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TÉTANOS

Nous trouvons ce qui suit dans l'ouvrage de M. Armand sur l'Algérie :

« A Bougie (été de 1848), G..., maréchal-ferrant, quarante ans, reçoit la décharge d'un fusil qui fracture la cuisse dans son cinquième supérieur. Irrigation continue. Le deuxième jour on extrait la balle. Au septième jour des irrigations, il se manifeste des tiraillements, des crampes, du trismus, avec un peu de dysphagie. Le lendemain, tous les symptômes caractéristiques du tétanos se déclarent pour se produire sous forme d'accès. L'opium à haute dose ne conjura pas ces accès et le malade succomba le troisième jour de l'affection tétanique.

a Quand, sous l'influence du froid humide, alternant avec la chaleur, un malade ayant eu ou non des accès fébriles antérieurs, est saisi de phénomènes tétaniques ; quand, à un moment donné, la peau est chaude, couverte d'une sueur visqueuse, le pouls dur et fréquent, que le malade semble plongé dans un état comateux qu'interrom-

1. Voir, aux Notes additionnelles, de nouveaux renseignements sur l'inflammation du système lymphatique de nature palustre.

pent par intervalles des cris plaintifs, on diagnostique un accès pernicieux tétanique et l'on parvient à en triompher par le traitement spécial aux accès pernicieux, c'est-à-dire par le sulfate de quinine à haute dose, associé aux anti-spasmodiques.

« Or, quand à la suite de lésions Iraumatiques, quelquefois peu graves, des blessés, ayant eu à endurer le froid humide d'une ou plusieurs nuits passées au bivouac, surtout dans la saison pluvieuse, sont pris de trismus, de raideur du cou et du tronc s'irradiant aux membres, et arrivent enfin au tétanos confirmé, offrant de tout point les symptômes du tétanos spontané ou accès tétaniques, même une sorte d'intermittence; qu'en un mot, sous l'action des influences thermo-électro-hygTométriques,le système nerveux est arrivé à une perversion fonctionnelle se traduisant par les mêmes symptômes que l'accès tétanique, faut-il négliger de voir un fiévreux, parce qu'une blessure a été cause occasionnelle d'une complication devenue affection principale? Faut-il se borner à l'emploi des antiphlogistiques et d'autres moyens qui n'empêchent pas le malade de périr dans les convulsions et la suffocation? Les analogies, sinon la similitude de ces états morbides, indiquent ce qu'il y aurait à tenter dans une voie où les essais sont encore trop peu nombreux. Citons encore un fait assez significatif :

« Un sergent-major du génie, blessé d'un coup de feu à la hanche (expédition de Constantine), fut pris de tétanos, peu de jours après, le 13 décembre, malgré les évacuations sanguines, les cataplasmes opiacés, les potions gommeuses opiacées et stibiées.

» Jusqu'au 26 décembre, le malade sent quelques frissons pendant la nuit. Je supprime les potions musquées camphrées, et je les remplace par 20 grains de sulfate de quinine opiacé. Le 28 décembre, mieux général, pas de frisson; un grain d'extrait d'opium. Le 29 décembre, le mieux se soutient, la raideur du cou diminue; le malade commence à se mouvoir dans son lit. Il succomba seulement un mois plus tard aux suites de sa blessure, mais guéri du tétanos.

» En résumé, le quinquina et ses préparations agissant comme nervins, fournissent toujours un puissant secours contre les affections consistant dans la perversion fonctionnelle du système nerveux. Ce qui peut être vrai pour l'Algérie, peut être applicable autre part aussi. Dernièrement, M. Herpin (de Tours), a cité un cas de guérison de tétanos par le sulfate de quinine et l'opium1. »

1. Adolphe Armand, l'Algérie médicale. Paris. 1854, p. 387 et suiv.

M. Dériaud, commentant ces faits, croit que le traumatisme et le froid

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