devoir de réduire à leur minimum les chances mauvaises. L'agglomération étant inévitable, il s'agit d'en atténuer autant que possible les inconvénients; pour cela, que faut-il faire? Le bon sens l'indique : s'éloigner le plus possible des conditions où la concentration devient désastreuse, se rapprocher autant que faire se peut de la dissémination de la campagne ou au moins de la pratique privée ; donner aux malades d'hôpital de l'air, de la lumière, de l'espace, du soleil, les réunir en petit nombre, les soustraire aux influences délétères des grandes villes, etc. ; toutes conditions dont M. Gosselin paraît faire assez bon marché, et qui, à nos yeux, sont au contraire de la plus haute importance.

La voie que nous proposons n'engendrera à coup sûr ni malheurs, si regrets, ni remords.

Quant aux besoins de l'enseignement, je crois avoir démontré précédemment qu'il a tout à perdre à la construction d'un hôpital populeux et partant insalubre.

J'adresserais volontiers un dernier reproche à M. Gosselin, c'est Fincertitude où il nous laisse : il nous avait promis de dévoiler les inconvénients des petits hôpitaux excentriques et les avantages des grands hôpitaux du centre ; il n'a nullement tenu ses promesses. D'un autre côté, il trouve l'emplacement du futur Hôtel-Dieu très-acceptable, et en même temps il reconnaît la valeur des objections de MM. Trélat, Lefort, Giraldès et autres. J'avoue que je trouve ici une contradiction manifeste, et que je ne vois guère de conciliation possible entre des termes si opposés.

REGIME DES OPERES.

Je reproduis cette note surtout pour montrer quelles étaient déjà" mes préoccupations il y a vingt ans. Je reprochais alors aux chirurgiens de négliger trop le traitement antérieur et ultérieur; en 1878, je constate sous ce rapport un très-heureux changement. Le règne des opérateurs exclusifs tend, heureusement, à finir.

Le plus grand nombre de nos jeunes chirurgiens font de la thérapeutique avant, pendant et après leurs actes opératoires, et leurs malades s'en trouvent bien. ,

Je veux ajouter quelques mots sur le régime alimentaire des opérés. Je ne sais à quoi cela tient, mais il me paraît moins facile qu'autrefois de nourrir substantiellement les opérés dès le premier jour. Quelques-uns sans doute acceptent des aliments solides, de la viande par exemple, mais c'est l'exception. La plupart ne veulent que des bouillons, des potages, un œuf frais tout au plus.

L'anorexie est-elle imputable au chloroforme, à la fréquence des vomissements dans la première journée, ou à toute autre cause? toujours est-il que j'insiste aujourd'hui moins qu'autrefois sur l'alimentation substantielle et que je laisse les opérés plus libres de manger ou de tenir une diète lésrère. A. Y. 1879.

Si féconde en méthodes et- en procédés opératoires, la chirurgie du commencement de notre siècle a complètement laissé dans l'ombre deux des points les plus importants de la thérapeutique chirurgicale. Je veux parler des moyens les plus propres à assurer la réussite des opérations, savoir : la préparation des malades et le régime des opérés. Les chirurgiens des siècles passés paraissaient plus préoccupés que nous de ces conditions majeures , comme on peut s'en assurer en lisant les recueils d'observations.

(I) Gaz. hebd., 1858, t. V, p. 529.

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