CHAPITRE XU
UN DERNIBB MOT.
Pourquoi avons-nous publié ce livre?
Celui qui aura lu le livre aura dû compi'endre le pourquoi ; sinon, il se verra coadamné à parcourir ces deux lignes encore.
Quelqu'un avait une détestable opinion de 'l'espèce humaine — c'est inhntnaîne qu'il voulait dire; — et ce quelqu'un s'écrie un joup î " Si j'avais la main pleine de vérités, je îa tiendrais fermée. »
Notre philosophie tourne le dos à celle-là, et noUs (kuuions la volée à cette pensée pre-
DE CHODRUG-DUGLOS. 369
mière des Mémoii'es de Duclos : que Taoïsme et la vanité se disputent le monde.
Selon nous, Emile Chodruc-DucloSjlliomme aux haillons, l'homme à la longue iurbe, l'homme du mouvement, l'homme de l'indigence, l'homme de l'orgueil et de... l'abriitissement peut-être tout à la fois, — n'était pas seulement uu homme : il était aussi et d'ahord une idée.
Voilà pourquoi nous avons publié ces deux volumes.
I^a source où nous les avons recueillis, c'est Duclos lui-même, c'est-à-dire des fragments, desdébris, des rognures, de t'encre pâle ou noire, du crayon rouge ou de la sanguine, de l'art et du désordre... que sais-je, moi ? un objet de dégoût et de convoitise, des feuilles à jeter au coin de la bomç et des feuilles à rechercher avec religion , de la grandeur et de la bassesse, du cynisme et de la honte, des générosités ei des vengeances, des misères au dehors, des richesses au dedans , une acre mais juste récrimination, un sarcasme vivant et sa{;e.