IMPRIMERIE IMPÉRIALE
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\utonint ace et froid. — Clorlét rclestcs dorant les noiti.
Hile et s^bereeae.
Le commenc«m«nt de l'hiver sec, avec petite gelée.
Vendanges aaseï copienses.
Groace gelée an commencement du moi* d'octobre.
Antomoe pluvieux.
Forte gelée.
Automne Ircs-plavienx. — Dchordemenls et inondations. — Vins racdiocrcs.
Un dragon en foo apparaît daua le ciel i la fia d'octobre.
rTïJ
INTRODUCTION
APERÇU DE QUELQUES DOCUMENTS INÉDITS QUI CONCERNENT L'HISTOIRB DES GUERRES CIVILES DU XVI^ SIECLE.
De nombreuses publications entreprises dans ces dernières années ont beaucoup ajouté à la masse de documents imprimés que la France possédait déjà sur l'histoire de la seconde moitié du XVI* siècle; d'autres sont annoncées et se préparent actuellement. La collection du ministère de l'instruction publique, qui a fourni à l'érudition des matériaux si précieux, renferme pour cette grande époque les Négociations et pièces diverses relatives au règne de François II, les Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle, les Relations des ambassadeurs vénitiens, les Actes des états généraux de la Ligue, les Lettres de Henri IV; la Société de l'histoire de France a donné la Correspondance de Marguerite de Valois, avec les Mémoires déjà imprimés de cette princesse; MM. Petitot, Buchon, Michaud et Poujoulat ont formé de nouveaux recueils de mémoires et journaux publiés ou inédits; enfin il a paru un nombre infini de pièces concernant le xvi* siècle, dans les Archives curieuses de l'histoire de France, dans les Mélanges de M. Cham-
11 INTRODUCTION
poUion-Figeac^ dans les Négociations dans le Levant de M. Charrière^, dans la Revue rétrospective (entre autres, un journal anonyme de l'an 1662), dans le Bulletin des comités historiques, dans les Histoires locales, dans les Mémoires des sociétés savantes de Paris et des provinces, dans les Revues protestantes, et particulièrement drfns le Bulletin de la société de l'histoire du protestantisme français, dirigé par M. Read, etc. Des éditions spéciales de mémoires et de correspondances ont en outre été données sur plusieurs points de la France. Je citerai : l'Histoire de ce qui s'est passé en Bretagne durant les guerres de la Ligue, par le chanoine Moreau ( 1 836) ; le Journal de Guill. ParOîdia, doyen de Beaujeu, pendant les années 1672 et 1673 (Lyan, 1837); les Mémoires de Jean de Vernyes, concernant la province d'Auvergne (i838); le Journal de Jean Migault, publié par M. deBray (i84o-i846); le Journal d'un bourgeois de Rouen, 4e i545 à i564, publié par M. And. Pothier (1842); le Récit de la Saint*Barthélemy à Troyes (1845); les Mémoires de Gérard Roussel, prédicateur de la reine de Navarre (éd. de M. Schmidt, i845, in-8**); le Journal de Guillaume et de Michel Leriche, avocats à Saint-Maixent (1846); les Mémoires de Pontus Payen, et d'autres relations de ce qui s'est passé à Arras pendant les troubles (édition de M^ Achmet d'Héricourt, 18 60);. le Journal de Pierre Fayet, sur les troubles de là Ligue ( 1 8 5 2 ) ; le Diaire du ministre Merlin , pasteur de l'église de la Rochelle, publié par M. A. Crottet; la Réforme dans leCambrésis, au xvi*" siècle, manuscrit publié et annoté par M. G. L. Frossard (i855), etc. A côté de ces divers ouvrages se placent : les Lettres et instructions de Marie Stuart, recueillies par M. le prince de Labanoff (i844); la
' Collection du ministère de l'instruction publique citée plus haut.
* INTRODUCTION. m
Correspondance de Charles IX et de Mandelol , gouverneur de Lyon, au sujet de la Saint-Barthélémy (i83o); les Lettres latines et françaises de Jean Calvin» mises au jour par M. Jules Bonnet, etc. Des renseignements intéressant la FrandI au xvi*' siècle ont aussi paru à l'étranger : le Levain du calvi- Aisme, de sœur Jeanne de Jussie, religieuse de Sainte-Claire-de- Genève (Genève, 1 853, in-8'') ; la Correspondance diplomatique de Salignac-Fénelon , ambassadeur de France en Angleterre, de 1 568 à iSyô, faisant partie de la collection formée sous la direction de M. Ch. Purton-Cooper (i838).; les Recueils de lettres et les mémoires historiques, donnés en Belgique par MM. Gachard, Polain, Kervyn de Lettenhove, etc.
Néanmoins des pièces de tout genre, correspondances politiques ou militaires, lettres intimes, actes judiciaires, poésies, voyages, mémoires et journaux, doléances des trois états, ordonnances, procès- verbaux, actes municipaux, gisent encore dans les dépôts publics et dans les bibliothèques particu- ^ Hères, et beaucoup d'entre elles pourraient avec fruit être imprimées. Pour ne parler que de la Bibliothèque impériale, cet établissement possède dans les volumineuses collections Dupuy, Béthune, Brienne, Fontanieu, Bréquigny, Lancelot, Saint-Germain-Harlay , Saint- Germain français, Gaignières, dans la collection de Lorraine, etc. un nombre prodig^ieux de lettres autographes et de copies de lettres de la plupart des personnages qui ont joué un rôle pendant la durée du xvi* siè- ^ -- — cle.|jes mémoires inédits sont moins nombreux; mais quelquesuns présentent un vif intérêt pour Thistoire des moeurs et fournissent des détails précieux sur nos troubles civils et religieux à Paris et dans les provinces. Voici une liste de ceux dont j'ai pu constater lexistence pour la deuxième moitié du xvi^ siècle. Cette liste serait sans doute augmentée d'une manièréliotablepar
IV INTRODUCTION
des recherches plus minutieuses que celles que j'ai été à même de faire, et qu il faudrait pousser j usque chez les particuliers. D'autre part, je puis m'être trompé dans la qualification d'inédits llonnée à certains manuscrits; on sait combien les constatations à cet égard sont difficiles, et l'on voudra bien, j'espère, me pardonner quelques inexactitudes, si j'ai eu l'heureuse chance de faire connaître des documents nouveaux.
Registre contenant mémoyres de plusieurs choses mémorables et non vulgaires, advenues tant au Parlement de Paris qu'en divers lieux de France depuis le moys de novembre 1560. (Bibl. imp. coUect. Dupuy, vol. 3 Cl.) L'ouvrage occupe dix-neuf pages. L'auteur est un avocat au parlement. Son récit commence à l'an 1 56o et s'étend jusqu'au i*^ novembre iSSg.
Mémoires de François Grin, natif de S^-Quentin, moine de f abbaye de S^-Victor de Paris. (Bibl. imp. fonds S^-Victor, n** 1019, in-4**-) Ce manuscrit remplit quarante-trois feuillets. L'auteur y a relaté les principaux événements arrivés entre lôô^etiôyo, et tout ce qui s'est passé de remarquable dans son couvent, pendant cette période de temps. Le titre de l'ouvrage est : S' ensuy vent plusieurs actes rédigés par manière de cronique, advenus depuis le jour de Pasqtes Van mil cinq cens cinquante-quatre.
Histoire de la Rochelle, depuis l'an 1199 jusques en 1575, par Amos Barbot, escritte de sa main. (Bibl. imp. S*-Germain français, n** 1060, 2 vol. in-4**.) L'ouvrage est dédié à l'échevinage de la Rochelle. Le deuxième volume' commence en 1 55o.
Choses notables qui semblent dignes de l'histoire, advenues aux premiers troubles, et qui peuvent être adjoustées aux discours qui en ont esté escrits, 1562-1676. (Bibl. imp. collection Fontanieu, vol. 3o3-3o4.) On trouve dans ce recueil quelques notions sur la Saint-BrfKhélemy.
INTRODUCTION. v
Discours sommaire de ce qui est succédé en la guerre que le roy, souhz la conduite de mons. le duc d'Anjou y son frère et lieutenant général, a eue contre ses subjectz eslevés, depuis la fin du mois daoust 1568 jusqu'en novembre 1569. Cet ouvrage, dont l'auteur, bon catholique, paraît avoir pris une part personnelle à la guerre qu'il raconte, commence ainsi: « Sur les certains advis venuz «au roy estant à la Roquette, près Paris, sur la fin du mois « d'apust i568, de la soubdaine eslévation de ses subjectz de « la religion nouvelle, avec armes descouverles, soubz la con-
« duite du prince de Condé, admirai, Andelot et aultres »
et se termine après l'édit de pacification du 8 août 1670.
La Bibliothèque impériale possède deux manuscrits du Discours • sommaire : le premier, n° 1209 Sorbonne, petit in-4** de cent dix-sept feuillets non paginés (il est incomplet et s'arrête à la bataille de Jarnac, i3 mars iôôq); le second, in-4% fonds franc. n° io336-2 [olim Baluze). La signature Gassot, avec un paraphe, que l'on trouve plusieurs fois répétée dans les deux manuscrits, paraît n'être celle ni de l'auteur, ni du copiste, mais celle du propriétaire. On y voit aussi le nom de Florimond Robertet, avec une devise.
Le récit de la guerre de i568 et iSôg, qui fait partie des Mémoires de l'Estat de France, t. III, diffère de celui des manuscrits Sorbonne et Baluze. Je n'ai pu me procurer, pour en faire la comparaison , un opuscule imprimé qui a pour titre : Mémoire de la IIP guerre civile et des derniers troubles de France sous Charles IX.
Mémoires de Jacques de Germigny, ambassadeur de Henry III près de la Porte, lôyg-iSSA- Cet ouvrage manuscrit, conservé dans la bibliothèque royale de Munich, a été signalé à la Société de l'histoire de France (séance du 7 mars i836).
Discours particulier, où est amplement descrit et blasmé le mas-
VI INTRODUCTION
sacre de la S^- Barthélémy. (Bibl. imp. S^-Germain fr, n** 986, et S*- Germain-Harlay, n"* 82 4, vol. 1160; bibl. du Louvre, collect. Bourdin. ) C'est un mémoire adressé aux princes protestants, pour leur faire connaître les circonstances et les auteurs de la Saint-Barthéleray. Le récit du massacre est précédé de celui des événements politiques qui se sont accomplis en France depuis la conspiration d'Amboise, avec des détails biographiques sur Catherine de Médicis, des réflexions morales, des exenjples tirés des écrivains de l'antiquité, et un exposé de la situation de la France après la Saint-Barthélémy. La partie qui concerne spécialement ce grand fait a été publiée sous le titre de : le Tocsin contre les massacreurs.
Mémoires du marquis de Beauvais-Nangis , sur les règnes de Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XII L L'auteur, Nicolas de Brichanteau, marquis de Beauvais-Naûgis , le même auquel on attribue l'Histoire des favoris français depuis Henri II, adresse ses mémoires à ses fils, et les fait remonter jusqu'à son père, Antoine de Brichanteau. Cet ouvrage historique a été signalé par le P. Anselme; un passage, relatif à Tassassinat des Guises, a été imprimé dans le Bulletin de la société de l'histoire de France, i845, p. 285. Le manuscrit des Mémoires de Beauvais appartient à M. de Monmerqué; la publication en a été proposée à la Société de l'histoire de France (Bulletin de 1 845 , p. 1 74) , qui l'a décidée [id. p. 1 80) , et l'a confiée à M. de Monmerqué.
Histoire de France du président Montagne. (Bibl. imp. S*-Germain franc, n*" 46, in-fol.) L'histoire de l'Europe, de Jacques de Montagne, qui s'étendait de 1 56o à 1 587, formait plusieurs volumes, aujourd'hui disséminés ou perdus. Celui-ci comprend le troisième livre, qui commence au sacre de Charles IX.
XIV* livre de Ihistoire de l'Europe, contenant un registre touchant
INTRODUCTION. vu
rélection de Henri III, roy de Pologne (Bibl. imp. S*-Germain fr. n** 1 39 1 , petit in-folio de 1 70 feuillets,) Dans le catalogue de la bibliothèque, cet ouvrage est mis sous le nom du président de Montagne. On lit en tête : « Tout ce volume est bien curieux. * « S'il manque quelque chose à l'entière déduction de cette «grande a£Paire, on le pçiit trouver communément dans les « autres autheurs du temps et divers mémoires qui ont esté «dressez à ce sujet. C'est dommage qu'il y manque deux « cahiers, qui contiennent partie des cérémonies et magnifi- « cences qui luy furent faites par le duc de Mantoue (fol. 1 3 1 ). « — Le détail de ce que ce roy fit en Pologne et des menées « qui se firent contre luy, quand il fut party, pour le dépos- « séder, est tout particulier, — comme aussy tout ce qui se « fit aUx comices ou diètes pour eslire ftn autre roy, — et le « voyage de Despesses. »
Histoire des choses advenues en Flandre pendant les années 1565 et 1566, et Discours du siège de Malte par les Musulmans. (Bibl. inip. S*-Germain franc, n** ^7» in-folio.) C'est un volume de l'ouvrage du président Montagne.
Histoire de nostre temps de ce qui est advenu à Paris depuis le ix de may 1588. (Bibl. imp. fonds fr. n** 2840-2 , olim Delamare.) Ce morceau commence ainsi : «Le seigneur duc de Guise, prin- « cipal chef et protecteur de l'église catholique et de la Ligue, « estant adverty que le roy vouloit faire exécuter, ainsi qu'esa toit le bruit commun, des principai^lx citoyens de ladite ville «qui estoient de ladite Ligue, arriva en la ville de Paris le « IX de may (jour de S^-Nicolas) en poste, accompain seulement
«de neuf chevaulx » Le récit s'étend jus^'au mois d'oc^
tobre iSgo. Il se termine ainsi : « Ne fault oublier que, depuis «le IX de may que décéda Charles, card. (Je Bourbon, reco- «gneu pour roy par çeulx de l'Union, l'on feist tousjours
viiî INTRODUCTION.
«parler ledict Charles aux arrestz de la court et lettres de et chancellerie, et ce jusques au xviii® de novembre iSgo, que « l'on commencea à dire les gens, la court de parlement et les
« gens tenans la chancellerye et scelloit-on du sceau de
« France. » — Le même volume contient : Faictz et gestes y depuis la mort du roy Henry II jusques en /'« 1569, recueillis lapluspart des registres du parlement de Paris. « ,
Discours abbrégé et Mémoires d'aulcunes choses advenues tant en Normandye que en France, depuis le commencement de ïan 1559 et principallement en la ville de Rouen. (Bibl. imp. f. fr. n** loSgo-ô.)
Journal de Jacques Cornet, bourgeois d'Amiens, sur les troubles de la Ligue; conservé dans la famille Cornet, à Amiens.
Journal de la ruine de S^-Crespin-le^Grand, de Soissons, par les huguenots. Ce journal a' esté escript par D. Nie. ÏEspaulart] prieur dudit monastère et curé de Cœuvres, qui estoit présent et a vu ce quil a écrit. (Bibl. imp. collect. de D. Grenier, vol. XXXIV, 6* paquet, n^ i.) C'est sans doute le même ouvrage que celui qu'on trouve indiqué dans la Bibliothèque historique de Le Long et Fontette, sous le titre suivant: i8oo3. Histoire de Iq surprise, de la ruine et incendie de la ville de Soissons, arrivée le jour de S^'Côme et S^-Damien le 27 septembre 1567, par l'armée des religionnaires, et de tous les environs. Cette histoire (in -fol.) est conservée dans la bibliothèque de M. Jardel, à Braine. MM. Henri Martin et P. Lacroix ont analysé en quelques pages le journal de Jean l'Ëspaulart dansjeur histoire de Soissons, tome II.
Recueil mémorable d'aulcuns cas advenus depuis ïan du salut 1572, tant à Beauvais qu'ailleurs. Une notice sur cet ouvrage manuscrit a été donnée par M, Fabrignon, dans les Mémoires de la société des antiquaires de Picardie, t. V, p. 3i5. D'après cette notice, le manuscrit du Recueil mémorable a été trouvé dans la bibliothèque de M. Lemaréchal, mais il appartient à la
INTRODUCTION. ix
famille Borel, et fait partie de la bibliothèque dû château de Bachivilliers. C'est un in-4** de cent un feuillets, d'une écriture de la fin du xvV siècle. Le récit s'étend du commencement de l'année 1578 à l'année iSgS.
Journal de l'avocat fFagnart, sur les faits du xvi'' siècle. (Bibl. communale d'Abbeville.)
Chroniques de Flandre et Artois, par Louis Bresin. L'auteur, né le 10 octobre 1619, dans la paroisse de Vandringhem, châtellenie de Saint-Omer, commença à l'âge de quarante-quatre ans la rédaction de ses chroniques, qui s'ouvrent à la naissance du monde et s'étendent jusqu'à l'année 1571.
Le manuscrit original occupait trois volumes in-folio; le premier s'arrêtant à l'an i4o5, le second à l'an 1482, le troisième à l'an 1570. La Bibliothèque impériale possède (fonds Gaignières, n** 684-2) le troisième volume, qui avait été mentionné dans la Bibliothèque historique de Le Long et Fontette sous le n** 88974. H est divisé en deux tomes, dont la pagina-^ tion se suit et qui renferment ensemble huit cent quatre-vingtdouze feuillets. Le titre est : Le tiers volume du recueil des croniques de Flandres et Artois, commençant l'an mil quatre cens quatre vingtz et deux, continuant jusques l'an mil cinq cens septante, par Loys Bresin; avec la devise : Tout pour bien. L'écriture est fine et d'une lecture assez difficile. Les têtes de lettres sont coloriées et on trouve intercalés dans le texte des armoiries en couleur, des portraits, des costumes, des vues de villes, des cartes, des plans de batailles gravés au xvi*^ siècle.
D'après une lettre de Chifllet, qui est jointe au premier tome et qui est datée de Bruxelles le 26 juillet 1628, le deuxième volume était alors en la possession de M. Wilters, avocat; on ne savait ce qu'était devenu le premier. Ces deux tomes ont été depuis dans les mains, le premier, de Ferry de
X INTRODUCTION
Locres; le deuxième, de D. Castellain, de Saint-Omer. Les chroniques de Bresin ont été souvent citées par les historiens de la Flandre. M. Piers les a décrites dans le Bulletin de la société de l'histoire de France, avril i836, p. 19.
Récit de ce qui est advenu de plus digne de mémoire depuis l'an 1500 jusqu'en 1585, par Jean Ballin, religieux de Clairmarais-lez- S^'Omer. (Bibl. de la ville de S*-Omer, n** 799.) Cet ouvrage contient des détails intéressants sur les séjours de Charles- Quint à Saint-Omer, sur la destruction de Térouanne, etc. Jean Ballin en data de son petit verger, 28 novembre i585, le prologue au lecteur. Le P. Le Long le mentionne comme se trouvant dans la bibliothèque du chancelier d'Aguesseau. Ch. de Vich, dans sa Bibliothèque de Cîteaux, et Sanderus, disent que Ballin avait écrit une histoire depuis le commencement du monde jusquen 1699. La bibliothèque de Mons possède un volume de Ballin s' étendant de 1 5oo à 1 585. ( Voy. une notice de M. Piers, dans le Bulletin de la société de l'histoire de France, i836, p. 17.)
Histoire des troubles d'Arras, de 1577 à 1579, par Vallerand Obert (Bibl. imp. Suppl. fr. n"* i442.) Cette histoire occupe cent vingt-sept pages.
Mémoires dAubery du Maurier, secrétaire de Henri IV, mort en i636 à soixante et dix ans. Des manuscrits de ces mémoires se trouvent à la bibliothèque de Poitiers et chez un membre de la famille de du Maurier. On peut consulter : Aubery du Mau-rier, étude sur l'histoire de la France- et de la Hollande, i566i636, par M. Ouvré. (Paris, Durand, i853, in-8^)
Extrait du journal de M. Pierre de Tisseulh, chanoine de t église de Limoges, que m'a preste M. Bertrand, chanoine de la même église. (Bibl. imp. collect. Gaignières, vol. 186, fol. 172 v**.) Les mémoires de P. de Tisseulh s'étendent de 1539a i568.
introduction: xi
Annales manuscrites dissoire. (Voy. les renseignements donnés par M. Chasteau-Dubreuil dans les Annales scient, littér. et industr. de l'Auvergne, iSSg, t. XII, p. 55o.) Une copie de ce manuscrit faite par Dulaure, d'après deux autres textes assez imparfaits, a été achetée par la ville de Clermont, en i835. Dulaure pense que les Annales d'Issoire ont pour auteur un nommé Julien Blauf ; d'autres les attribuent à Pierre Charrier. C'est un récit sans prétention , où l'on trouve des détails sur les usages, les mœurs, les particularités de la ville d'Issoire au XVI* siècle. M. Chasteau-Dubreuil s'est servi des Annales manuscrites d'Issoire dans ses Guerres religieuses d'Auvergne. [Annales scient littér. et industr. de t Auvergne, 1889, t. XII, p. 3o5.)
Mémoires sur les troubles et massacres survenus dans la ville de Gaillac, en 1562, par le chanoine Blouin. Cet ouvrage, en vers burlesques, est possédé par M. Descombettes de la Bourelie» à Gaillac, qui en a proposé la publication à la Société de l'histoire de France, [Bulletin, t. I, 1 834-35, p. 167.)
Mémorial perpétuel de plusieurs choses advenues à cause des guerres civiles de ce royaume de France et de ce qui particulièrement est advenu en Dauphiné, et notamment en notre pauvre ville de S^-Antoine-^en-^Viennois [recueillies par moy Eustache Piedmont, notaire royal dalphinal de la ville de S*- Antoine) ^ etc. 1562''1608. (Bibl. imp. Suppl. franc, n*" 4864» deux vol. in-fol.) C'est une copie exécutée par les ordres de M. de Fontanieu, qui fut intendant du Dauphiné, de 1724 à 1740. On ne sait ce qu'est devenu l'original, après la mort, arrivée en 1745, de M. Melchior Piedmont, avocat au parlement de Grenoble, petit-fils de l'auteur. Une copie que fit faire le P. Nicolas-Louis Hussenot, en 174^9 d'après le manuscrit communiqué par M. Melchior Piedmont, et qui fut déposée aux archives de l'abbaye de Saint-
XII INTRODUCTION
Antoine, est entre les mains des héritiers de M. Mermet, auteur d'une histoire de la ville de Vienne.
Le Mémorial d'Eustache Piedmont s'étend de 1662 à 1608, qui est probablement la date de la mort de Tauleur; mais de i562 à 1672, tout se réduit à un abrégé très-sec en quelques pages. L'ouvrage offre, du reste, un récit curieux des guerres civiles et religieuses en Dauphiné, en Languedoc et en Provence; les faits généraux y sont à peine mentionnés. Chorier s'en est beaucoup servi pour la rédaction de son Histoire générale du Dauphiné. (Voyez la Bibliothèque historique de la France, n** 87959; la Bibliothèque du Dauphiné, de Gtiy- Allard (1798, in-8*'); une notice de M. OUivier Jules dans le Bulletin de la Société de l'histoire de France (i835, t. II, r*" partie, p. 116), et les Mélanges, publiés par M, Champollion-Figeac (t. I, p. 2 58).)
Commentéres du s'' du Virailh des guerres de Provence, depuis r année 1585 jusques à l'année 1596. (Bibl. imp. Suppl. fr. n*^ 1 5 1 3.) Il existe un second exemplaire des Mémoires de du Virailh, à Aix, et un troisième entre les mains de M. de la Plane, à Sisteron. Dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale, les mémoires sont précédés d'une vie de «Caïus du Virailh, gentilhomme provenssal, recueillie de plusieurs autheurs et des registres publiques et particulliers de Provence, par Artus Béraud, avocat de Sisteron, l'an 1600. » Caïus du Virailh est mort à Vallée, le 10 juin i64i. La notice qui concerne son ouvrage et sa personne, dans le P. Le Lon^,. fourmille d'erreurs. Le premier livre des Commentaires commence en 1 585, le deuxième en 1587, ^^ troisième en 1592. Papon a fait des emprunts aux Commentaires de du Virailh pour son Histoire de Provence. (Voy. préfacedu tome IV, p. 5, ainsi que M. de la Plane, Histoire de Sisteron, p. 1 1 ^ et suiv.)
INTRODUCTION. xm
Mémoires de Batailler sur les affaires du Languedoc, en i585. (Bibl. imp. Suppl. fr. n*" 274, de la page 409 à la page 5i4.) L'auteur, qui s est occupé particulièrement de la ville de Castres, cite des vers composés par lui pour l'entrée du roi de Navarre à Castres, en i585.
Journal des guerres civiles du Languedoc, de i56o à lôgS. (Bibl. imp. Suppl. fr. n** 274, p. ^29 à 586.) Le journal de Faurin, que contient le même volume, a paru dans le recueil du baron d'Aubais.
Guerres du comtat Venaissin, deuxième partie, i572-i58o. (Bibliolh. imp. Supplém. franc, n** 274, de la page 697 à la page 707.) L'auteur, sous l'année 1678, donne l'épitaphe de sa femme, Magdalena de Pane, morte le 24 octobre. Là il s'arrête et déclare son livre terminé; puis il reprend le récit en 1579.
Mémoires du sieur Jaques Gâches, où sont raportées les choses les plus mémorables qui se sont passées en Languedoc et particulièrement à Castres et ez environs depuis tannée 1555. (Bibl. imp, fonds fr. n*" 7879-6, olim Cangé, manuscrit sur papier, de 626 feuillets plus une table, et Suppl • fr. n** 274, p. 193-389.) La bibliothèque de la ville de Castres possède le manuscrit autographe. Il existe une copie dans les mains de M. Descombettes de la Bourelie, à GaiUac, qui a offert, en i835, la publication de l'ouvrage à la Société de l'histoire de France. [Bulletin, t. I, 1 834-35, p. 167.) On en signale aussi une copie comme appartenant à M. Choubard.
Jacques Gâches, né en i553, mourut en 1612; il était protestant. Ses mémoires commencent en i555 et s'étendent jusqu'en 1610. (Voyez Gâches et ses Mémoires, par M. Casimir Raffy (1845, in-8*' de 4o pages), la Biographie universelle, supplément, et la Bibliothèque historique de la France, n*^ 37793.) La Faille (préface du tome II de l'Histoire
XIV INTRODUCTION
de Toulouse) dit qu'il s en est servi. D. Vaissèle (voy. Hist. du Bas-Languedoc, préface, t. V) les a connus et utilisés.
Mémoires de Thomas et de Gaspard Gay. Les deux frères Gay, protestants de Die, prirent part aux guerres religieuses du Midi, sous Montbrun, Lesdiguières, etc. Thomas mourut en i586, à quarante-deux ans; Gaspard vécut quatre-vingt-six ans. Il avait été député à Lyon , auprès de Henri IV, pour représenter les intérêts de la ville de Die. Les Mémoires de Thomas Gay, entremêlés de complaintes et de chansons, sont aujourd'hui en partie perdus. Des fragments du manuscrit et les Mémoires de Gaspard Gay sont en la possession de M. Long, qui en a fait usage dans son livre : La Réforme et les guerres de religion en Dauphiné (i856, in-S**).
Journal de M. Desdiguières. (Bibl. imp. fonds fr. n** 9264-3, olim Colbert.) Sur la garde on lit : « Journal des guerres faites par M. Desdiguières, escrit par M. le président de Calignon. » S. de Calignon, diplomate, président de la chambre de Tédit au parlement de Grenoble, chancelier du roi de Navarre, un des rédacteurs de Tédit de Nantes, mourut en 1606, à Tâge de cinquante-six ans. Il avait sans doute fait partie de la suite de Lesdiguières, que dans plusieurs endroits il appelle simplement monsieur ou monseigneur. Le manuscrit commence à la prise de Chorges, le 28 juin i585, et s'étend jusqu'en 1600. On y trouve plusieurs lettres écrites à Calignon par M. de Cèves.
Journal de Jean Glaumeau. (BibL imp. cabinet des titres, fonds de d'Hosier, n** 376, cahier oblong en papier, dont il manque plusieurs feuillets.) Ces mémoires concernent particulièrement la ville de Bourges. Ils commencent à Tan i52 4 et s'étendent jusqu'à l'an i562, inclusivement. L'auteur, né à Nohan-le-Ferron, en Touraine, le 27 septembre i5i7, se fit prêtre, devint semi-prébendé à Moyen-Moutier de Bourges,
INTRODUCTION. xv
et se convertit au protestantisme, en i562. J'en ai donné une analyse avec des citations assez nombreuses dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France, 3* série, t. II.
Mémoire de ce qny est advenu de ïan 1557 à ïan 1590. (Bibl. imp. fonds français, n'' 991 3).
Minute de ce (jui s'est passé à S^-Malo depuis 1590jusquen 1592 (Bibl. împ. 99 1 3-5, olim Lancelot, in-f" papier.) Cest un brouillon, raturé et interligné en beaucoup d'endroits. Le récit commence aux derniers mois de 1 Sgo et s'arrête à la fin de mars 1 593 . Il est entremêlé de réflexions politiques et de pièces, dont plusieurs sont indiquées par les premiers mots seulement et laissées en blanc. Il est divisé en livres : le livre III commence avec l'année 1692. En têle du livre II on lit : L'histoire de la ville de S^-Malo pendant les troubles.
Extrait d'un livre manuscrit de M. de la Mahonnard, advocat à S^'-Malo. (Bibl. imp. Blancs-Manteaux, n** 44.) C'est une copie moderne. Le récit commence au mois d'avril 1678, à l'époque de la mort de M. de Bouille, gouverneur de Saint-Malo, et s'arrête au mois de mai 1591.
Journal d'un maître d'école de Château-G iron , près Rennes, sur les événemens de la Ligue, conservé dans la bibliothèque de Rennes. (Voy. le Catalogue de la bibl. d« Rennes, par M. Maillé.)
Chronique sur le Langon (bourg près Fontenay-le-Comte) , contenant des détails sur les guerres civiles du xvi* siècle. Cette chronique est possédée par M. Poey d'Avant. (Voy. le Bulletin de la Société de l'histoire de France, séance du 7 mars i836.)
Journal du secrétaire de Philippe du Bec, évêque de Nantes et archevêque de Reims, de 1588 à 1605. (Bibl. imp. fonds franc. io328-5, olim Colbert, 127 pages.)
Chroniques et journal de Metz, par Jean Bauchart. (Bibl. imp. Suppl. n° 1993.) Le récit est en vers jusqu'en i535; et en
XVI INTRODUCTION
prose, de i535 à 1666. Le commencement manque. Les vers sont détestables à tous égards. On trouve un autre texte de la chronique en vers, mais moins complet, à la Bibliothèque impériale, n** 10892, ancien fonds jfranç.
Mémoires sur l'histoire de France, de 1585 à 1618. (Bibl. imp. Suppl. franc, n** Sg^.) C'est d'abord la chronique de Metz, en vers; puis des continuations en prose de plusieurs dates et de plusieurs auteurs. Il y a une partie concernant les événements du XVI* siècle, qui a de l'intérêt.
Mémoire du sieur Balthazar Guillernie, conseiller secrétaire de S. A., anobli en octobre 1689, P^^r servir à l'histoire de Lorraine, depuis i58o jusquesen 1628. (Bibl. imp. Suppl. fr. n« 65i.)
Discours en abrégé des guerres civiles de la France, depuis Tannée 1560 jusguen 1590, souhz et pendant les règnes de François II, Charles IX, Henry III et Henry IV, « où il se trouve des choses particulières et dignes de la connoissance des personnes qui ont curiosité de savoir la vérité de l'histoire de ce temps-là, l'origine et la suite de nos troubles, et les artifices avec lesquels estoient conduits et maniés les desseins des chefs de différens partis. » (Bibl. imp. anc. fonds fr. n** 89^8, p. 20; Fontanieu, vol. 296.)
Mémoires de plusieurs choses^emarquables arrivées en Bourgogne, depuis le 2 de janvier 1593 'juscjues au 30 décembre. (Bibl. imp. fonds franc, n*" 10896-6, olim Delamare.) Ces mémoires, d'une écriture difficile, occupent environ deux cents pages. Le récit est très-dé taillé.
Mémoires du f de Villars-Houdan, capitaine ligueur. 1598- 1 595. (Bibl. imp. 5oo de Colbert, n** 3 2 , et Fontanieu, vol. 4 2 4 )
Mémoires de Joseph Panier, bourgeois d'Auxerre. — Mémoires d'Edme Panier, frère de Joseph et marchand à Auxerre. — Mémoires de Joseph Félix, marchand à Auxerre, L'abbé Le-
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beuf, dans son Histoire de la prise d'Auxerre par les huguenots (1728, în-8**), page 2, dit qu'il s'est servi de ces trois ouvrages et qu'il a tiré parti d'une copie des Mémoires d'Edme Panier, faite et augmentée, en i643, par Philippes Bezanger, et des manuscrits du sieur Louis Noël , notaire apostolique et chanoine d'Auxerre, qui avait eu un oncle, chanoine, témoin des ravages des huguenots, etc.
Mémoires de J. Pnssot (bibl. de la ville de Reims). Un fragment des Mémoires de J. Pussot, zélé ligueur rémois, a été publié par M. Louis Paris, dans son Remensiana, pages 2.67 et suiv. C'est le même que le P. Le Long appelle Jehan Piessot.
Recueil de maistre ****, grejffier à Bar-sur-Seine, des choses les plus mémorables advenues en ce royaulme depuis l'an 1582 jusques en tannée 1595, manuscrit in-4'*> sur papier. Ce manuscrit était, en avril i853, en la possession de la veuve de M. Fleury, orfèvre à Bar-sur-Seinc.
Mémoires de Lenfant. Ce journal, écrit par Nicolas Lenfanl, procureur au bailHage et siège présidial de Meaux, commence vers l'an i56o; il renferme des particularités intéressantes sur l'histpire de la ville et du diocèse de Meaux dans la seconde moitié du xvi* siècle. L auteur, qui mourut en 1 607, a été témoin oculaire de la plupart des faits qu'il raconte. Toussaint-Duplessis a mis à profit les Mémoires de Lenfant pour son Histoire de Téglise de Meaux. En les indiquant (t. I , p. 352), il dit que l'original est perdu , que plusieurs copies ont couru à Meaux , et qu'il s'est servi de celle qui était conservée au monastère de Saint- Faron. Deux exemplaires de cet ouvrage existent aujourd'hui à Meaux, Tun à l'évêché, l'autre dans les papiers de feu M. Dassy.
Relation de plusieurs faits d armes accomplis en [i589], par
. Poictevin, président au présidial de Provins, avec une lettre à Henri III, du 26 juillet 1589. (Biblioth. imp. collect. Dupuy,
XVIII INTRODUCTION
vol. 87, fol. 293 r"* à 298 ^^) On y trouve des détails sur la journée de Senlis, l'invasion du marché de Meaux, la défaite de Bar-sur-Seine, etc. L'auteur faisait, dans ces circonstances, partie de l'armée royale.
Mémoires de ce qui estait advenu, les guerres passées, es provinces ' et armées dont monseigneur le prince de Conty a eu le commandement pourle.feu roy. 1589-1590. (Biblioth. de l'Arsenal, n** 176, in-fol.) L'ouvrage occupe 34 feuillets dans le volume.
Mémoires de Claude Haton, curé du Mériot [1553-1582). Le texte de ce dernier ouvrage , le plus considérable parmi ceux que je viens <ie mentionner, va voir le jour pour la première fois. Je ne puis le présenter au public sans le faire précéder de notices qui lui servent en quelque sorte de passe-port. Ces notices seront de deux natures : une biographie de l'auteur; une analyse du livre, avec des détails sur l'esprit dans lequel il est conçu, sur la condition matérielle du manuscrit, etc.
La vie des hommes qui ont écrit l'histoire de leur temps, des chroniqueurs, comme on les appelle, excite dans les âges suivants une curiosité toute particulière. Cette vie, dont ils entremêlent presque toujours quelques circonstances au^ récit des faits extérieurs, explique et éclaire, pour ainsi dire, tout K reste; elle sert à reconnaître le point de vue auquel le narrateur s'est placé. Claude Haton n'est guère connu que par les mémoires qu'il a rédigés, et par son testament, conservé avec eux. Je n'ai trouvé que très-peu de renseignements sur sa personne dans les documents contemporains, et les écrivains peu nombreux qui l'ont cité dans ces derniers temps ne m*ont fourni aucune indication. C'est aux Mémoires mêmes qu'il faut demander des renseignements sur leur auteur, et c'est en rassemblant ces mentions éparses que j'ai pu composer de lui une sorte de biographie.
INTRODUCTION. xw
L'époque que Claude Haton a traversée est une des plus agitées, des plus dramatiques et des plus fécondes de notre histoire. L'art élégarit de la renaissance, secouant la poussière du moyen âge, élève des temples et des palais, sculpte ou peint des figures qu'inspire l'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité; la Réforme étend de tous .côtés ses conquêtes et menace de soumettre la Frtmce entière; une lutte sanglante s'établit entre la religion traditionnelle et les nouvelles doctrines; Tesprit d'association s'éveille, des tendances démocratiques se montrent tour à tour chez les protestants et chez les ligueurs
Voilà en présence de quelles merveilles, de quels efforts, de quelles misères Claude Haton a vécu; voilà ce qu'il a vu, ce qu'il a raconté du fond d'un village ou d'une petite ville de la Brie. Le besoin de faire parler de soi n'enflait point alors les phrases des bourgeois, des ecclésiastiques collecteurs d'annales; ils consignaient pour eux-mêmes, pour leurs amis, pour leurs familles, le récit des faits contemporains avec un esprit dégagé de ces préoccupations que la vie littéraire fait naître. Certes, quand il couvrait de son écriture nette et facile les nombreux feuillets que le temps nous a conservés comme par mégarde, le pauvre curé du Mériot n'imaginait pas que son livre, modeste fruit des loisirs du* presbytère, serait, après des siècles, étudié, copié, commenté, et que son nom vivrait répété par ces presses toutes-puissantes dont il avait admiré les premiers produits.
INTRODUCTION
' iéc^tU'^
Cl^de Halon naq^t dans le courant de l'année ibZk^, au village de Melz-sur-Seine, arrondissement de Provins, canton de Villiers-Saint-Georges^. Il paraît avoir appartenu aune famille de cultivateurs aisés. Ses Mémoires, dont nous ne possédons pas le commencement, n'offrent aucune indication qui se rapporte d'une manière positive aux dix-huit premières arinées
' L*édition des Mémoires de Cl. Haton ne reproduisant intégralement qu*une parlie du texte, je me vois obligé de citer le manuscrit. La table permettra de retrouver, dans Timprimé, le fond ou l'analyse des passages indiqués ici.
' Il dit dans son testament, daté du 28 janvier i6o5, qu'il était alors âgé de soixante et dix ans, passés et accomplis. — Dans ses Mémoires , en parlant d'une éclipse de soleil survenue en 1 54 1 « et d'un enfant à sept têtes dont on promena l'effigie à la même époque , il s'exprime ainsi : « Et pour ce que lors j'estois si jeune que je ne prenois gacde aux affaires pour les sçavoir retenir, joinct que pour lors je n'eusse sceu lire, je n'ai retenu où avoit esté né cest enfant • (fol. 766 v"). (Voyez aussi au fol. i35 v*, et au fol. 101 1 v% où l'on trouve ces mots : « Depuis Tan 1 54o , que j'ai commencé à avoir cognoissance sur la terre. »)
^ Mémoires, fol. 398 r* et 3i2 v*. —
Une partie des membres de la famille de Cl. Haton, les parents, qui figurent dans son testament, habitaient, à ce qu'il semble, le Mériot (arrondissement et canton de Nogent- sur -Seine). Son neveu, Claude Gilquin, demeurait à Blunay, paroisse de Mdz [Mém, fol. i3ii v* et i35). — Pierre Haton est désigné dans les Mémoires (fol. 8 V*) comme étant natif de Melz. — Il est question, sous l'année 1667, d'un maître Jean Haton , avocat fameux à Sens (fol. 3oo v*); sous l'année 1675, d'un nommé Claude Halon, de Blunay ( fol. 6^3 v"" ) ; et , sous l'année 1 58a , des enfants de Jean Haton, des Maretz (fol. 1011 r'). — On trouve dans le nécrologe manuscrit de l'Hôtel-Dieu de Provins , aux archives de cette maison , la mention suivante : « Anno Domini m" vc** lu*, obiit frater Nicholaus Haton , quondam religiosus istiusdomus , qui suum diem clausit
ultimum 111* die mensis maii fuit natus
de Mello super Sequanam» (fol. 35 r*).
INTRODUCTION
de sa vie. C'est à la date de 1 552 qu'il se désigne pour la première fois, coàime ayant alors été mordu par un chien qu'on croyait enragé, et comme ayant été soigné par la dame d'un château voisin de Melz, madame de la Motte, qui se mêlait de guérir, au moyen de remèdes particuliers, les personnes atteintes de la rage ^ Deux ans plus tard^, il se met encore en scène à propbs des souffrances qu'endura la Picardie, pendant l'invasion de la France par Charles-Quint. « Le roy, dit-il, faisoit donner aux paysans picards argent pour vivre, quand ilz se présentoient à luy, ainsi que je l'ai veu de mes yeux^. »
* « Elle, avant que d'estre huguenotte, s*entremettoit de guarir les personnes mordues de cbiens et bestes enragées, et affranchissoit les patiens d*alier à mons. S' Hubert se faire tailler de la S** EstoUe, moyennant qu'ilz n*eussent poinct prins de répit ni faict le veu d*y aller. Après avoir veu les patiens mordus desdittes bestes enragées, elle l«ur faisoit mangier des œufz battus parmi de Tbuille d'olive, cuictz sans beurre ni sel , applicquant desditz œufz ainsi cuictz sur la morsure desdittes bestes, et, ce faict, envoyoit les patiens faire leur prière et offerande en quelque églii»e où y avoit ymage de mons. S* Hubert ou S* Denis, et ordinairement envoyoit les personnes en Téglise de Marnay lez Pons-surSeine. Et afin de ne plus travailler les personnes si loing , feit à ses despens, depuis Tan 5a, une chapelle en rhonneur de MM. S* Denis et S^ Hubert au village de Froideparois , et en feis Yexpérience envirpn laditte année 5a, que je fus mordu d*ung chien que Ton disoit eslre enragé , et oncques ne fuz à aultre qu*à elle et au pèlerinage de mons. S* Denys, à Marnay, où elle m'envoya. Depuis qu'elle eut délaissé Tég^e cathoHcque et
fut devenue huguenotte , je n*ai point sceu que plus elle se meslast de ce faire, et croy que les cathohcques ne s'y volurent plus fier, joinct aussi que, depuis les troubles de Tan 1559, 60 et 61, que les huguenotz furent enragez pour destruire Téghse catholicque , s'ilz eussent peu , Ton ne veit plus de cliiens ni aultres bestes enragées , et croy que les diables laissèrent les corps des bestes pour se mettre en ceux des hommes huguenotz, pour tout gaster et foudroier ce qui estoit de sainct , de piété et d«religioA. ■ (Mém. fol. 277 v".) • * Voyez, pour Tannée i553, les Mémoires, fol. 1 r' et Y*, et fol. 3 r".
^ Mémoires , fol. 4 r". — A Tannée 1 554 (a août), et à la suivante (i5 décembre) se rapportent deux certificats où figure M* Claude Ha ton, prêtre, chapelain de THôtel-Dieu de Provitis (archiv. de cette maison). Mais je pense qu'il ne s'agit pas de notre chroniqueur; car le personnage mentionné dans la pièce est donné comme , ayant vingt-six ans en i555, et l'auteur des Mémoires n'en avait alors que vingt. — En parlant de la visite faite dans le diocèse de Sens par l'évèque de Philadelphie, sufiragant de l'archevêque de Sens, et de