‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 163 sur 192 · Gilles, Thèse de Paris, 1882, p · texte numérisé non relu

Gilles, Thèse de Paris, 1882, p

3° Syphilides. — L'action de la scrofule sur les manifestations cutanées et muqueuses de la syphilis, comprises sous le nom de syphilides, n'est plus à prouver aujourd'hui. Et cependant il n'y a pas longtemps, dans l'histoire de la syphilis, qu'on trouve des traces de cette notion étiologique si importante pour le pronostic et le traitement de la vérole cutanée.

La plupart des dermatologistes de la première moitié de ce siècle signalent le tempérament lymphatique comme favorisant le développement des syphilides, mais s'en tiennent d'ordinaire à cette simple notion générale, sans l'appuyer de statistiques et, de faits cliniques précis. De plus, dans les observations, les antécédents strumeux sont la plupart du temps oubliés ou signalés sous les expressions vagues de tempérament nerveux, lymphatique, lymphatico-sanguin, faible, etc. Aussi nous n'avons pu utiliser que fort peu d'observations anciennes. Cependant, tous ne sont pas muets sur le rôle de la scrofule dans la vérole cutanée et muqueuse. Bazin1 traitant del'étiologie des syphilides dit : « Quant au tempérament, je lui reconnais une certaine influence sur les formes des affections syphilitiques. C'est ainsi que les formes humides, l'acné, l'ecthyma, les syphilides pustuleuses en un mot, affectent plus souvent les individus d'un tempérament lymphatique. » Il reconnaît donc, non seulement l'influence de la scrofule sur les syphilides en général, mais même son action sur le développement de telle ou telle forme d'éruption.

M. le Dr Dubuc. élève de Bazin, a publié, en 1864, une excellente thèse sur les syphilides malignes précoces. Mais préoccupé surtout de leur forme anatomique et clinique, de leur diagnostic et de leur traitement, il a à peu près laissé dans l'ombre le côté étiologique.

Pour compléter le travail de son devancier, un autre interne de l'hôpital Saint-Louis, M. le Dr Ory, a choisi, en 1876, pour sujet de thèse, l'étiologie des syphilides malignes précoces. Ce travail, basé sur trente-sept observations presque toutes originales, ne laisse rien à désirer au point de vue des causes de l'évolution grave et anormale de la syphilis. L'auteur proclame la prééminence de la strume sur les autres états constitutionnels, comme cause des syphilides malignes : « J'ai noté treize fois dans mon tableau, dit-il, les antécédents lymphatiques ou scrofuleux chez les sujets que j'observais; mais ce nombre est inférieur à la vérité : ce n'est qu'un minimum... Les renseignements que peuvent fournir les malades sont vagues et incertains, et fatalement entachés d'inexactitude; insouciants de leur personne,

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