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Les pièces sont au musée de médecine opératoire

718 DÉSARTICULATION SOUS-ASTRAGALIENNE.

souffrait lorsqu'il était fatigué. Actuellement il se plaint de douleurs très vives qui l'empêchent de se servir de son membre.

Le moignon n'est ni enflammé, ni œdémateux. C'est à peine si de temps en temps une goutte de pus tache le linge. Si on presse sur les malléoles, sur l'astragale, en un mot sur les parties latérales, on ne provoque aucune douleur; mais sur la circonférence de la face inférieure du pilon, excepté clans la partie correspondant à la peau du talon, on amène une vive souffrance et un tremblement convulsif de toute la jambe. La partie douloureuse correspond aux deux nerfs plantaires et à leurs divisions; elle a donc augmenté d'étendue depuis la dernière entrée du malade à l'hôpital.

Ces douleurs n'ont pas le caractère rhumatismal. Le malade n'a jamais eu ni rhumatismes ni douleurs sourdes dans les articulations, ni névralgies. Il a eu seulement une pneumonie en 1832. Les douleurs apparaissent surtout lorsqu'il a marché assez longtemps à l'aide de sa jambe de bois; elles sont vives et accompagnées d'une chaleur intense dans le moignon; elles cèdent facilement à quelques jours de repos et à l'application de cataplasmes ; elles ne s'exaspèrent pas par le froid, qui au contraire les soulage.

D'après ces caractères et le siège de la douleur, on est conduit à penser qu'elle est causée par le développement, dans le moignon, de névromes des nerfs plantaires. Je me proposais de faire la section du nerf tibial postérieur; mais l'application de cataplasmes émollients sur le moignon et le repos au lit modifièrent considérablement cette sensibilité exagérée. Le 14 décembre, on peut appuyer sur tous les points sans causer de douleur; on obtient seulement des mouvements involontaires par le chatouillement. Je renonce à la névrotomie.

Jusqu'au 6 janvier 1870, la douleur reparaît de temps en temps lorsque le malade est resté longtemps levé ; il applique alors un cataplasme émollient sur son moignon, le soir en se couchant, et le lendemain la douleur est calmée.

Le 6 janvier, la douleur à la pression étant nulle, le malade demande à sortir; il se sert de béquilles pour marcher. Lorsqu'il pose son pied par terre, il lui semble que le poids de son corps est encore trop lourd pour son moignon.

Je l'ai revu depuis parfaitement guéri.

AMPUTATION DE GHOPART

Eu 1853, au cours d'une discussion sur les amputations partielles du pied, je communiquai à la Société de chirurgie un fait intéressant qne j'avais observé à la Salpêtrière1.

Observation I. — Une femme de cinquante-hui-t ans, couchée dans la division des incurables, est depuis l'âge de deux ans et demi affectée de maladies articulaires. Les articulations du pied droit furent prises dans son enfance, et elle avait quinze ans lorsque Antoine Dubois fit l'amputation du premier métatarsien dans la continuité ; elle parut guérie de l'opération et put marcher, quoique difficilement, car elle souffrait toujours beaucoup dans les os du pied. Bientôt le mal récidiva; il se fit plusieurs abcès qui devinrent fistule ux et donnèrent passage à des fragments osseux.

A dix-neuf ans, Richerand fit l'amputation de Chopart; une inflammation très vive s'empara du moignon, si bien qu'au bout de six mois il lui restait encore deux ulcérations qu'on cautérisa avec le fer rouge. La cicatrice fut obtenue à la longue; la malade, qui n'avait, pas encore quitté le lit, essaya alors de marcher. Les tentatives de progression furent toujours impossibles; chaque fois que le moignon était posé sur le sol, des douleurs très vives se manifestaient.

A l'âge de vingt et un ans, la lésion parut récidiver encore ; deux trajets fistuleux s'établirent à la partie inférieure de la jambe, et l'on jugea que le tibia était malade. On parla d'amputer la jambe; puis, plus tard, le genou étant devenu gonflé et douloureux, Lallement proposa d'amputer la cuisse. La malade refusa ces deux opérations, et, à la longue, la jambe et le genou guérirent.

La marche sur le moignon resta toujours impossible, et cependant, à deux reprises différentes, Ferrus et Rostan firent sans résultat construire des bottines spéciales.

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