‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 68 sur 192 · GOMMES DE LA REGION PAROTIDIENNE · texte numérisé non relu

GOMMES DE LA REGION PAROTIDIENNE

J'en ai observé trois cas, sur lesquels je n'ai malheureusement que des notes très succinctes.

Dans une clinique faite dans l'été 1876, qui a été résumée dans le Journal de Lucas-Championnière1, je signalais une variété très rare de gomme syphilitique, la gomme parotidienne. Un homme se présente à la consultation avec une tuméfaction diffuse de la région parotidienne, sillonnée de quatre ou cinq trajets fîstuleux pénétrant à une certaine profondeur et laissant couler en assez grande abondance un liquide séro-purulent. A leur pourtour la peau avait une couleur d'un brun bleuâtre.

On aurait pu croire d'abord à des fistules ossifluentes, mais on put s'assurer que le maxillaire était sain; d'autre part, en ouvrant la bouche, on constata que le voile du palais était adhérent par la plus grande partie de son bord libre avec la paroi postérieure du pharynx qui, au-dessous de l'adhérence, était couverte de cicatrices gaufrées.

En l'absence de tout signe de scrofule, je n'hésitai point à diagnostiquer une syphilis ancienne et des gommes parotidiennes..

Je rappelai à cette occasion avoir déjà porté une fois le même diagnostic chez un malade considéré comme atteint de cancer superficiel de la parotide, à cause d'ulcérations et de fistules qui s'amendèrent notablement sous l'influence d'un traitement spécifique.

Une troisième fois j'ai vu chez une femme du monde une ulcération de la dimension d'une pièce d'un franc, à bords décollés, à

1. Septembre 1876, p. 399. — Dans son Traité des maladies vénériennes, 2e édition, 1886, page 395, M. le Dr Jullien dit que Lang a publié en 1880 le premier cas connu de syphilis fixée sur la parotide. La mention de ma leçon clinique dans le Journal de Lucas-Championniere me donne évidemment la priorité sur mon confrère de Vienne.

L'observation de Lang est relative à une femme de trente-neuf ans, dont l'infection remontait à quatre ans et qui présentait à la fois des syphilides de l'isthme du gosier, une mamelle tuméfiée, tendue, douloureuse, et la parotide gauche légèrement augmentée de volume. La glande s'étant ramollie, on l'incisa, mais les frictions amenèrent une très rapide amélioration des autres symptômes, la disparition de l'infiltrat mammaire, et la cicatrisation complète de la gomme parotidienne. (Wiener med. Wochensch., 28 février 1880.)

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