‹ Memoires de Claude Haton (volume 3)Chapitre 8 sur 44 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

rMur. lïK TIIRIIOIANNB KT U'IIESDIN PAft CH* Ht»» -QUI «T. BAT^II.I.Il. DE nBI»Tt,

Htsfens DV i-rtui'te ^n picaudik.

Suite des guerres entre Charles -Quint et Henri H. — L'empereur ^empare de Thi^rouaunp et d'ilesdîs '. — Le roi de France rassemble son urméo à la Fèreen-Tardenois; celte armée, dirigée sur la PicauTlîe, rcDcool» Irs troupes de l'empereur prè» de Runty.

..... Autlict Ueilty y eut des coups doaa^ des deux i:aQ)p.s Fung contFG l'aiiUre. et fut co combat appelé la joamée de Heaty. en laquelle plusieurs hommes furent tuez, aullres bien blessez, et les aultrfi!; prîiis prisonniers*. Munseigneiir le duc de Guyse, Françoys de lorraine, qui menoit l'avaQl-garde, fut jetlé À bas par quatre fois de dessus son cheval et À ta fm forl blessé, ayant UDg coup de JAnce au travers de la cuisse qui lardoîl sadite cuisse avec le cheval; toulosfoii. ne demeura arreslé, ains se saulva et ne fut prisonnier. Avec ledit seigneiu- de Guyse estolt le bastard de Monmoraiicy. fiU illégitime de monseigneur le connestable, qui, après avoir ver-

' Sur k prine de. Thérounnnc et d'Hw dia, voy. lc«CoiiimcnUitn-i>d(? Francis de Rabulin. (CoUect. Micliaud et PoujDuUt, I VII. i" afric. p. jiig et suiv. olDréMn, Chnn. lUiFlandrc fl li'Arloit ,mi.h\b\,'uup. fonds Gnigniérus, n' fifli, fui. 6147-667}

' La baUilk de Renty fut livrée lo i.^

HOiU iTtSA- (Vny. lu Mi'iHMiinu do S«aU. Tavann», ibH, callnct. Midiaud. L VIH , p. 189.] — M. Leroux du Liiii:y u |iublié. dans sou flecucU de Ciiautii biilcriijue» fronçniji, a'sério, p. ao3, unodiausoo «ur la bHlnilk de Itenty. Js n'ai pas retrouva le texte de celle que Cl. Ilnton cite plut loin

DE CLAUDE 1IAT(3N. 3

tueiisement combaUii, fut lue sur le champ; de la mort duquel ne 155'! furent fort niarrys les habilans de Provins, pour les grandes Insollences qu'il avoit faict en leur ville.

Monseigneur le conneslable, (jui conduisoil la bataille, fut taxé de n'avoir fa ici son debvoir à ladite journée, el esloil le bruicl par le camp et depuis par la France que, s'il eust faict son debvoir (remployer les gens de sa conduillo, renqicreiu- eusl esté prins |)ris()nnier. Car l'escadron dudit enq)erenr eslani rompu, commanroienl à fuyr en grand désordre, ce que bien véoit ledit conneslal)le, pour estre en ung lieu hault et fort a>an(ageux; mais, au lieu de courre sur eux el au devant pour les arrester et condjalnî, il se deslourna pour leur faire passage, qui lut cause de faire saulver renq;)ereur qu'il ne fui prins. Lequel enq)ereur, du grand dueil ([u'il avoit d'avoir perdu la journée, tomba en grosse maladie, dont il cuyda morir. Et fut faict par les Franroys une chanson de ladite journée au vitupère dudil empereur el son canip, de hupielle chascun couplet se termînoit ou reprenoit par telz molz : 0 Jehan Gippon et la royne de llomjrîe. Et pour lors, en France, on appelloit ledit enipereur Jehan Gippon, en manière de vitupère et liayne qu'on liiy pourtoit.

Depuis ceste journée de Ilanly, plusieurs personnes chargèrent rhonneur de monseigneur le conneslable, disant qu'il avoit esfé traître au roy et au royaume. Et en parloient principallement ceux qui veirent manier l'aflaire, lesquelz tenoient pour tout ceilain que ledit connestable avoit intelligence avec ledit empereur, et eust mieux aymé estre son prisonnier que ledit empereur eust eslé le sien; el depuis ce temps-là jusques à sa mort a esté taxé de ce crime, non du roy, car on n'en eust sceu mal dire à Sa Majesté, tant il la sçavoitblen enlretenir et faire croyre à ses dieux.

Plusieurs furent prins prisonniers à ladile journée, et des grans seigneurs de part et d'aultrc. De la part du roy, fut prins monsieui le niarcs^hal de la Marche, appelle monsieur de Sedan ^ et avec luy

* RoLj'iI ch- la Marck, IV'du nom, s'iU» dit qu'il l'ut prii à IIc>din, le; 18 juillet Fk'urançts, ne en i/|()0. Le P. Anselme i55G.

Cl MÉMOIRES inS4, monsiear de Momberan, appellû Roliert de Mombcron*, demourantl â Tourvoys, paroisse de Sordun-iez-lVovins, et plusieurs aultres*] Fran<;oy8. De la pari de l'empereur et des Bourguignons, fui aussi j prins prisonnier le duc d'Ajicot*, allomeal, grand seigneur, dont IftJ prinse resjouit beaucoup le roy et le royaume, car c'estoit TungdeSJ priocipaux gouverneurs du camp de l'empereur et des meilleurs J entrepreneurs qu'il eusl; de cette prinse cl de la journée gaugnée 1 lureut faïcti! k Paris feuz de joye, en ngne de grande allégresse el'l réjouissance. Peu de temps après, le duc d'Ascot fut attiené prison* nier à Paris et mis à la Baslillc, et depuis au chastcau de Vincdmej lez Paris , ou il fut jusques à sa fuilte

Plusieurs des provinces de France ne se sentent des guerres que parce qu'elles ^ sont obligties de fournir des farines et des pionniers. — Le bon ordre est prescrîM^ ef observé dans i'urméf du roi. Il ne se trouve pas un homme de guerre qui ose loger de force chcE les laboureurs ou prendre quelque chose sans l'avoir payé.

Les pauvres gens de Piccardie. depuis Soissons jusques aux frontières de Flandre, avoienl fort à faire, car ilz soustcnoîeot le faix de la guerre, et priucipâllement ceux des villages et villes de frontières, (jui furent conlraïnclz d'abandonner leurs maisons et pays et de se re-l tirer en ce pays, hommes, femmes et petits enfans, dosqueizonesloilj fort pitoiabIe^ uiesmu le roy, qui leur faisoit donner argent pour!

' Kolwrl de MonlbdTOn, scî^eur de Tinirvoye, lieulennnt Aft cent-siti*scR de la garde, niori le & iteplembre iS6i.

' l'hilippe, sire de Croy, troisième du nom, dur d'Arschut, pniicc de Cbtuuy, Diort en ■3^5.

' On lit dans un ntàiiDinï du M. Toill«ndicr (Ettratls des regialres du parlent, de Paris, nou», série, t, VI, p. 44a dei UiVmoin?! delà Soiriélédos Antiquaires de Frnncc} : i i55u. Il pnrait qu'nlors il existait à Paris un trèn-grnnd nombre de pauvres venus de Ticurdie el d'autre» prn.

vinces. Des coounissaircs étaient eluu^âs

de melire de l'ordre dans celle population 1 turbulente- Les pauvres domicilias k Paria' I élaicnl inscrits sur un ràlc dressé cmM chaque pnroisse, Il fut enjoint , le i d jan- 1 vier ib5a, h tous Ici nieudianls étranger^j de quitter U ville dans les trois jours, iT peine de prison et autres plus grande»1 pdnes;> et nillcnrs [p. 45i), sous la dataj de 1 557 : • Le.s pnys rnvngés par la gucirç I voyaient leurs habitants les nbandonncr tt-fl arriver en foule à Paris. H y eut, le 3 d^ j combrc 1 557, une urdunnain:e rendue par)] lo parlement pour que le diuianche * vani il se tînt k l'hôlol de *illc une assem-l

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vivre, quant ilz se présentoicnt à liiy, ainsi que je Fai veu de mes 155^ yeux; et navoit le roy rien en plus grand cnnuy que la misère de ces pauvres gens, pour le repos dcsquelz 11 désirolt fort qu'il pleust à Dieu luy donner la paix, pour laquelle avoir, souvent se rcconunandoit au peuple de France et l'exortoit de faire prière à Dieu de la lu) donner. Mais estoit contrainct par chascun an de relever les armes pour se defTendre contre ledit empereur, qui ne failloit de Tassaillir et le royaume par ledit pays de Picardie, combien quil empereiu' y eust tousjours du pire.

Voyant Fempereur qu'il perdoil son temps contre le roy de France, avec sa perte et courte honte, suyvant sa coustume quant il n'esloit le plus fort, demanda trêve au roy pom- trois ans, laissant les affaires on suspens touchant la guerre, durant laquelle trêve chascim jouyroit de ce qu'il tenoit et avoit conquis sur son ennemy, en attendant le moyen de faire la paix Tung avec l'aidtre; à quoy 1(î roy volunliers s'accorda poiu^ le repos des pauvres gens de Piccardic et pour l'honneur qui luy en dememoit, avec le proffit, car sa majesté avoit beaucoup plus sur le pays dudit empereur et ses alliés qu'il (ïmpereur et les siens n'avoient sur luy.

Les impériaux et les Français laissent dans les villes prises de fortes garnisons. — La guerre cesse en Piémont, où Henri II avait aussi obtenu des succès.

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