‹ Mémoires de chirurgieChapitre 156 sur 209 · Thèse de doctorat, Paris, 5 mai 1875, n · texte numérisé non relu

Thèse de doctorat, Paris, 5 mai 1875, n

paludéens qu'ailleurs, à la Guyane en particulier, il ne survient pas plus souvent dans les localités où la fièvre fait le plus de ravage? ; cette névrose du reste est plus fréquente pendant la saison des vents du nord et de la pluie, c'est-à-dire précisément à l'époque où les marais sont inondés et perdent presque complètement leur toxicité.

» La fièvre intermittente a sans doute des phénomènes convulsifs, notamment le trismus et l'opisthotonos, des accès pernicieux, comateux, qui ressemblent au tétanos ; mais ces phénomènes isolés ne suffisent pas à caractériser une maladie et cèdent d'ailleurs très promptement aux sangsues appliquées derrière les oreilles et à une révulsion énergique, taudis qu'ils continuent lorsqu'ils appartiennent au tétanos.

» Je n'irai pas jusqu'à dire que le tétanos ne puisse trouver une nouvelle cause d'explosion dans le premier stade d'un accès intermittent, mais je ne l'ai jamais vu... Après tout, le tétanos n'est qu'une névrose, et je ne vois pas pourquoi les accès intermittents qui réveillent d'anciennes névralgies n'exerceraient pas le rôle de cause adjuvante à son égard. »

M. Dubergé nous apprend (p. 39) que la fièvre traumalique, la septicémie, l'ostéo-myélite, l'érysipèle, l'infection purulente et la pourriture d'hôpital, toutes complications qui font le plus de victimes en France, préoccupent fort peu le chirurgien à la Guyane. La fièvre traumatique est, en général, très faible, surtout chez les gens de couleur; rarement elle constitue un accident sérieux. Quand elle est prolongée ou grave, c'est souvent sous l'influence concomitante du paludisme.

Aussi, en dehors des complications dues à une anémie grave, à une cachexie paludéenne profonde, ou à des accès de fièvre rebelles, le traumatisme est, à la Guyane, beaucoup moins dangereux que dans les pays froids ou tempérés, et, sous ce rapport, on peut dire que, autant la pratique de la médecine est décourageante dans ce pays, autant celle de la chirurgie y est avantageuse.

Dans un chapitre consacré aux complications tardives du traumatisme, l'auteur indique la chéloïde, les fibromes cicatriciels et l'éléphantiasis. A propos de cette dernière affection, il s'étonne (p. 50) qu'on ait pu l'attribuer au paludisme. Les accès paludéens peuvent, en exerçant une action congestionnante, donner une nouvelle impulsion à l'éléphantiasis, mais ils ne sauraient déterminer son apparition. Cette hypertrophie existe aussi à Maurice, à la Réunion,

à Sainte-Hélène, à la Nouvelle-Calédonie, qui ne sont point des localités palustres.

Enfin, dans la deuxième partie de la thèse, nous trouvons des documents spéciaux sous ce titre :

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