Verneuil, Congrès de Londres
2. T. Anger, Du cancer de la langue. Th. d'agr., 1872, p. 88,
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Le 26 janvier, excision et cautérisation au fer rouge, cicatrisation persistante. En mai, engorgement sous-maxillaire et, à la fin de l'année, mort par infection ganglionnaire.
Le traitement spécifique n'a produit dans ce cas aucun changement.
Obs. XXVII. — Syphilis antérieure. — Ichthyose de la langue de nature épithéliomateuse. — Traitement spécifique sans amélioration1.
Le Df Weis présenta à la Société de dermatologie de New-Vork, le 5 janvier 1876, un cas d'ichthyose de la langue chez un syphilitique, où, après que le traitement spécifique eût échoué, l'une des masses excisée offrit les caractères microscopiques de l'épithélioma.
Obs. XXVIII. — Syphilis antérieure. — Glossite psoriasiforme.
— Ulcération néoplasique de la langue. —Indolence complète. — Traitement spécifique sans résultat2.
X..., cinquante ans, ancien soldat, a eu autrefois un chancre induré. Depuis deux ans, psoriasis buccal et lingual; en outre, ulcération à la partie moyenne et antérieure du bord gauche de la langue, envahissant la face dorsale. L'ulcération progressant rapidement, a atteint les dimensions d'une pièce de 50 centimes. Le traitement spécifique n'a produit aucun résultat favorable.
Obs. XXIX. — Syphilis antérieure. — Épithélioma de la langue
— Ablation. — Glossite psoriasiforme consécutive. — Indolence complète. — Traitement spécifique; point d'amélioration (Personnelle).
G..., soixante-huit ans, entré le 12 décembre 1877, dans le service de M. Horteloup.
Antécédents. — Chancres volants en 1830, blennorrhagie et orchite en 1835; quelques années plus tard, chancre induré, suivi de syphilides cutanées,, pour lesquelles un traitement antisyphilitique a été suivi.
Il y a sept ans, à la suite de copieuses libations, le malade fait une chute, se contusionne en plusieurs endroits et se brise deux dents delà mâchoire supérieure. Immédiatement après l'accident,
1. The Med. Record, New-York, 1876, et Tribune médicale, 19 novembre 1875.)
2. Noël, De l'hybridité morbide. Th. de Paris, 1878, obs. XV.
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paraît sur la parlie moyenne du bord droit de la langue, une petite tumeur qui acquiert rapidement le volume d'une grosse fraise, dont elle présente la coloration etla mollesse. Indolente à la pression, elle n'était le siège d'aucune douleur spontanée, ne saignait pas et ne donnait lieu qu'à un peu de gêne dans la mastication.
Le malade a entendu prononcer à l'Hôtel-Dieu le mot d'épithélioma. La tumeur a été enlevée et la cicatrisation s'est maintenue jusqu'à ce jour. Mais depuis cinq mois, sans aucun phénomène douloureux, apparition sur la moitié droite de la face dorsale de la langue d'une plaque blanchâtre dure, qui, d'abord de la largeur d'une pièce de cinquante centimes, s'est progressivement agrandie.
Pas de manifestations arthritiques ni herpétiques.
État actuel. — Au point où existait l'épithélioma, dépression assez prononcée, recouverte d'une cicatrice blanchâtre.
En avant de cette cicatrice et sur la moitié droite de la face dorsale et du bord correspondant de la langue, plaque de la largeur d'une pièce de un franc, un peu irrégulière, d'une coloration blanc d'argent, sauf au niveau du bord de l'organe où elle a une teinte opaline, et d'une épaisseur variable. Sa surface est inégale, mamelonnée, couverte à la périphérie de squames opalines de dimensions différentes et irrégulièrement fendillées. Dans sa partie centrale, elle présente de petites élevures coniques, très rapprochées les unes des autres et séparées par des sillons peu accusés, dont le fond n'est pas ulcéré. Ces élevures indolentes, donnant au toucher la sensation d'une substance dure, cornée, rugueuse, très adhérente aux tissus sous-jacenls, sont d'autant moins confluentes qu'on se rapproche davantage du bord de la langue.
La plaque entière est limitée par des bords très régulièrement dentelés ; les tissus sur lesquels elle repose n'offrent aucune induration.
La sensibilité de la muqueuse est intacte, sauf au niveau de la plaque, où la piqûre d'une épingle n'est pas perçue, non plus que le contact des liquides acides; au niveau des sillons la sensibilité persiste. La face inférieure de la langue, les joues, les lèvres n'offrent aucune altération; les gencives et les dents sont intactes. Mastication facile, parole libre, salivation normale, aucune sensation douloureuse, ni spontanée, ni provoquée. Un ganglion peu volumineux dans la région sous-maxillaire correspondante. État général bon.
Traitement mixte. Pas de changement après trois semaines.
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Obs. XXX. — Syphilis antérieure. — Ulcération épithéliale de la face. — Traitement mixte. — Amélioration1 .
« Vieille femme atteinte dans la région temporo-orbitaire d'une très large et très ancienne ulcération épithéliale recouverte de croûtes, ayant, par quelques-uns de ses caractères, la plus grande analogie avec une syphilide tertiaire. J'ai reconnu là une hybride, et j'ai soumis la malade au traitement mixte : quelques jours après, je constatais une amélioration considérable dans l'état local. La plaie se détergeait, les croûtes disparaissaient et on aurait pu espérer une guérison complète. Malheureusement il n'en fut rien; l'ulcération devint bientôt stationnaire et je dus pratiquer une opération, aussi large que possible, puisque je pratiquai l'énucléation du globe oculaire.
Voici donc un cas d'hybridité manifeste dans lequel le traitement mixte a eu pour avantage d'améliorer l'état de la malade, en éliminant un des facteurs de son ulcération2. »
Obs. XXXI. — Syphilis antérieure. — Cancroïde de la joue. — Indolence. — Ablation (Personnelle).
B. .., soixante-six ans, entre le 14 novembre 1877 au Midi, dans le service de M. Horteloup. Blennorrhagie en 1840, syphilis en 1846.
En 1876, apparition sur la joue gauche d'une petite plaque noirâtre, dure, non douloureuse, qui s'agrandit peu à peu, atteint le diamètre d'une pièce de un franc, et sur laquelle se développe bientôt un bouton, analogue à une verrue.
Une ulcération survient et se recouvre de croûtes grisâtres ; elle gagne graduellement en largeur, sécrète un liquide assez abondant, formé de pus et de sang, et depuis quelques mois prend un développement plus rapide, à la suite de l'application de différents caustiques.
Au début, une légère cuisson et actuellement quelques picotements, sans douleur réelle, sont les seuls troubles fonctionnels.
État actuel. — Sur la joue gauche, au niveau et un peu au-dessus du canal de Sténon, existe une tumeur ulcérée de la largeur d'une pièce de 5 francs, ayant les caractères du cancroïde. Elle est saillante, de forme elliptique, à grand diamètre vertical; ses bords sont bosselés, indurés; sa surface n'est pas excavée, mais couverte de bourgeons d'inégal volume, de coloration grisâtre et rougeâtre, baignés par un liquide sanieux. Sa base est indurée, sa périphérie en-
1 Verneuil, Semaine médicale, avril 1883.
2. Comme il s'agissait d'un épithélioma sudoripare, la guérison a été longue à obtenir, mais ne s'est pas démentie. — AV.
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tourée d'une zone vasculaire ; d'ailleurs entièrement mobile sur les parties profondes. Engorgement de deux ganglions sous -maxillaires. Pas de douleurs spontanées, ni provoquées.
22 novembre. — Ablation.
30 décembre. — Cicatrisation complète, sauf dans un point, qui laisse écouler la salive de la parotide, dont le canal n'a pu être épargné dans l'opération.
Obs. XXXII. — Syphilis antérieure. — Épithélioma de la muqueuse de la joue. — Induration moyenne. — Douleurs locales rebelles à Viodiure de potassium. — Ablation. — Trois récidives sur la joue et les lèvres en deux mois. — Récidive ganglionnaire. — Mort (Personnelle).
M. X..., habitant les environs de Paris, quarante-trois ans, haute taille, forte constitution, mère atteinte depuis longtemps d'eczéma généralisé, se présente à M. Verneuil en avril 1883.
Il y a vingt ans, chancre induré suivi de roséole et à plusieurs reprises de plaques muqueuses buccales. Pendant trois ans, traitement hydrargyrique et ioduré régulier. Les accidents ont disparu complètement depuis cette époque.
Vers trente ans, dyspepsie qui après plusieurs années guérit par les préparations opiacées et belladonées; simultanément, éruption d'urticaire, qui se reproduit quelquefois.
M. X... a remarqué, il y a six semaines, à la face interne de la joue droite, une petite ulcération, qu'il attribue à l'irritation causée par une dent voisine. Malgré de fréquentes cautérisations au nitrate d'argent (et peut-être à cause de cela), cette ulcération s'est accrue, accompagnée de douleurs assez vives, et mettant obstacle à la mastication et à la déglutition des solides.
M. Verneuil constate une ulcération de la largeur d'une pièce de un franc, occupant le centre de la joue et s'approchant jusqu'à un centimètre et demi de la commissure labiale : sa surface est grisâtre, inégale, un peu saillante; elle repose sur des tissus qui ne sont pas nettement indurés, mais offrent un empâtement que l'on perçoit bien à la face externe de la joue. L'ulcération est douloureuse spontanément et au toucher.
Bien que les caractères de cet ulcère ne fussent pas très tranchés, ils rappelaient plutôt l'épithélioma que la syphilis; néanmoins, comme celle-ci avait existé antérieurement, on prescrivit un traitement ioduré qui ne produisit aucune amélioration. Au contraire l'ulcération fit de rapides progrès et envahit la commissure et
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le liers externe de la lèvre supérieure. Un ganglion sus-hyoïdien prit le volume d'un marron. Les douleurs ne furent pas calmées et devinrent même plus intenses, tout en restant localisées à la région jugale.
22 mai. — Extirpation de l'ulcération et du ganglion. Suture avec des fils d'argent et drainage. Injections et lavages avec la solution chloraléeà2p. 100.
8 juin. — Erysipèle de la face.
15 juin. — Récidive à la partie moyenne de la lèvre supérieure ; ablation au thermo-cautère.
10 juillet. — Deuxième récidive à la commissure et à la lèvre inférieure : ablation au thermo-cautère. Dans la dernière quinzaine du mois, récidive à la joue, engorgement ganglionnaire carotidien.
De jour en jour la cachexie fait des progrès; une hémorrhagie assez abondante survient le 10 août dans la matinée; le malade meurt la nuit suivante.
Obs. XXXIII (résumée). — Épithélioma de la lèvre inférieure. — Diagnostic difficile1.
Le malade portait à la lèvre inférieure une tumeur ulcérée. Le diagnostic entre le cancer et la syphilis fut difficile. Bergman n fit l'ablation: quelque temps après il y eut récidive.
Obs. XXXIV (résumée). — Syphilome labial d'apparence épithéliomateuse. — Traitement spécifique. — Guérison".
Salomon V..., cinquante-deux ans, entré le 20 décembre 1866, service de M. Nunn, à MiddlesexHospital.
Ulcération béante de la lèvre supérieure, à gauche de la ligne médiane. Excision pratiquée deux fois, l'une par un praticien ordinaire, l'autre par un chirurgien distingué de Londres. V... a été soigné neuf mois à l'hôpital des cancéreux. L'ulcération, qui s'est étendue au bord alvéolaire de la mâchoire supérieure, en arrière de son siège primitif, est de nature syphilitique; mais son aspect est celui d'un cancer.
11 y a trente ans, le malade a été mordu à la lèvre, par une femme de mauvaises mœurs, au point actuellement malade : la morsure fut suivie d'une ulcération, qui demeura ouverte trois ans ; fermée ensuite pendant cinq ans, elle se rouvrit de nouveausous l'influence