‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 61 sur 84 · LE PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT

Vous affichez uS cynisme Qui affecte un tout chacun.

:Ë$t-ce avoir le sens commun t A moins que â'aToir tm prisme On ne pourra ,3aus trembler, Bientôt pins tous regarder.

C'est à n» vie animale Que je sange senlement;

tM NÉHCHHES

A vovf dire franchement,

Dans le tem{H de aos coi

DE CB0MDCMMICI:,OSl Dnclos, « hMMM dlionoear.

Des prisoiii de l'Althaye Par la rose il échappa , Et toDt à conp se trama Aa milieu de la Vendée ; Mais à la paix le bénu S'en reviot dedam Bordeau.

Siiqnil>cr de caractère .

Dnclos, fier de les boriers , Ne montra pts ses papiers Ni an préfet , ni au maire.

Afin qn'il cfaaagaât de ton > On le remit ea prison.

Il y resta des années , Et n'en ressortit, dit-on.

Qu'il la fiestauration , Quand les troupes alliées.

En occupant le piTs, Vinrent amu dans Paris.

Sitôt , libre dans sa mardie, Dnclos diorcbe à parreaîr ; 11 cherche vmi d'obtenir.

Par mamte et maiute démarche , Qn'il soit enfla lenbtmnt De ce qn'il a dtpviié.

Mais , bêlas t ses espérances S'en alljjfent â vàD-l'ean; En lain il se mit en eau * Ponr rattraper ses avances; ' 11 ne fui que coudoyé Et ne fat pas soudoyé.

Après une loi^ue attente, Voyant qn'il perdait ses pas , Il perdit aussi ses bas D'une manière efTrayante; Et depuis plus de cinq ans Il n'a que ces vetemenis. ,

Ainsi finit inon-hittoire :

Vous ea voyez le héros.

Ainsi, messieurs, è propos Consultez vatre grimoire, Et surtout pour mon client Montrez-Tous bieo indulgents. •

-Sit&t cette plaidoirie,

On juge Duclos d'aiUenn .

Coupable d'outrage aux mœurs,

Nm de vagabonderie ;

J>e condamnant sans façon *

A quinze jours de prison.

Avant de ^itter la salie, A Dudos le président

DE ÇH<H>BU(M>UCIOS.

Adresse Terbalement t Un beau germon de morale, Xoi commandant le respect Et d'être pins dromqtect.

Âprëgcela, l'auditoire Son de la salle aussitôt ; Moi, je reviens an galop Et je transcris cette histoire»

Ponr qu'on ait compassion Du sort de l'biHnme an haillon.

CCLOS. N»

va£te pour le ■iHwnr >— on»'aiMc t<wjemt. L'un peaae trajoucsàiraulM.

Je aW» va jiioy>e4à ^ut in ^mmux memf diant à haute voix et .»qs varpigBe , que éoB éclopés oriaFds et vaf[abon4s -^m evrêttient le passaiit,«t Ici aiwaient volantion cborcfaé noise â celui-ci -Havoit ràon 4oaaé.

J'en avais jmAit: d'mmies q« % postaient an coÎQ du boiOM, aux porte» des lestmaratears; et qui, Imsr que o'iiuplaMnt pas à haute voix , étaient les plus impoMuos des êtres, taat iU iàisMeat hy|»oiriti9Hiit' jouer leur pFUD^e Juaotease.

Ces g£iii64à., 'q«i n'oat aï ie loauiy. it la pauvi-eté ni la pudeur 4b «wodHnt fam»néte , je tes fuyais comme it peste , 8t je Ow ' vais qn'ilsidéshonoiweaiC Jtenrs èiaiVaBS.

II y a lÔBUS â'>HDivei¥ «n •non '^Afeut, «sais surtout idi»i<M Parie pFOpra, ip^fané,' cak , et empigiponaé à in ifoû- «« iKWtce sotie de nal^enr tp ^iee i'ânie , «eét m^hW le juge mérité , «oit que Les indiâÉDSitts «t l'i^olenoc' l'aient fait seuls.

Ce natinftr ssi; odui 4(ui «lattaobe à

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l'homme de mérite , à l'homme de géoie ; et celuî-Ià , messieups ; celui-là , mes amis ; celuilà, mes ennemis, il est sous vos pieds, à vos c6tés , sur votre tète ; il est partout.

Ce malheur, qui a souvent l'air d'une béatitude, vit dans les mansardes quand la ri> chesse lui donne une mansarde, et dans la rue quand son génie est incompris.

.Ce malheur, il vit de pain, quand il a du pain ; il vit de rêve , d'insomnies , d'illusions , de gloire.

11 vit surtout de son mépris pour l'espèce humaine; car il voit l'espèce humaine qui le coudoie et le renverse , riche de soie, de fourrures,.de bassesses et de dignités... — je n'ai point dit de dignité.

11 &ut l'avouer pourtant, le malheur n'est souvent dû qu'à un orgueil mal dirigé. Je sais fort bien que celui qui produit un chefd'œuvre et à qui on ne le lui solde que le c»ltième de sa valeur, a quelquefois raison de jeter le chef-d'œuvre au feu , puisque lui seul a le sentiment de ce qu'il vaut.

Eaveloppé dans sa noble rancune, il ne

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veut point transiger avec ses prétentions.'.., et le résultat de tout ceci c'est la feim , le désespoir, le suicide.

Toutes ces réOexions — j'allais dire toutes ces douleurs ^^ me sont montées à l'âme après une renoontre que je fis un soir, le 25 janvier; il est des époques dont, jevous l'ai dit, on ne perd jamais la mémoire; il est des jours, des heures, des minutes qui s'offrent toujours à vous comme une céleste pensée , ou comme un infernal cauchemar.

Il vous tarde sans doute de savoir le nom de l'être si étalement privilégié auprès de qui germèrent et mûrirent toutes ces pensées. Vous attendrez, s'il vous plaît; car j'aime à raconter, et la catastrophe du drame serait illogique, placée au premier acte.

La Seine charriait de grands glaçons qui glissaient , se frôlaient , se choquaient avec un bruit pareil à un froissement perpétuel de parchemin, et craquaient un instant après, arrêtés par les piliers des ponts, qu'ils entaillaient dans leur course.

Accoude sur le parapet du quai de l'Ecole,

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ChodiUR-Doek», tu aûs toi q>e l'âne ft0itl£te encore phi» cpie le eorp», et qne les tfwtuxcs istciiaireft mat aiilie flEns |^ih poîgDaitfes qoe k* lacératiaai de la dMar ,

Sur la bei^e , seul , ainsi qu'un fant&BW — rboMHwg et le fuitAme mal firèrcs — un howe cBsrcfaait à pu lenti» et aeiiUai2 iaueusible À la brise glacte qui fiùaic volec à l'esfoce w liHigHe' chevcltire. Se» hméCueni. CHMés, « leâiogote coarte, m»

pantalons l'étaient aussi, et sous ses pant»- Uuiâ K deaùnaîcDt de& bas oui avûeiiil été blanc» jadis, ie ciu» renacquer pourUot qlk'tt portail aoÊ botte et un souliet:.

Son principal vtoraeBt avaitété boutonné jusqu'au oou,eljeaD«pçoiuiBi»rab«eBced'nDe ebemiee sou» lelanbeatt de «aie. tgak servait de cra.?ate au entente. QmbbI à un dnpeau, c'&L. était un ^ mais bossue , pui» tùlli de 1'»rière comme un plat à barbe.

— Encore un Dudo», m'écmijeiafolantaireoMut^.

Cétait biea nieui que tda.

Foui pauvre fiott. qui cioyais àdeiu Dudoa

300 HËHtHRES

dans le monde ! Il n'y en avait qu'an aiovsi y en aura-til on autre après moi? Oui, si un homme a du cœur, s'il est l'ami d'-un ministre, et si ce ministre a nom Peyronnet et répudie son passé.

Le fleuve ne grossissait plus, et la bei^e ne devf^ fdus,- selon toute probalnlité, être envahie; on avait laissé contre les murs du quai un grand nombre de pièces de vin et d'autres marchandises , sous la garde du froid et de la nuit.

L'homme-ëuitôme se dirigea vers ces provisions'de l'opulence, et, tournant ses regards de part et d'autre, il sembla chercher une place pour s'asseoir et s'endormir.

Il s'assoupit et je le perdis de vue.

— Oh 1 parbleu ! fis-je en moi-même , je saurai bien qui tu es, Chodruc en herbe; et je verrai si tu es digne de marcher sur mes traces.

Je descendis à pas de flâneur vers mon âme'écheixlée, comme diraient les romantiques, et j'allai droit à la place occupée par mon inamnu. Ses pieds dépassaient un baril

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d'eau-de-TÎe, et sa tête reposait sur un buril voisin. Je pensai involontairement qu'à l'aide d'une petite vrille ou d'un couteau — car on a plus souvent celui-d que celle-là — le malheureux pouvait mettre fin à sa détresse ; mais il était peutfètre aussi opiniâtre quemoi, et dès lors je comprenais qu'il pût dormir là-dessus sans s'inquiéter de l'oreiller.

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