DOULEUR
Obs. IX. — Zinty, brigadier au 2e régiment d'artillerie, arrivé depuis peu de temps en Algérie, fit un faux pas et se fractura la jambe au quart inférieur. Il entre à l'hôpitaldu Dey, le 1er novembre 1864. Le 2, application d'appareil plâtré ; cessation des douleurs. Tout va bien jusqu'au 15 novembre. Ce jour-là, le malade fut éveillé, vers onze heures du soir, par de vives douleurs dans le point fracturé. Ces douleurs étaient gravatives et contusives; elles ne duraient que sept à huit minutes et ne coïncidaient avec aucun phénomène fébrile ordinaire.
Le 16, le 17, le 18, mêmes phénomènes à la même heure. Le 19, six pilules de sulfate de quinine, pas de douleurs le 19 et le 20.
Le 21, les douleurs reviennent, mais elles ont changé d'heure, c'est à trois heures du matin ; mêmes douleurs les 22, 23, 24.
Le 24, six pilules de sulfate de quinine, indolence pendant deux jours. Le 27, retour des douleurs, sulfate de quinine; pas d'accès le 28, sulfate de quinine. Disparition totale des accidents.
Le sulfate de quinine avait, dans les premiers jours, été administré à trop faibles doses 1.
Obs. X. — Le 17 septembre 1866, opération de cataracte chez une femme de soixante-huit ans, atteinte depuis longtemps d'hypertrophie cardiaque. Rien à noter jusqu'à la nuit du 18 au 19 septembre, où surviennent des douleurs vives dans la région périorbitaire du côté opéré. Lanuit suivante, les douleurs reparaissent, avec réaction fébrile qui persiste jusqu'au matin; elles s'irradient jusqu'aux régions frontale et occipitale. Aucune trace d'inflammation du côté de l'œil, fait important à noter, car il conduit à penser à une complication de nature palustre. Une première dose de sulfate de quinine de 60 centigrammes est administrée à titre d'essai. Dans les jours suivants, l'intoxication palustre s'est réglée. De véritables accès à type tierce se sont produits et ont exigé, pour disparaître, un traitement de cinq à six semaines, par le sel fébrifuge 2.