Bull, de la Soc. de chir., 1862, p
trouvé un cas d'infection purulente chez un opéré du service de Chassaignac lui-même1.
Obs. LXXV. — Végétations syphilitiques de la vulve. — Excision. — Hémorrhagie . — Résorption purulente. — Mort.
Une femme entra dernièrement à l'hôpital de Lourcine, dans les salles de Chassaignac, présentant une masse de végétations sur chacune des grandes et des petites lèvres. Le chirurgien voulut en pratiquer l'ablation ; mais à peine en eut-il, avec des ciseaux, réséqué une petite portion, qu'il survint une hémorrhagie tellement abondante que l'on dut renoncer à l'excision et s'empresser d'arrêter le sang en touchant légèrement les surfaces avec l'acide nitrique. A peine ramenée à son lit, le malade dit se trouver assez bien et les accidents disparurent complètement. Mais au bout de huit jours, des accès fébriles se manifestent, affectant un type rémittent. Des abcès se forment dans diverses parties du corps : parois abdominales, genou droit, cuisse, parois de la poitrine. La maladie marcha avec une lenteur remarquable, et la femme finit par succomber à une résorption purulente, bien évidente pour Chassaignac.
Voici une autre observation, dans laquelle la pyohémie fut consécutive à l'amputation du col de l'utérus2.
Obs. LXXVI. — Une femme de cinquante et un ans entre, le lôjuin 1873, dans le service de M. Desprès, à l'hôpital Cochin, pour un épilhélioma du col de l'utérus. Elle avait eu, en 1868, des accidents
1. Gaz,, des hôpitaux, 1847, 27, p. 114. — Nous n'avions pas réuni en 1875 assez de faits probants pour pouvoir consacrer un paragraphe spécial à Vhémorrhagie considérée comme complication attribuaole à la syphilis, bien qu'une des observations précédentes en fasse mention (Obs.LXXI). Depuis lors M Berger,dans sa thèse d'agrégation (p. 86) a rapporté un fait d'ablation des amygdales suivie d'une hémorrhagie très abondante que M. Fournier attribue à la constitution syphilitique du sujet. On sait d'ailleurs que les anévrysmes sont fréquents chez les syphilitiques. On pourrait donc admettre chez eux une altération des parois vasculaires capable de s'opposer à l'hémostase ou encore une dyscrasie jouant le môme rôle. Toutefois M. Dusterhoff n'admet pas l'influence de la syphilis dans la production des bémorrhagies.
Tout récemment, MM. Hartmann et Pignot, ayant recherché les relations qui pouvaient exister entre les hémorrhagies et la syphilis, sont arrivés à cette conclusion, que si la syphilis congénitale et la syphilis acquise semblent constituer une prédisposition aux hémorrhagies spontanées ou à la surface des ulcères spécifiques, rien ne prouve que la diathèse exerce son influence sur la production des hémorrhagies à la surface des plaies simples ou portant sur des tissus malades (Ann. dedermat. et de syphil., 2e sér., t. VII, p. 1, 1887).