EFFETS SECONDAIRES
L'organisme tout entier, chez l'alcoolique, est profondément atteint : l'appareil nerveux, le liquide sanguin, le tube digestif, les organes sécréteurs et excréteurs sont modifiés. Tout le système est frappé d'une vieillesse précoce qui se traduit par une moindre résistance aux influences morbifiques, une dépression plus facile, un défaut d'énergie dans tous les modes d'activité vitale. Aussi, chez ces sujets, les maladies présentent-elles une physionomie spéciale.
Personne ne nie aujourd'hui que les maladies inflammatoires ont, chez les ivrognes, une tendance remarquable à revêtir la forme adynamique : tous les médecins ont observé des faits de ce genre. Pourquoi en serait-il autrement clans les affections chirurgicales. Il n'est pas admissible qu'une économie déjà malade les supporte aussi impunément qu'un organisme sain. Il n'est même pas nécessaire pour cela que la lésion traumatique présente des accidents locaux capables, par eux-mêmes, de troubler les grandes fonctions, comme l'a dit M. Verneuil l.
Il existe en effet des altérations primitives et secondaires du sang qui produisent la tendance à l'adynamie; mais on comprend que certaines conditions, dépendant, du degré de l'intoxication première, ou résultant de la nature même de la lésion, exposeront davantage à des conséquences funestes ; c'est ce que nous avons dit déjà à propos de la pathogénie et du pronostic du délire ébrieux. Aussi tantôt les désordres provoqués amèneront une mort rapide que rien n'eût fait prévoir; tantôt leurs effets se borneront à ralentir ou à compliquer la marche locale des processus réparateurs. Nous allons étudier quelques-uns de ces phénomènes, en commençant par les plus graves.