‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 89 sur 124 · DÉSARTICULATION SOUS-ASTRAGÀL1ENNE · texte numérisé non relu

DÉSARTICULATION SOUS-ASTRAGÀL1ENNE

le lambeau plantaire de la première opération, mais le résultat empêche de juger encore l'utilité de cette innovation.

J'ai voulu donner un nouvel exemple de ce que deviennent les. opérations chez les scrofuleux, surtout quand elles sont pratiquées dans les régions où prédominent les os spongieux. J'ai voulu prouver que la récidive tardive est extrêmement commune après les amputations du pied pour lésions organiques; et je répète ce que j'ai dit bien des fois, c'est-à-dire que, pour proclamer la guérison définitive, il ne faut pas seulement constater que le malade a marché pendant quelque temps; mais il est nécessaire d'attendre au moins deux années, quelquefois plus.

Amputations successives du métatarse et du tarse. Névralgie du moignon. (Obs. inédite.)

Lair, Jean-Charles, 55 ans, entre à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis, n° 34, le 2 décembre 1866.

Le 5 août 1866 un vagon passant sur le pied droit fit une fracture compliquée des 1er et 2e métatarsiens, qui nécessita le 14 septembre l'amputation de ces deux os et des orteils correspondants.

Le malade ne guérit pas après cette opération. Il resta des trajets fistuleux qui nécessitèrent le 8 mai 1867 une amputation du reste du métatarse et le 28 février 1868 l'amputation sous-astragalienne1.

Sorti le 10 septembre 1868 pour aller à Vincennes, le malade revint le 29 octobre à l'hôpital. Son moignon offrait plusieurs trajets fistuleux et un point douloureux, assez limité, cà la partie antérieure et interne. La peau qui recouvre le moignon est formée de toute la peau de la face plantaire du pied, qui n'a jamais été réséquée dans ces amputations successives; elle est seulement rétractée, parce qu'on n'a jamais réuni par première intention et qu'elle a suppuré. Elle contient donc les nerfs plantaires interne et externe et leurs branches.

Or le point douloureux correspondait à la terminaison du nerf plantaire interne.

On passa des drains dans les fistules, on fit des badigeonnages à la teinture d'iode. Lorsque le malade sortit pour aller à Vincennes, le 29 avril, les fistules ne suppuraient que très peu, la cicatrice était très solide et la douleur apaisée. Le malade quitta Vincennes le 12 octobre. Depuis il a marché à l'aide d'une jambe de bois, mais il

Page 1