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Eléments de path. chirurg. générale, p

nous croyons que les lésions qui favorisent le plus l'adultération du sang, soit par leur action directe, soit par le retentissement qu'elles ont sur les diverses fonctions, sont aussi celles qui exposent le plus au délire alcoolique. Ceci nous paraît pouvoir s'appliquer aux observations XIV, XVIII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV, XXV.

Il serait intéressant de voir si le délire est moins fréquent après les plaies d'amputation qu'à la suite des plaies contuses; mais les éléments que nous possédons sont insuffisants.

Nous ne savons pas si les contusions des membres , lorsqu'elles ne s'accompagnent d'aucune complication, sont capables d'amener le délire; mais il se pourrait que celles de la tête, du thorax, de l'abdomen, pussent plus facilement produire cet effet, en raison des troubles causés directement par l'ébranlement des organes contenus dans ces cavités ; ainsi, dans l'observation X où il s'agit de contusion des lombes, le délire éclate au milieu de symptômes indiquant une perturbation dans les fonctions rénales ;l'obs. III montre le délire coïncidant avec la présence de la bile dans l'urine, à la suite d'une contusion de la région hépatique. Dans l'obs. XXII, nous constatons de la glycosurie qui a pu résulter de la contusion du crâne et qui a peutêtre eu quelque rapport avec la production du délire. Ces diverses remarques s'accorderaient assez bien avec les idées que nous avons émises précédemment sur la pathogénie du délire chez l'ivrogne.

Complications. — Ce que nous venons de dire nous conduit à parler de l'influence des complications traumatiques sur la production du délire. Occupons-nous d'abord des hémorrhagies. Dans l'obs. XVI, l'apparition du délire est précédée d'un flux hémorrhoïdal abondant; dans l'obs. XII elle coïncide avec une hématémèse résultant d'une contusion de l'épigastre; dans l'obs. XV elle se manifeste à la suite d'une épistaxis abondante; dans l'obs. XIX, c'est après une hémorrhagie secondaire par grangrène du lambeau. Dans l'obs. XXI, nous voyons le délire augmenter après l'amputation et devenir promptement mortel. Est-ce l'effet de la douleur? Non, puisque le malade a été opéré sous l'influence du chloroforme. N'est-ce pas plutôt l'effet de la perte de sang causée par l'opération? Dans les quelques observations empruntées à Léveillé, on voit le délire se manifester ou augmenter d'intensité après les émissions sanguines plus ou moins répétées. Léveillé cite dans son mémoire trois cas de délire survenu à la suile dli&moptijsies, mais il ne veut pas y voir une relation de causalité. Cependant, d'après les faits qui précèdent, il nous est difficile de penser que cette relation n'existe pas; el nous y croyons d'autant

mieux qu'il est bien démontré aujourd'hui par les observations d'Erhmann, de Marshall-Hall, de Soulier, de Voisin d, qu'en dehors de l'alcoolisme, les hémorrhagies, et en général l'anémie du cerveau, peuvent être cause de délire. Cependant le lien étiologique n'est pas toujours évident : dans les cas de septicémie, par exemple, il se peut que l'hémorrhagïe et le délire soient tous deux sous la dépendance de l'intoxication du sang ; il n'y a plus alors rapport de causalité, mais seulement coïncidence.

Il est encore d'autres complications des lésions chirurgicales qui peuvent provoquer le délire ; dans l'obs. XXV, son apparition semble avoir coïncidé avec Yépanchement de gaz fécaux dans le péritoine; or, on connaît la puissance d'absorption de cette séreuse ; il y aurait donc eu là une toxémie rapide, prise pour ainsi dire sur le fait, et qui nous expliquerait à la fois la brusque production du délire et la promptitude de la mort. L'obs. VIII montre un malade atteint de luxation avec fracture de l'humérus, et chez lequel le délire apparaît dès le premier jour, l'accident ayant été lui-même causé par une chute dans un cas de congestion cérébrale. Cette dernière condition n'aurait-elle pas agi sur la production si rapide du délire ? Chez le malade de l'obs. VI, atteint de fracture de côtes, le second accès de délire correspond à des symptômes de bronchite bien accusés; dans l'obs. II, le délire coïncide avec la formation d'un phlegmon au voisinage d'une petite plaie.

Ces exemples suffisent pour montrer qu'il y a fréquemment relation entre l'apparition du délire et les diverses complications du traumatisme. C'est là une donnée dont il importe de tenir compte, car il en ressort, au point de vue du traitement, des indications précises.

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