‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 62 sur 84 · CHAPITRE XXLLL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXLLL

OH GBAHD POÈTE.

J'avançai vei's l'iDconnu ; puis , le heurtant de ma chaussure de hsière :

— Pardon, gardien, lut dis-je, mais tous avez pris ma place.

— Je ne suis pas gardien, me répondit une voix assez douce, je ne suis gardien de rien du tout; et si, en effet, je vous ai pris votre place, je vais vous la rendre.

— Point, vous pouvez y rester; la berge est large, et à deux nous n'y serons pas gênés.

— On ne le serait pas à quatre, on ne le seraitpasàmiile, on delc serait pasàdix mille;

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aHf^tmdnnt elle seFaît eïieore beaucoup tirop étroite sileshiMiiiiieS' tek que -«oos et znaive- MieaÉ y ebeiïcher ua absi , le sommeil..

Sam ^fSjis. dft Ëiçoa., je miassâ auprès dii fdHkaoplis, et, lerGgacdàatea&ce., j^'eauis pitié. IL eut pitië^de moi auMt, et me tsaditk moini m ms disaat :

— Bonne nuit, monsieur ChoA-uo-Dùcfos.

— Afc'.'voas mecDimaisseB?'

— Te vai« souvent au Palais-ffoyal. Tous ne me connaissez pas, tous?

— Je ne viens jamais ici ; est-ce que c'est votre (Cambre à coucher habituelle?

— ^Màchambreà coucher estpartout, quand j'ai sommeil : les Champs-Elysées, une place publique , la borne de la rue, leporchecTune église, le parapluie de la haHe, tmrt me va, tout me su^ffit... Je dbrmi'rais peut-éOre ausû dVmsmr palais. Mon- abri, à moi, cesontmes pensées qui se promènent chaudiesj corrosives. lia ne, à moi , a'eU.. poia* daxm raoi t^, elle ett àatm nEoh cœur; et sepeadmicje n'ai cornu (fM mai i9ÈX!Q an toonulev ésa enfants, ou. <fes

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vieillards , des fronts l'oses et calmes ou des cheveux, rares et blancs. Mon bonheur, à moi, cest la rencontre d'une chose qui n'a pas été dite par les Bérai^er, les Gilbert , les Lamai^ tine, les Barbier, les Malfil&tre, les Chatterton. Mes rêves, cest Byron, Goethe, Alfieri, Torquato, Fieldîng, Camoens, Cervantes, Cooper, Walter Scott.

n Mes iosomnies, ce sont les hommes de génie, ces mêmes demi-dieux, inspirateurs et désespoir en même temps de quiconque a une plume, une âme, et veut un avenir.

n Ma douleur, à moi, c'est le cri des entrailles grondant trop souvent, hélas! pour ne pas étouffer les cris de l'ambition et de la gloire.

» Mon errance, à moi, c'est une dernière agonie, un dernier râle, un dernier rayon de solcileotre un maçon fiévreux et le plombier mutilé dans une chute...

» Ma dernière couche, à moi , ce ne sovnt point les marbres d'un palais , les aoies de l'opulence, ta mansarde de l'ouvrier, la cbam-

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brettederétudiant, le grabatdela misère j ce sera le lit de l'hôpital.

it Mon dernier adieu, ce sera celui que j'adresserai, comme Gilbert, à une sœur pieuse qui me jettera des paroles de miséricorde au cœur; ce sera l'anathème d'un prêtre qui lancera ses foudres sur mes impiétés. »

La tète de mon inconnu venait de heurter violemment son oreiller de bois : j'allais le saisir dans mes doigts robustes , parce que je craignais un transport au cerveau; mais je le vis calme et cessant de respirer par soubresauts : je me rassis.

— Depuis combien de temps , lui dis-je , êtes-vous sorti de Charenton? .

— Ouest Cbarenton?

■^Aune lieue de Paris, là-bas, là-bas, derrière le &ubourg Saint-Antoine, sur une butte assez élevée.

— Vous me l'indiquez trop bien pour ne pas le connaître. £st<e qu'on ne vous y a jamais enfermé?

— On y n'enferme que les fous et les mal- &iteiu-s.

SIÉHOHL»

-U £iBt JcBxlilzies? aloES vam aioi 4

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-" Ce qui mla iàit poète, pmctuivit-il, ce n'est pas le znalheur, clest l'illustrâtioa ou la honte 4e mtm paysj mais quaa4 jat vu qu'il n'y avail Bul profit pour pei-soiiae à diant^ le malheur, à chanter la ^loù'e «t la liberté, je me mus pris à dédaigaer les rois, à mépriser les gouvernementii , et à laisser rouler la terre ûaa& son orhîte.

') Un roi, un prince, un anpereur, des oùnistres, des |;r-aids, des petits, le peuple; loups et brebis, dévocateurset victimes;

» Un trône, un dais! qu'est-ceqoc tout«ela, je vous le demande? si ce n'est une ofivinité qui protêt «'est tut lâche <ct paisflajit qui écrase. L'étole ou la pourpre, la tiare ou le sc^itre : tout«ela, monsioir CbodruoDudos, tout cela, instruments aveuglea -d'aveugles lanouaes, d'âl^ugles vençeanoes^ d'aveugles passions. Le moode^ mxtsieur Ëuile Chodruc-Duclos , n'est peuplé qtie d'imbéciles, de poltrons , de gens qui n'y T<âeat foùnt parce qu'ils se laissent crever les yraix eC qu jIs disent oMPci aux iMNimaux...

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