‹ Mémoires de chirurgieChapitre 123 sur 209 · POURRITURE D'HÔPITAL · texte numérisé non relu

POURRITURE D'HÔPITAL

Nous trouvons, dans une thèse de M. Marchai de Galvi, les lignes suivantes :

« Même relation entre l'encombrement et la pourriture d'hôpital, qui peut se produire aussi sous l'influence du miasme paludéen. C'est ce qui eut lieu, sous la forme épidémique, à l'hôpital militaire deDunkerque, en 1833.

» Plusieurs des malades de M. Chambolle, alors chirurgien en chef decetétablissement, furent atteints de pourriture d'hôpital assez bénigne, mais nettement caractérisée. A peine, dans l'hôpital, se rappelaiton avoir vu quelques cas isolés de cette affection. M. Chambolle fut obligé, après examen des conditions hygiéniques des salles et dépendances, de chercher la cause en dehors, et il dit : « Je crois l'avoir trouvée dans le fait de la construction récemment commencée d'une nouvelle salle de spectacle sur la place où se trouve l'hôpital et en face même de cet établissement. D'après les informations que je dus prendre (l'entrée de l'enceinte des travaux étant interdite au public et ne m'ayant été permise que plus tard), j'appris qu'en creusant les fondations on était arrivé sur un ancien fossé de la ville et qu'on y avait rencontré des eaux stagnantes en assez grande quantité : Là était, à mon avis, la source de l'épidémie.

» Cette opinion, dont je fis part à mes collaborateurs, devint presque une certitude lorsque, quelques jours après, des pompes d'épuisement ayant été établies et commençant à fonctionner, on put reconnaître, à la couleur et à la fétidité de ces eaux, quelles étaient altérées à un très haut dearé.

humide se sont associés pour produire une fièvre pernicieuse à forme tétanique ; il émet à ce propos des hypothèses pathogéniques que nous croyons inutile de reproduire. Nous parlerons d'ailleurs plus tard du tétanos païudique. — A. V.

« Je pensai alors que l'épidémie cesserait lorsque les fondations de l'édifice en construction seraient assez avancées pour que la source des émanations fût comblée. Cette prévision s'est depuis réalisée, car l'épidémie, active à son origine, diminua d'intensité pendant les gelées, reprit quelque force au mois de mars, et se termina tout à fait vers le milieu d'avril, époque où les travaux de fondation furent terminés. Depuis le 17 de ce mois jusqu'à aujourd'hui (9 juin 1840), pas un cas ne s'est présenté. La démonstration de l'influence indiquée a donc été complète.

» Ainsi la pourriture d'hôpital peut se développer sous l'influence du miasme paludéen, comme sous l'influence des produits volatils des sécrétions, lorsque les hommes sont entassés. On avait noté, au reste, la situation d'un hôpital dans un terrain bas et marécageux, le voisinage de quelque foyer d'infection, au nombre des circonstances qui favorisent le développement de celte maladie1.

» C'est ainsi, disent les auteurs du Compendium, qu'on voyait, dans une des salles de chirurgie de la Charité, la pourriture se montrer de temps à autre et toujours sur le malade couchédansun certain lit qui était placé près d'une fontaine, à l'une des extrémités de la salle; la fontaine ayant été enlevée, l'accident ne reparut plus 2. »

Jobert de Lamballe, cité par Follin, rapporte que pendant longtemps, à l'hôpital Saint-Louis, il vit la pourriture d'hôpital se développer de préférence dans un certain lit situé à l'extrémité d'une salle où les effluves miasmatiques de l'endroit semblaient se concentrer3.

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