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Thèse de Paris

HYBRIDITÉ CANCÉRO-SYPHILITIQUE. 679

Dans les ouvrages anciens, on ne trouve rien qui se rapporte, même de loin, à l'évolution du cancer chez les syphilitiques. Même silence, au commencement de ce siècle, dans les traités des maladies vénériennes de Swediaur, Alibert, Lagneau, Cazenave, qui ont pourtant résumé l'histoire de la syphilis dans le passé. On ne s'occupe réellement de cette question qu'après avoir reconnu que la syphilis a le triste privilège d'attaquer tous les tempéraments, toutes les constitutions; de s'associer à tous les états pathologiques antérieurs, latents ou manifestes, et l'idée de combinaison possible du cancer et de la syphilis n'est définitivement émise que lorsque l'on admet la coïncidence dans le même organisme de deux ou plusieurs diathèses.

Mais s'il est vrai que l'on ne se refuse plus à reconnaître qu'un même sujet peut être atteint à la fois de deux diathèses capables de réagir l'une sur l'autre, il n'en existe pas moins encore quelques dissidences au sujet de la relation du cancer et de la syphilis.

Sans admettre un antagonisme absolu, quelques médecins croient à un certain degré d'incompatibilité. Si l'on entend par là que le cancer survient généralement chez des individus vierges de syphilis, que les manifestations des deux maladies sont rarement simultanées, et que,eu égard au nombre des syphilitiques, on devrait les trouver plus souvent associées, nous reconnaissons qu'elles ont peu d'affinité l'une pour l'autre.

Mais pourquoi l'incompatibilité existerait-elle ? Le cancer et l'épithélioma sont actuellement regardés (Bazin, Verneuil, Paget, etc.) comme des manifestations tardives de l'arthritisme et de l'herpétisme ; chaque jour on voit les formes différentes de ces maladies s'unir aux accidents secondaires de la syphilis. Dès lors pourquoi, arrivées à un âge plus avancé, les deux diathèses ne marcheraientelles pas de pair, et même ne s'influenceraient-elles pas réciproquement. Les faits, encore fort peu nombreux, — probablement parce que l'attention n'a jamais été attirée de ce côté, — paraissent répondre à la question.

Nous n'avons pas à nous occuper du rôle que, naguère, on a voulu faire jouer à la syphilis dans la production du cancer : il n'y a entre les deux maladies aucune relation de cause à effet. Les causes intimes du cancer sont encore inconnues, et nous dirions volontiers avec Vidal (de Cassis) * : « Il n'y a qu'une cause véritable de cancer, et celle-là, je ne puis la dire. »

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