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Thèse de Laudreau, p

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plaques muqueuses aux grandes et petites lèvres, papules et pustules à la peau, ganglions inguinaux indurés; ces accidents persistent pendant trois mois, malgré les pilules mercurielles de Ricord. Au bout de ce temps, outre un violent iritis à droite, se montrent à la mamelle deux tumeurs dures, mobiles et légèrement bosselées. La malade guérit complètement après avoir pris 180 grammes d'iodure de potassium.

Obs. X. — Une jeune fille de dix-neuf ans eut un chancre sur la petite lèvre et un bubon inguinal; trente-sept jours après ces accidents, apparition d'ecthyma et de bulles sur le dos de la main et du pied, douleurs ostéocopes. Bientôt, en outre, la mamelle droite devient dure et enflée environ dans le tiers de son étendue et surtout au voisinage du mamelon. La pression, en ce point, produit une légère douleur; la peau n'est pas plus colorée, plus chaude qu'à l'état normal, seulement les ganglions de l'aisselle sont engorgés et douloureux. Après quelques jours, des phénomènes semblables apparaissent à la mamelle gauche, seulement avec une intensité moindre. La malade est soumise au traitement par l'iodure de potassium ; elle en prend 200 grammes en trois mois etguérit radicalement.

M. Lancereaux, qui parle de ces trois malades, dit avoir observé un cas semblable1.

En 1867, le Dr Icard2 publia une note sur une « tumeur syphilitique simulant un cancer », qui céda à l'iodure de potassium et guérit après un traitement de cinq mois.

Obs. XI. — Femme âgée de cinquante ans; malade à partir de son mariage, remontant à quinze ans; bonne santé jusqu'alors. Depuis cette époque, signes non équivoques de syphilis : éruptions aux parties génitales et douleurs rhumatoïdes; plus tard, syphilides tuberculeuses à forme serpigineuse, ulcérations diverses, angine grave, destruction du voile du palais (1858). En 1863, douleurs de tète violentes et attaques épileptiformes cédant au traitement ioduré; 1864, céphalée nocturne intense et retour des accidents convulsifs, dont le même traitement fait encore justice. En 1865, douleurs ostéocopes et périosloses de la clavicule; la même année, en juillet, apparition dans le sein gauche d'une tumeur à développement rapide.

9 octobre 1865. — La tumeur du sein est de la grosseur d'un œuf de poule, occupant la partie inférieure et externe de la glande ; elle est inégale, dure, bosselée, douloureuse à la pression, et présente

2. Journal de médecine de Lyon, t. Vif, p. 21, et thèse de Landreau, p. 25.

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un point ramolli et fluctuant. A ce niveau, la peau est brunâtre et amincie. La tumeur est le siège de douleurs spontanées peu vives, s'irradiant vers l'épaule et le bras correspondant. Dans l'aisselle, trois ganglions durs, indolents, du volume d'une amande. La périostose de la clavicule droile est plus prononcée vers l'extrémité sternale. Santé générale assez bonne. (Une cuillerée à bouche de sirop de Boutigny et frictions sur la tumeur avec une pommade à l'extrait de ciguë.)

27 octobre. — Les douleurs se sont apaisées au bout de quelques jours; la tumeur est réduite au volume d'une noix, et les ganglions axillaires ont beaucoup diminué. Le sirop de Boutigny, fatiguant la malade, est remplacé par l'iodure de potassium à la dose de 0sr,60 par jour.

2 novembre. — La tumeur a sensiblement diminué de volume; les ganglions de l'aisselle sont gros comme de petits haricots. Lapériostose de la clavicule a également diminué, et les douleurs sont presque nulles; 1 gramme d'iodure de potassium par jour.

28 novembre. — Depuis la dernière visite, la malade n'a pris que 6 grammes d'iodure de potassium, prétextant de vives douleurs d'estomac sitôt qu'elle augmente ladose.La tumeur a encore diminué de volume, mais dans une faible proportion; il y a toujours un petit point fluctuant; les ganglions axillaires sont revenus à l'état physiologique. Il n'y a plus de douleurs, la malade a repris de l'embonpoint et déclare jouir d'une santé excellente. Emplâtre de Vigo sur la tumeur; une cuillerée à bouche de sirop de deutoiodure de mercure.

9 décembre. — Deux cuillerées de sirop. Nouvelle diminution de la tumeur.

5 janvier 1866. Le médicament est resté sans influence sur le volume de la tumeur, mais a exercé sur les deux seins une action atrophique. La malade, habituellement bien réglée, a une suppression depuis le mois d'octobre. Une pilule d'extrait de ciguë de 0gr,05 et de calomel de 0,03.

24 janvier. — Les règles sont revenues la semaine dernière, mais avec moins d'abondance ; ce retour a coïncidé avec la réapparition de douleurs dans le sein, et une augmentation sensible de la tumeur qui menace plus que jamais de s'ulcérer.

2 février. — Douleurs vives dans le sein ces jours derniers ; la tumeur a sensiblement augmenté. Au niveau du point ramolli, ulcération superficielle blanchâtre avec liséré rouge. 1 gramme d'iodure de potassium par jour, emplâtre de Vigo.

10 février. — L'iodure a été bien supporté ; les douleurs mam-

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maires se sont rapidement apaisées; aujourd'hui la tumeur a repris le volume qu'elle avait il y a un mois, mais elle présente une ulcération circulaire dont les bords, amincis et décollés, s'appliquent sur une substance blanc jaunâtre, friable, adhérente par sa base au tissu de la glande ; lor,50 d'iodure de potassium par jour, pansement avec du cérat au calomel.

22 février. — L'ulcère s'est rétréci, mais la substance blanc jaunâtre, mortifiée et ramollie, qui constitue la gomme, se détache très lentement; j'en extrais la plus grande partie sans effusion de sang, à l'aide de la pince et des ciseaux. Il reste une cavité dont les parois indurées sont recouvertes d'une couche blanche putrilagineuse. La clavicule droite, où siégeait la périostose, est à peine plus volumineuse que la gauche. On continue l'iodure.

A partir de ce jour la plaie marche lentement, mais régulièrement, vers la cicatrisation. La guérison était complète au 15 mars.

L'état de santé où se trouvait Mme R... pouvait faire présumer que la tumeur du sein était syphilitique ; les signes objectifs, tels que l'aspect bosselé, le rapide développement, la tendance à l'ulcération, la présence des ganglions axillaires, n'excluaient pas davantage l'idée d'un cancer mammaire. A défaut de signes univoques fournis par la séméiotique ordinaire, je devais chercher un complément de preuves dans l'essai du traitement antisyphilitique; les bénéfices flagrants de ce traitement ne laissèrent bientôt plus subsister de doutes sur l'existence d'une mastite gommeuse. Plus tard encore, l'ouverture spontanée de la tumeur, en mettant sous nos yeux le tissu caractéristique de la gomme, vint ajouter une dernière preuve, et celle-là irréfutable, en faveur de la nature de la lésion.

Hennig* donne l'observation suivante d'une femme de cinquantecinq ans, qu'il n'a pas connue durant sa vie; il sait seulement qu'elle est restée quatre ans au lit pour une carie syphilitique des os du genou. L'autopsie donna les renseignements suivants :

Obs. XII. — Au ventre et aux seins se trouvent des traces de grossesse ; en outre, sur le sein droit, cicatrices d'ecthyma. Aucun autre changement extérieur; aucune altération dans la partie acineuse de la mamelle; entre les canaux galactophores, et les comprimant un peu, se trouve au milieu de chaque glande, et surtout un peu plus près de la surface antérieure, une gomme de 6 centimètres de longueur, 7 de largeur et 3 d'épaisseur. La tumeur du

1. Arch. fur Gynœcol., 1871, t. II, p. 350. Thèse de Landreau, p. 27.

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sein droit, située en dedans et au-dessous du mamelon, est caséeuse au milieu. De ces deux renflements partent à travers le tissu conjonctif, œdémateux à gauche, d'un rouge brun et un peu gélatiniforme, des noyaux aplatis, à direction centrifuge, se limitant à la périphérie; par suite tout le néoplasme paraît légèrement inégal; il occupe de chaque côté par sa surface le tiers du disque de la glande.

Obs. XIII1. — Th..., mécanicien, quarante-sept ans, contracte en 1867 un chancre préputial, qui ne guérit qu'au bout de six semaines; à la suite, plaques muqueuses; traitement par des pilules mercurielles. En novembre 1871, atteint d'albuminurie, il entre à l'hôpital Saint-Antoine.

En mars 1872, tuméfaction lentement progressive du sein gauche, avec sensation d'une sorte d'empâtement discoïde de cet organe; peu à peu l'induration se circonscrit, s'isole, de manière à former une tumeur arrondie : la peau restée normale ne lui est pas adhérente. Peu à peu cette tumeur fait saillie à la partie externe et supérieure du mamelon, et finit par acquérir le volume d'une pomme d'api; la peau se modifie à son tour et prend une teinte violacée. Dans les premiers jours d'avril, une tumeur semblable apparaît un peu au-dessus du sein droit; elle siège dans le tissu cellulaire sous-cutané, et acquiert bientôt le volume d'un marron. Alors on songe à la possibilité d'une tumeur gommeuse, et l'iodure de potassium est administré à la dose de 1 gramme, puis de lgr,50. A partir de ce moment, la tumeur du sein droit qui était un peu ramollie à son centre, se résorbe progressivement; l'autre tumeur diminue également, mais moins que la précédente.

Le 10 juin, ce malade, dont l'état général s'est notablement amélioré, demande sa sortie. La tumeur du sein gauche a entièrement disparu, et à sa place existe une dépression au pourtour de laquelle on peut sentir les lobules de la glande mammaire. La tumeur située au-devant du grand pectoral a aussi considérablement diminué et est réduite au volume d'un haricot.

Obs. XIV. — Au mois de décembre 1872, la demoiselle G..., âgée de vingt ans, entre à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Alph. Guérin. Deux ans auparavant, elle a eu à la vulve un chancre induré, avec induration des ganglions inguinaux; plus tard, plaques muqueuses de la gorge et ulcérations du voile du palais. Peu à peu ces accidents ont disparu sous l'influence du traitement mercuriel.

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