Duboué, Loc. cit., p
HEMORRHAGIE
Obs.XI. — Amputation du premier métatarsien pour une carie; liémorrhagie consécutive intermittente. Guérison par le sulfate de quinine1.
Monnier (Madeleine), journalière, dix-huit ans. Scrofule pendant l'enfance. Entorse du pied cinq mois avant d'entrer à l'hôpital Saint-Éloi, le 8 juin 1845; on constate alors une carie de l'articulation métatarso-phalangienne du premier orteil. Le traitement médical n'ayant pas réussi, on pratique, le 28 juin, l'amputation du premier métatarsien.
Le 1er juillet, dans la soirée, frisson et chaleur générale, mouvement fluxionnaire local, avec douleur. Le lendemain, l'appareil est imbibé de sang : une liémorrhagie avait eu lieu au déclin de l'accès ; aucune ligature n'était tombée. Dans la soirée, mêmes phénomènes avec liémorrhagie. On soupçonne l'existence d'une fièvre intermittente quotidienne tenant l'hémorrhagie sous sa dépendance.
3 juillet, mêmes phénomènes. Le doute n'était plus permis. La malade venait du reste d'un pays où les fièvres périodiques sont endémiques. Dans la journée du 4, elle prit 60 centigrammes de sulfate de quinine. Le médicament fut continué pendant quelques jours. L'hémorrhagie ne reparut plus. La plaie qui jusqu'alors avait été blafarde et grisâtre, se recouvrit de bourgeons rosés. La cicatrisation ne se fit pas attendre.
L'opérée sortit guérie le 27 juillet, un mois après l'opération.
Réflexions : Il était évident, par l'aspect même de la plaie et par la manière dont s'était faite l'hémorrhagie, qu'elle dépendait d'une exhalation sanguine occupant toute l'étendue de la surface traumatique et qu'elle ne provenait ni de la pédieuse ni d'autres artères dont les ligatures n'étaient pas encore tombées.
Obs. XII. — Lésion organique complexe de V articulation tibiotarsienne et du tiers inférieur des os de la jambe; amputation au lieu d'élection; liémorrhagie consécutive intermittente, enrayée par le sulfate de quinine*.
1. Bouisson, « Sur les hémorrhagies périodiques des plaies » in Tribut à la chirurgie, t. I, p. 110.