Vidal (de Cassis), Traité de palh. externe, 2° édit
P.80 HYBR1D1TÉ CANCÉRO-SYPHILITIQUE.
Mais en rejetant cette puissance génésique de la syphilis, on n'était point autorisé à lui refuser au moins un rôle secondaire dans la question cie pathogénie : aussi l'on insista sur l'action éminemment dénutritive de la vérole, qui peut créer une prédisposition au néoplasme cancéreux, lequel se développera de préférence dans les points antérieurement atteints par la maladie vénérienne.
Bientôt on émit une autre hypothèse et l'on fit des recherches sur la transformation possible d'une ulcération syphilitique en ulcération maligne. Sur ces différents points, les opinions des auteurs ont varié, tant en France qu'à l'étranger.
Ricord * à propos du cancer de la verge, tout en regardant comme nulle l'action de la syphilis seule sur sa production, pense qu'on ne saurait nier la puissance excitatrice d'une cause qui produit parfois des accidents presque semblables à ceux de l'affection cancéreuse.
Pour Bouisson2, la lésion syphilitique détermine, là où elle apparaît, un point faible qui persiste; aussi est-il porté à admettre « que les éléments de nouvelle formation du cancer se déposent plus facilement dans les parties dont la nutrition a déjà été troublée par des lésions antérieures, quoique celles-ci soient de toute autre nature. »
Moins affirmatif, Lebert 3 regarde le cancer comme une maladie indépendante, et constituant dès son début une maladie tout à fait nouvelle, qui n'est ni la transformation ni la terminaison d'aucune autre.
Dans un livre d'une certaine originalité, Yvaren4 s'exprime ainsi, à propos de la syphilis de la verge : « Ferai-je remarquer que la syphilis peut se développer chez des personnes à diathèse cancéreuse, et que ses manifestations, ulcères et végétations, peuvent devenir, comme tout autre accident morbide, la cause occasionnelle mettant enjeu la diathèse cancéreuse, jusque-là inaclive? »
MM. Desprès et Lancereaux se prononcent différemment. M. Desprès5 pose ainsi la question : « La syphilis mène-t-elle au cancer? Cette idée a été agitée par Ricord, qui n'était pas éloigné de croire que la syphilis conduisait au cancer, particulièrement au cancroïde. D'après ce que j'ai vu, je n'ai rien à affirmer sur ce point; cependant j'ai observé deux fois des cancers végétants, des épithéliomas