livre des phrases (X)mme celles-ci : je ne ïai sceu au vray
si j'ai bien retenu je n'en sçai rien. Lorsque sa mémoire est "^
incertaine, il avoue franchement ses doutes; quand les renseignements quil a recueillis lui laissent de Thésitation, il a soin d'en convenir : « De sçavoir parler davantage dudit voyage (l'expédition d'Italie en 1 567) et des exploictz d'iceluy seigneur (le duc de Guise), dit-il quelque part, je ne sçaurois, pour n'y avoir esté ni proprement en avoir ouy parler, combien que plusieurs fois en aye ouy parler à l'aulmosnier dudit seigneur, qui feit le voyage avec luy; mais pour ce qu'il me sembloit que ledit au Imosnier en parloit par grande affection pourl'am*pliation de l'honneur de son maistre, je n'ai ajousté foy à tout ce que je luy en ai ouy dire^; » et ailleurs : « Je ne puis riea dire davantage desdittes guerres turquesques ( 1 667), de peur d'en mentir, d'aultant que je n'en ai ouy le discours par ceux qui y avoient esté ^. » Il n'oublie point de constater sa présence, quand il croit ajouter ainsi à la force de ses assertions; il indique la source où il a puisé certains récits : pour quelque affaire de cour, les paroles d'un seigneur initié personnelle-
' Mémêirei, M. U^àf*- la frontière de Fkndre, Claude Haton
' Ibid» fol. 33 V*. dit : c Nous laisserons cela k escrire k
^ /iûf. fol. 3A5 r*. — Voy. aussi fol. ail ceux du pays, qui ont receu le domage
r*. — Au svget des désordres commis par et qui en sçavent plus que nous • ( 1678 ,
les troupes du duc d*Anjou en gagnant fol. 797 v*).
Lvi INTRODUCTION.
ment aux secrets de TEtat; pour une bataille, pour un siège, celles d'un soldat revenu de la guerre, etc. ^ Il parle avec une grande réserve de la plupart des gens accusés ou condamnés par la justice, et souvent, après avoir rapporté sans partialité les circonstances favorables ou contraires au prévenu, il termine ainsi : le jugement en demeure à Dieu. Quant aux phénomènes extraordinaires, il ne mentionne plusieurs d'entre eux qu'en convenant qu'il ne les a point vus, et qu'il se sert de récits étrangers; il en discute d'autres et cherche même à les expliquer^.
, Les Mémoires de CL Haton témoignent chez leur auteur d'une instruction assez étendue pour le temps. On y trouve les marques d'une raison sûre, et qui s'élève quelquefois audessus des préjugés. Son style est clair, et, sans être trèsoriginal, très- coloré, il plaît par la facilité et par des traits assez piquants. Son grand défaut est la prolixité. Les récits s'allongent fastidieusement par des détails insignifiants, par des répétitions inutiles où l'auteur ne se donne pias même la peine de changer les formes du langage; chaque fois qu'il nomme un personnage, il redit ça généalogie, sa profession, etc. Les portraits sont peu nombreux; Haton est surtout un narrateur. Ses réflexions, pleines de bon sens, sont souvent remarquables par l'heureuse exactitude de l'expression. « C'est une grande imprudence, remarque-t-il quelque part, à tout homme qui redouble l'afiliction de l'afiligé. » — «Car en toutes choses, dit-il ailleurs, faveur fait aveugler le droit; » — et ailleurs encore : «Tant plus une denrée est chère, d'autant plus y commet-on de l'abus^. » Je pourrais multiplier beaucoup ces citations. Haton a rapporté textuellement plusieurs actes du temps,
^ Voy. par exemple , Mémoires, fol. 887 * Mém, fol. 64o v*, 64 1 r", 762 v° et suiv.
verso. * Ibid. fol. 617 r*, 5aov*.
INTRODUCTION. lvii
édits, discours, requêtes, bulles pontificales, etc. Ces documents se retrouvent, pour la plupart, dans diverses publications relatives au xvi'' siècle, ou dans les recueils généraux d'ordonnances.
Q«ant à l'esprit dans lequel sont rédigés les Mémoires, on a déjà pu l'apprécier en partie par ce que j'ai dit, dans la biographie de Claude Haton, des sentiments et des qualités personnelles de ce prêtre. Je crois devoir insister ici sur quelques points, et particulièrement sur la compassion touchante-pour le peuple qu'on voit briller à chaque page de son livre. ^ Si les saisons sont rudes, si la contagion ou la disette sévit, si la guerre s'allume entre le roi et les princes du sang, entre les catholiques et les protestants; si les gens de guerre occupent les villages, les rançonnent, les pillent et les brûlent, le chroniqueur a toujours quelques bonnes paroles pour plaindre les maux des victimes, et quelques traits énergiques pour flétrir les auteurs de la misère publique.
Suivant lui, ceux qui dans l'avenir liront ses récits refuseront de croire les tourments qu'ont fait' souffrir aux villageois les gens de leur propre nation, pour satisfaire les caprices des princes et Içurs mutuelles jalousies. « Que les anciens, ajoute -t- il, apprennent à leurs enfans de ne se resjouyr, quand ilz oyront dire que noises et discorts seront entre le roy et les princes de France, jusques à prendre les armes les ungs contre les aultres, ou que le pays se rebelle contre ses princes naturelz par guerres civilles; car ce sera le comble de leur malheur, comme toujours en est advenu au
royaume Dieu a baillé à la France des princes et roy telz
que le peuple le méritoit, et au roy et prince^ des subjectz telz qu'ilz roy et princes le méritoient, et a esté le tout permis de Dieu pour la pugnition des ungs et des aultres, combien qu'il
Lviii INTRODUCTION.
n'y ayt eu qne les pauvres gens des villages qui ayent souffert la pugui tien des péchez du roy, des princes, des gens-tuehommes, des marchans et bourgeois ^ »
L'opinion de Cl. Haton sur le protestantisme n est point celle d'un philosophe, mais celle d'un catholique et d'un cathoiique du xvi* siècle. Voici la manière assez piquante dont il l'exprime :
« Or estoit*il fortfacille d'estre huguenot en ce temps*-là^ et n'estoient les fondemens de leur prétendue religion malaisez à apprendre; il ne falloit qu'estre meurtrier, voleur, larron, sacrilège, paillard, adultère, voleur d'églises et de temples, briseur d'ymaiges, mesdiredupape, des cardinaux, évesques, prebstres, moynes et ecclésiasticques, estre meurtrier de telles gens, haïr et mesdire de la messe et du sainct sacrement de Tautel et dire que c'estoit Jehan le Blanc, bailler l'hostie à manger aux bestes et chiens, graisseï* ses bottes et soulliers du cresme et des sainctes huilles, faire son ordure fécalle dans l'eau béniste des eaubenoistiers et des fons, manger chair les vendredis, samedis, karesme et jours de jeusnes, prétendre qu'il n'est point de purgatoire en l'aultre vie, blasmer les pèlerinages, dire qu'il ne fault prier la Vierge Marie ni les saincta, ni dire heures, ni matines, ni aultre office divin, sinon les Psalmes de David traduictz en vulgaire et rime Françoise par Marot et Théodore de Bèze, et dire qu'il ne fault faire nulle bonne œuvre pour avoir la vie éternelle en paradis, ains que c'est assez de croire en Dieu et en Jésus^Christ, lequel, par sa mort et passion, a toutfaict pour nous en ce monde avant que d'en partir. Voilà ce que faisoient les Françoys desbauchez de Ja religion catholicque, pour se mettre de la prétendue huguenoticque, et estre bien venus des seigneurs, gentilshommes et juges de justice qui estoient de ceste faction ^. »
' Mémoires, M. 6aa v'. — * W. fol. 8a r'.
INTRODUCTION. lix
C'est aux protestants que Cl. Haton attribue la plus grande part des misères, des iniquités et des excès dé son époque. 11 raconte avec complaisance les actes de cruauté commis par eux durant les guerres civiles sur les catholiques, qu'ils traitaient de papaux, àiidolâtres, de pauvres abrutis, de tisons du purgatoire du pape^; il les accuse de l'assassinat tenté en iô58 sur Henri II, qu'ils regardaient comme le tyran persécuteur de l'église de Jésus^Christ^. Tous les bruits malveillants qui couraient sur leur compte sontreproduitsdans^on livre. Chacun sait quelles calomnies furent débitées sur les réunions secrètes des premiers disciples de Luther et de Calvin; Haton ne manque pas de reproduire ces accusations : il peint les adeptes de la religion nouvelle se livrant dans leurs assemblées nocturnes à de mystérieuses débauches, dont le ministre, après avoir éteint la chandelle, donnait complaisamment le signaP.
Aussi notre chroniqueur applaudit-il aux exécutions t)rdonnées par l'autorité contre les religionnaires, aux violences' commises à leur égard par les soldats catholiques. Quand on les maltraite, qu'on les pille et qu'on les tue; quand on viole leurs femmes, comme cela eut lieu au Houssay, près de Provins, en 1 567 ^, il raconte ces faits en souriant, et il assaisonne son récit de cruelles plaisanteries. Le massacre de la Saint-Barthélémy, à l'entendre, n'a été qu'un moyen, adopté à la dernière extrémité, d'empêcher les protestants d'exterminer les catholiques, comme ils en avaient le projet. S'il avait regardé en arrière dans son livre, il y aurait vu que lui-même avait annoncé chez le roi Charles IX la résolution arrêtée dès l'année 1 568, en con-
Mémoires, fol. i53-i54, etc. signaler, comme coupables de ces infa- Id, fol. 55 r* et v'. mies, les protestants*^ de la ville où il de- Id. fol. 36 V*, 37 r' et 71 r'. — No- meurait, qu'il avait pu observer par luitons en passant que Q. Haton parle d'une même, manière générale, et qu'il s'abstient de * Mémoire*,, fol. 333 v*.
Lx INTRODLCTION.
cluant la paix, de ne se servir de cette paix que pour faciliter l'exécution qui! voulait faire des protestants ^ Mais la passion ne raisonne pas. Les victimes de la fureur des catholiques n'excitent chez Haton aucune pitié, et les projets sanguinaires qu'il attribue à Charles IX lui semblent les plus naturels du monde : « L'intention du roy estoit, dit-il, que toutes les villes de son royaume fissent sur leurs huguenotz comme ceux de Paris avoient faict aux leurs, nonobstant sa précédente déclaration. Car, par ce moyen, \\ entendoit repurger son royaume de cette faulse couvée de vipères qui,*par chascun jour, renouveloient troubles et séditions au royaume, pour empescher la tranquillité de la républicque, et qui abusoient de la doulceur de sa majesté en cerchant tous moyens de le tuer et exterminer par tant de fois^. »
Qui méritait d'être compris dans cette couvée de vipères, dont Charles IX avait voulu purger son royaume? Le nombre des victimes se mesurait, dans l'esprit de chacun, à l'intensité de sa haine personnelle, et peu désignes suffisaient pour que les catholiques soupçonnassent d'hérésie les gens qu'ils n'aimaient pas. Si l'on n'assistait pas régulièrement à la messe, si l'on était surpris mangeant de la viande un vendredi ou en temps de carême, on passait pour huguenot et l'on était traité comme tel. Claude Haton voit des huguenots partout. A ses yeux, le chancelier de l'Hôpital est l'ung des plus grands huguenotz et héréticques de France^. L'emploi de la force brutale pour la destruction des nouveaux adversaires de l'église romaine est l'idée dominante du clergé au xvi* siècle. Pie V la déclare nécessaire y iw^a'd la mort, et, dès i556, François Lepicart donne, en pleine chaire, cet atroce conseil à Henri II :
' Mémoires, fol. 36o r" et 444 v^ ' Mémoires, fol. 485 v^
' W. fol. 486 ^^
INTRODUCTION. lxi
« Le roy devroit pour un temps contrefaire le luthérien parmi eux (les protestants), afin que, prenant de là occasion de s'assembler hautement partout, on pût faire main-basse sur eux tous, et en purger une bonne fois le royaume K » Claude Haton, en approuvant la Saint-Barthélémy, n'est qu'un reflet assez pâle de ces hommes-là. Il mêle d'ailleurs à ses haines religieuses une certaine nuance de bonhomie, s'il est permis d'employer ce mot en pareille compagnie. Il montre, en plusieurs endroits, pour les hérétiques, une indulgence qui jsemble l'expression de sa pensée intime, dégagée de ce que le temps, les circonstances, sa position, l'influence extérieure, y avaient mis de fiel. H parle avec une douceur touchante de la mort de Jean AUeaume, bailli de Provins, longtemps attaché au protestantisme, et de celle de Nicolas Janvier, baifli de Bray-sur-Seine, qui.avait aussi embrassé la réforme. Sa réserve sur la réalité des conversions est remarquable; il s'en remet à Dieu pour les juger.
Ce n'est pas au reste'sur les protestants seuls que Claude Haton rejette la responsabilité des malheurs du pays. Les gens de guerre, une partie de la noblesse, les rois et les princes du sang encourent aussi ses reproches. Les soldats, à quelque parti qu'ils appartiennent, sont à ses yeux des fléaux envoyés par Dieu pour la punition de la France pécheresse^. Il répète à différentes reprises un jeu de mots usité sans doute de son temps, en désignant les seigneurs pillards et dévastateurs sous
' Bayle , art. Rose. meschans que les huguenotz. > — Plus
* «t Le8 soldats catholiques , dit-H (ib'jo, loin (fol. 44a r**), pariant de la prise de
fol. 44 1 v**), estoient aussi larrons et la petite ville de Oimon par Tarmée catho-
voleurs' des biens d*aultruy que les hugue- lique, a laquelle on avait refusé d'ouvrir
notz, excepté qu*ilz ne pilloient et ne sac- les portes, et des cruautés qui y avaient
cageoient les églises et ne tuoient les ec- été conunises, il blAme ces actes avec
cléttiasticques, mais, au demeurant, aussi énergie.
Lxii INTHODUCTION.
les uoms de gens-tue^ommes ou de gens-pille^hommes: En général, la noblesse, à son avis, est fort dégénérée, a Jadis, dit- il, les nobles de France ont acquis ce titre de noblesse et leurs privilèges des roys et princes, pour leurs vertus et les bons sei^ vices qu ilz faisoient ausdis roys et princes et à leur patrie, la France; lesquelles vertus estoient auxditz nobles et gentishommes si reluisantes devant tout le peuple que pour néant, mesmes sur leur vie, et sur leur honneur qu ilz aymoient plus que les biens, n eussent volu faire, dire ni entreprendre paroUes ni actes qui eussent porté scandalle ni domage au plus
petit et pauvre de la terre Mais maintenant 4e tout est bien
renversé au contraire. Les nobles sont maintenant hérétiques, irrévérens, renieurs de Dieu, blasphémateurs de son sainct nom, de ses sainctz et de son église, arrogans, cruelz, oppresseurs du peuple, ravisseurs du bien d'aultruy , paillards, incestueux, vioUeurs de filles et femmes, traîtres, desloyaux, proditeurs de leur patrie, non charitables ni aulmosniers, non hospitaliers aux passans, mais guetteurs et espieurs de chemins, voUeurs, associez des larrons et des meurtriers; brief, il n'y a genre ni espèce de mal que ne facent. Voilà les vertus qui reluysent en noz nobles et gentilshommes de France; je ne parle que des meschans, le nombre desquelz excède de plus des trois parlz le nombre des bons et vertueux. Dieu garde de mal les nobles vertueux et gens de bien qui ont en horreur les vices susditz et les vicieux; le nombre en est assez petit. Ils sont liays et desprisez des aultres qui font de tout vice vertu * . »» . Les rois et les princes, à l'exception de Henri II, avec lequel l'auteur paraît avoir eu, comme je Tai dit plus haut, des relations personnelles, sont traités aussi avec rigueur, surtout
'. Mémoires, fol. 674 ^^ — Voy. aussi, v°, des plaintes, dont le passage cité n est sur la corruption de la noblesse , au fol. 56 que le développement.
INTRODUCTION
LA m
lorsqu'ils S avisent de favoriser les protestants ou de lever des impôts ^ Catherine de Médicis^ qui eut quelques velléités hérétiques, est accusée d'être de connivence avec le prince de Condé pendant les guerres civiles, et même d'être sa maîtresse.
Le clergé catholique lui-même n'est point épargné; les reproches auxquels il donnait lieu à Provins et aux environs sont
constatés dans les plaintes et doléances des Provinois aux Etats généraux de i56o^. Cl. Haton signale sans ménagement les fautes et même les crimes des prêtres ses contemporains, et il montre à leur égard une juste sévérité. Il voit avec douleur la vente des bén^ces, la mise à ferme des cures par les curés qui ne voulaient pas s^astreindre à la résidence, l'ignorance des vicaires auxquels l'administration des paroisses se trouvait confiée \ C'est contre les chanoines surtout qu'il s'élève : «H seroil meilleur, dit-il, avoir à faire aux diables d'enfer, et en auroit-on plus tost meilleur droict que de prebstres qui ont
ff
une bourse commune^. » Cependant, on le trouve en un endroit indulgent à l'excès pour les cordelières de Provins, qui, par crainte des reîtres, avaient quitté leur couvent et étaient venues passer quelques semaines dans la ville ^.
Voilà quel est l'esprit de l'ouvrage de Claude Haton; voilà les sentiments qui y respirent sur les hommes et sur les choses. L'auteur, en écrivant, avait-il l'idée d'une certaine publicité.^
* Voy. fol. 598 r* et 61 5 ^^ — En dépit de sa bienveillance ordinaire pour Henri II , Cl- Haton se montre en qtielques endroits assez sévère pour ce prince. (Voy. Mém. fol. 56 v" et 67 t\)
^ Cette pièce a été publiée dans ie Bulletin des comités historiques , 1 8/19 , p. 271.
' Mémoirei, fol. 56 r" et v'.
^ Mém. fol. 838 r". — « Iceux chanoines , dit-il ailleurs, qui de tout temps recullent à toutes bonnes choses» (fol. 207 v'';. — « On ne trouve ^ères de loyauté en gens qui ont une bourse commune , de quelque qualité qu'ilz soient, ni qui veoUent faire droict et justice , s^ilz n*y sont oontrainctz t (W. fol. ao8 r").
' là. fol. 673 w\
Lxiv INTRODUCTION.
quelques indices peuvent donner lieu de le supposera Quant à la date à laquelle a eu lieu la rédaction des Mémoires, elle est assez difficile à déterminer.
De nombreux passages prouvent qu une partie notable de l'ouvrage a été écrite plusieurs années après les événements qu'on y trouve racontés, et que le re^te a été composé successivement et à mesure que les faits s'accomplissaient. Précisons davantage, et citons les textes eux-mêmes. J'ai dit que le récit d'une dizaine d'années, de 1 543 à 1 553, manquait dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale; au point même où commence la relation qui nous reste, on voit clairement que l'époque où le chroniqueur rédige son livre est éloignée de celle où ont eu lieu les faits dont il parle. Ainsi , à propos de la guerre soutenue par Henri II contre Charles-Quint, en i554, il dit : « S'il (l'empereur) print Hesdin, il ne m'en souvient, etc.^ » Il sait que Thérouanne fut rasée ou par le roy on par ledit empereur, mais ses souvenirs à cet égard sont fort indécis. Plus loin, il s'exprime ainsi : « Me souvient que le roy prenoit fort grand
peine de garder la ville de Marienbourg Il ne me souvient
si le roy en personne estoit à son camp de Renly^.'» — Même hésitation au sujet des mariages de Claude de France et de Marie Stuart : « Je me trouve, dit-il, icy confus en mon esprit, touchant les mariages du dauphin de France et de mons. le duc de Lorraine, pour n'avoir mis par escript de longtemps après ces présentes mémoires, et pour n'avoir esté curieux de recercher les histoires et mémoires de ceux qui ont escript les faictz de France^. » Cette explication reparaît à propos de la
* «Pour ester roccasion de calomnier labeur» (id. fol. 779 v'). — * Mémoires,
ce mien escript aux simples gens qui le fol. 2 v". pourront lire » {Mém. fol. 779 r*) ; — « de ^ Id. fol. a v* et 3 r".
peur d'ofienser ceulx qui liront ce mien * Id, fol. 49 r".
INTRODUCTION
paix de iSSg : « Pour n'avoir escript ces mémoires promptement, je ne puis dire à la vérité qui fut l'ambassadeur du roy d'Espagne qui avoit la procuration d'espouser la fille du roy de France pour ledit roy d'Espagne, si ce ne fut le duc d'Albe, ni aussi celuy qui espousa dame Marguerite , sœur du roy, pour le duc de Savoye^ » Une mention semblable se retrouve sous l'année i562 : « Ung jour et moys de l'esté de ceste année, environ sur l'heure de vespres, ung train de grande dame que je ne puis nommer, pour n'avoir promptement escript ces présentes mémoires ^ »
Nous manquons d'éléments pour fixer l'époque à laquelle le chroniqueur se mit au travail annuel et successif de la rédaction de ses Mémoires. Seulement, on vient de voir que cette époque est postérieure à i'562, et un autre passage du manuscrit montre qu'elle ne peut dépasser i SyA^. C'est alors, suivant . une ^ertion respectable, que l'assassinat d'un jacobin, frère Aubin Charles ou Caroli, donna à Cl. Haton l'occasion d'écrire son livre \ Le feuillet où ce meurtre était raconté a péri; il ne
' Mémoires, fol. 60 v*.
* Id. fol. 206 r*. — Plus haut, après avoir raconté la mort de Henri II , et en terminant son premier livre , Claude Haton dit : « Qui est Tendroict où nous ferons
lin à ce présent livre Plusieurs aultres
choses ont esté faictes et passées depuis le temps qu*avons commencé ces présentes mémoires, qui commencent dés Tan 1 543 et 4 1 qui est le premier commencement de nostre première cognoissance. Lesquelles toutesfois ne sont escriptes en ce livre, pour n*en avoir eu la souvenance » (fol. 66 v'). — Après avoir
décrit la comète de 1677 : # Voilà, dit-il, ce que nous avons veu et expérimenté des signes célestes non accoustumez d*estre
veuz , qui sont advenuz depuis nostre temps jusques à ceste présente année. Si Dieu nous faict la grâce de vivre , nous verrons ce qui adviendra de ceste dernière comette de Tan présent, que nous mettrons par escript le plus (idellement qu'il sera possible ■ (fol. 769 r*). — A la date de 1 677, en décrivant la comète de 1 556 : « Ce que nous ne pouvons pas icy cotter précisément, dit-il, pour le laps de temps que nous avons mis à mettre par escript ces présentes mémoires! (foi. 768 r*). — Voy. aussi fol. 45 r*, 49 r*, 101 v*, 129 v*, i4o r% i4a r*.
^ Voy. fol. 16 r', 12 Y* et 17 r*.
^ Voici les paroles de M. Rivot (Hist civile de Provins, t. II, p. 569) , qui ont été
Lxvi LNTRODUCTION.
reste de mention du crime que sous l'année lôyô, où l'auteur parle de l'arrestation du meurtrier par quatre jacobins de Provins, dans une auberge de Sénetruye, paroisse de Chenoise, où il s'était cachée A partir de 1674, Haton indique au futur et comme prévus par lui des événements qui ne s'accomplirent en effet que plus tard, on raconte au présent des faits qui ont eu lieu au moment de la. rédaction. Je cite : « Voilà où nous voulons faire la fin de ce présent nostre second livre de l'histoire particulière de nostre temps, lequel, comme aussi le premier, ne sont en si bon ordre que l'eussions bien volu, comme nous espérons d'y mettre le troisiesme, qu'avons volonté de faire ci-après, que nous commencerons au mois de juin de ceste année présente, au gouvernement de la régente du royaume de France, en attendatlt la venue du roy de Pollongne, qu'on attend en brief avec une joie indicible. Lequel Dieu veuille ramener en bonne santé, sagesse etprudeitoe, et
bien tost «^ — Et ailleurs : « Et ferons icy la fin des troubles
de ceste année lôyô, et laisserons le camp audit Joigny, jusques au commencement de l'an prochain, où nous le reprendrons pour déduire ce qui se fera en laditte année, que nous estimons n'estre meilleure que ceste présente, si Dieu n'y
besongne par sa grande miséricorde »»^ — Et plus loin
encore, en 1 878 : « Je ne puis passer soubz silence l'abbus qui règne audit prieuré de la Fontaine aux Bois, pour le regard
reproduites par M. Ythier (Histoire des il- MM. Rivot et Ythier ont donné chacun le
lustres de Provins , p. 1 87 ) : « H dit luy- récit de la mort de frère Aubin Charles
même que ce qui lui a clonné occasion d*é- d*après Claude Haton; il y a lieu de croire
crire fut la mort de frère Aubin Charles, que la copie faite par M. Rivot Ta été d'a-
dominicain, docteur en Sorbonne et théo- près le second manuscrit que j'ai signalé, logal de S*-Quiriace, qui, revenant de ' Mémoires, fol. 63 1 r".
Rosay en Brie, fut assassiné à Tenlrée de * Id. fol. 583 ^^
ia forêt de Chenoise. le 4 juillet 1574. — ' Id. fol. 6a a v°.
Lxvir
INTRODUCTION
du spirituel et du revenu temporel dudit prieuré lequel
revenu, pour le temps de eeste présente année et jusques à ce qu'il plaira à Dieu, est applicqué à une pauvre dame ou da-
moiselle, nommée madame de Risse ^» Enfin, en parlant
d'un procès intenté devant Tofficial de Sens, en 1679, à uli homme qu'on accusait d'être malade de la lèpre : « Les chirurgiens et barbiers, dit-il, ne voulurent faire rapport diffinitif, ains le remirent aux premiers jours de may prochain ensuivant, parquoy cesserons ce propos pour ceste année, en attendant le jour et nàois de may de l'an qui vient, pour en parler, si nous y sommes tous^. »» — Ces différents témoignages sont obscurcis par le suivant, d'où il semblerait résulter qu'au moment où Tauteur rédigeait l'année 1672 on avait déjà passé î58i : a Je ne diray aultrè chose icy (sous l'année 1572) de la généralité et général des cordeliers, d'aultant que j'espère en parler en ung aultre temps, et en nostre 3*^ livre que nous ferons cy-après. Dieu aydant, en l'année i58i, où nous parlerons de luy-mesme et comment il fut, en ceste dîtte annéelà, faict le suffragant de M. l'archevesque de Sens^. » La seule
' Mémoires, fol. 8a 3 v"*. -— En pariant de la chute d'une partie des Changes de S*-Ayoul , Cl. Haton dit que les matériaux lurent laissés au prieur de S*-Ayoul , a la charge de les employer à la réparation de ce qui restoit du bâtiment, ce qui, ajoutet-il, n'a encores esté faict (fol. 8a4 v*).
* Id, fol. 89 1 v*. — Voy. aussi ce qui est dit aux fol. 679 \\ 767 v', 886 r". et ie récit de Tannée 1 58o , passim.
^ Id. fol. 499 V*. — L auteur ajoute : f .^... Estant faict évesque de Césarée, après avoir esté déposé de sa charge de général, au chapitre universel qui fut depuis faict a Paris en Tan 1 579, ainsi qu'il
apperra audit troisième livre que nous espérons de faire. » — U y a encore un passage difficile à expliquer : En i56i, Claude Haton pariant de certains miracles accomplis en i557 au village de la S**- Épine, dit : «Ce discours deust estre escnpt en nostre premier livre de ceste histoire, en Tannée 67, pour ce que les choses susdittes sont advenues en ce temps ; mais n'ai eu pour lors souvenance de Ty mettre. Qui est la cause qu*en ai icy fait le récit, à cause du miracle de la Croix de Troye , qui m*en a faict avoir mémoire. » ( Id, fol. 101 v"*. )
Lxviii INTRODUCTION.
manière d'expliquer cette anomalie, c'est de supposer que la rédaction primitive de l'auteur a été recopiée par lui , en tout ou en partie après 1 58 1 , et qu'en faisant ce travail il a introduit certains changements et des renvois aux événements postérieurs. En eflFet, les omissions et les répétitions de mots que l'on rencontre dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale montrent que ce manuscrit est une copie ou mise au net^ Seulement, les ratures et les corrections qu'il présente doivent le faire considérer comme une copie retravaillée et comme une sorte de second original.
Des passages de Claude Haton, en fort petit nombre, ont été reproduits dans d'autres ouvrages, particulièrement dans les collections manuscrites de M. Rivot et de M. Ythier conservées à la bibliothèque de Provins, et dans celle de M. Billate, dont M. le docteur Michelin possède quelques parties. M. Rivot, Anecdotes de Provins, t. VI, a donné des extraits des Mémoires de Cl. Haton dont voici l'indication : Entrée de Charles-Quint en Champagne (i544)i p- ^83; — Surprise de Provins par les huguenots (i562), p. 3o3^; — Prêche établi a Provins par les huguenots, en i564, p. 3i3; — Passage' de la reine mère à Provins (iSy^), p. 339; — Cherté du blé en lôyS, p. 333; — Jubilé de 1 674, p. 335; — Frère Aubin Charles, assassiné, p. 343; — Sermon du général des cordeliers, p. 345; — Beaulieu et ses brigands, p. 35i; — Siège d'Anglure (i58i), p. 358; — Coqueluche; fossés du moulin d'Ocle; le soleil éclipsé, p. 36o. Les mêmes passages sont reproduits dans les
^ Notons, en faveur de cette opinion, et où il est question des protestants de
la date de 1601, inscrite sur le dos du Provins et des environs, paraît être un
manuscrit de la Bibliothèque impériale. abrégé de ce qui se trouve à ce sujet dans
Quoiqu'il n'y ait point d'indication , Cl. Haton. — Voy. aussi le même ouvrage ,
le morceau intitulé, dans M. Rivot, Les t IV, p. 119. haguenots de Provins { 1 b6o y t. VI, p. Soi),
INTRODUCTION. lxix
Anecdotes de Provins de M. Ythier, t. I, p. 46i; t. II; p. i, 39, 4o, 45» 49, 5^, 75, 83, 84 et 85. — Ci. Haton a été cité en outre par M. Rivot, t. III, p. 345, au sujet des protestants de Provins et de l'abbé de la Chesnays; par M. Billate, à l'occasion du prêche que les protestants tentèrent d'établir à Provins, et à propos du passage en cette ville de Christophe de Cheffontaines , général des cordeliers, en i582; par M. Grillon (manuscrit de la bibliothèque de Provins), à propos de la fondation du collège. Enfin, s'il m'est permis de me nommer ici, j'ai indiqué ou cité les Mémoires du curé du Mériot dans mon Histoire de Provins, imprimée en 1839-40 \
Je ne crois pas qu'il existe ailleurs d'emprunts faits aux Mémoires de Claude Haton, On peut donc considérer ces Mémoires comme un livre tout à fait nouveau. Reste à savoir si j'ai sainement apprécié leur valeur; s'il est vrai, comme je le pense, que, bien qu'écrits en partie au point de vue local, les récits qu'ils contiennent donnent une idée exacte de l'état de la Franc6|dans la seconde moitié du xvi* siècle; si les renseignements qu'ils fournissent peuvent servir d'éléments pour juger, comme ils doivent l'être, les hommes et les choses à l'époque où l'auteur a vécu; si enfin le style de Claude Haton, sa manière de présenter les faits, ses observations et ses opinions personnelles lui méritent une place honorable parmi nos anciens historiens. C'est au public à prononcer.
* Tome 11, p. i3/i, i35, i36, 137, i4i. iÂ3, iSq, i53, i54, 161, i64.
Lxx INTRODUCTION.
A Tépoque où je proposai au comité de l'histoire institué près le ministère de l'instruction publique la publication des Mémoires de Claude Haton, mon désir était de donner le manuscrit dans son entier; j'estimais qu'il occuperait deux forts volumes in-^"". Le comité, sur le rapport de M. Jules Desnoyers \ à la bienveillance duquel je suis heureux de rendre ici un témoignage reconnaissant, décida que je devais publier seulement des extraits de l'ouvrage de Cl. Haton, et que la réunion de ces extraits ne devait pas dépasser un volume. Il fallait donc élaguer plus de la moitié du manuscrit; ce sacrifice me fut d'abord pénible. Aujourd'hui, après l'élude nouvelle et plus approfondie à laquelle la copie et l'analyse du texte m'ont obligé de me livrer, je me fais un devoir de remercier le comité de ce que dans un autre temps j'aurais appelé ses rigueurs. Je sens qu'une publication intégrale des Mémoires de Cl. Haton eût peut-être dépassé l'importance réelle du livre; l'ivraie eût étouflFé le bon grain. Dans les limites actuelles, restreint aux parties saillantes, débarrassé des détails excessifs ou d'un intérêt contestable, l'ouvrage me semble plus propre à retenir l'attention des lecteurs, et à rendre à l'histoire du xvi^ siècle les services auxquels il est appelé.
J'ai procédé d'une manière méthodique dans les suppres-
' Séance du 8 avril i85o (Bulletin des comités historiques , hist. se. et lett. ann. ]85o, p. 137).
INTRODUCTION. lxxï
sions nombreuses que j'ai dû opérer. J'ai écarté les actes officiels qui avaient déjà pris place dans d'autres recueils, les récits concernant des faits qui avaient éjé ailleurs racontés d'une manière plus complète et par des gens mieux informés, les particularités d'un intérêt purement local. Mais, pour que les diverses parties de l'ouvrage conservassent leur suite et leur enchaînement, pour que les curieux pussent toujours retrouver une trace des faits historiques supprimés, j'ai résumé, dans une analyse aussi exacte que possible, les passages qui ne me paraissaient pas de nature à être reproduits textuellement. J'ai de plus élagué des portions de phrases oiseuses, des mots répétés inutilement plusieurs fois, mais avec discrétion, et toujours quand la clarté du récit et l'originalité de l'auteur n avaient point à en soufirir. J'ai souvent modifié l'orthographe, non pas en la modernisant, mais en lui donnant, selon les formes du temps, une sorte de logique et d'uniformité.
Ces travaux d'épuration et d'analyse, qui m'ont demandé beaucoup de temps, ont-ils été exécutés avec la sagacit^ convenable? Ce n'est pas à moi à en juger. Je rends compte de bonne foi de ce que j'ai cru devoir faire et de la manière dont je me suis efforcé de remplir les intentions du comité et de rendre cette édition le moins imparfaite possible. Je ne me dissimule pas le péril qu'il y a toujours à toucher à un texte historique, et, s'il se fût agi d'un ouvrage très-ancien, où la tournure de chaque phrase, où chaque mot, pour ainsi dire, a son importance à part, d'un écrivain éminemment remarquable du côté du style et digne de prendre rang parmi les maîtres de notre littérature, je me serais gardé de toute espèce de changement. Mais ici la question était posée dans d'autres termes; j'avais affaire à un livre de la seconde moitié du xv!*" siècle, c'est-à-dire d'une époque où l'importance du lan-
twiii INTRODLCTION.
manière dVxpliquer cette anomalie, cest de supposer que la rédaction primitive de Tauteur a été recopiée par lui , en tout ou en partie après i58i, et qu*en faisant ce travail il a in* troduit certains changements et des renvois aux événements postérieurs. En effet, les omissions et les répétitions de mot^ que Ton rencontre dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale montrent que ce manuscrit est une copie ou mise au net^ Seulement, les ratures et les corrections qu*il présente doivent le faire considérer comme une copie retravaillée et comme une sorte de second original.
Des passages de Claude Ilaton, en fort petit nombre, ont été i*eproduits dans d*autres ouvrages, particulièrement dans les collections manuscrites de M. Hivot et de M. Ythier conservées à la bibliothèque de Provins, (*t dans celle de M. Billate, dont M. le docteur Michelin possède quelques parties. M. Rivot, Anecdotes de Provins, t. M, a donné des extraits des .Mémoires de Cl. Ilaton dont voici Tindication : Entrée de Charles-QuinI en Champagne [uy^à), p. a83; — Surprise de Provins par les huguenots (i-ifia), p. 3o3 *; — Pn*che établi a Provins par les huguenots, en i564, p. 3i3; — Passage de la reine mère à Provins (iSyA), p. 359;— Cherté du blé en iSyS, p. 333; — Jubilé de 1 57^, p. 335; — Frère Aubin Charles, assassiné, p. 343; — Sermon du général des cordehers, p, 345; — Beaulieu et ses brigands, p. 35i; — Siège d'Anglure (1081), p. 358; — (Coqueluche; foss<vs du moulin d'Ocle; le soleil éclipsé, p. 36o. Les m/^mes passages sont reproduits dans les
Nolont . eo faveur de ctiie opinion . H ou il est question de» pnileiUiito de
It date de if>oi. iiucrile sur le do<i du Provins et des entriront, parait ^Ire on
manuscrit de la Bibliothèque impériale abrc^ de ce qui se trouve k ce tajet dans
Quoiqu'il nv ait point d'indication. G. Ilaton. — Voy. aussi le même oavrtt|(e.
le Q>orceau mlitule. <lans M. Bivol. Lti l IV. p iiij. kmffmfnùit Àt l*rotimt i fïlw . t VI . p 3o i )
INTRODUCTION. lxix
Anecdotes de Provins de M. Ythier, t. I, p. 46i; t. II, p. i, 39, 4o, 45, 49, 5^, 75, 83, 84 et 85. — Cl. Haton a été cité en outre par M. Rivot, t. III, p. 345, au sujet des protestants de Provins et de Tabbé de la Ghesnays; par M. Billate, à l'occasion du prêche que les protestants tentèrent d'établir à Provins, et à propos du passage en cette ville de Christophe de Cheffont aines, général des cordeliers, en i582; par M. Grillon (manuscrit de la bibliothèque de Provins), à propos de la fondation du collège. Enfin, s'il m'est permis de me nommer ici, j'ai indiqué ou cité les Mémoires du curé du Mériot dans mon Histoire de Provins, imprimée en 1839-40 K
Je ne crois pas qu'il existe ailleurs d'emprunts faits aux Mémoires de Claude Haton. On peut donc considérer ces Mémoires comme un livre tout à fait nouveau. Reste à savoir si j'ai sainement apprécié leur valeur; s'il est vrai, comme je le pense, que, bien qu'écrits en partie au point de vue local, les récits qu'ils contiennent donnent une idée exacte de 'l'état de la Franc6|dans la seconde moitié du xvi*^ siècle; si les renseignements qu'ils fournissent peuvent servir d'éléments pour juger, comme ils doivent l'être, les hommes et les choses à fépoque où l'auteur a vécu; si enfin le style de Claude Haton, sa manière de présenter les faits, ses observations et ses opinions personnelles lui méritent une place honorable parmi nos anciens historiens. C'est au public à prononcer.
^ Tome II, p. i3/i, i35, i36, 137, i4i, i43, i5!i, i53, i54, 161, 164.
du mine. — M. de HaiiilcsRivvs {larvicat îi s'i^cbapper; «a femme ol une d« <j SCS demOMcIle» dv cliambrv ont U If^tc ImncUî-v; à Paris. — M. cl« Hault^ia-Rivatij ri Claiiile de {losniidc, seigneur du la Roche, son beau-frère, sont leuaill^.f rompus «:i roué» en efGgîe. — Quelque ipmp» Aprè», M, di; Iliiultes-Rives s*éUint^ présonté devant la justice, est reconnu innoccnl., ainsi que sa femme. M. de la KocJie n'ose reparaître, et la femme du Proveni;.il *>mparfl de ses biens. — ' Celle dame se remarie avec un capitaine anglais.
CHAPITUE XL.
pniAE DE THBnOUAMNB ET D'IIRSDIN PAR CIlAnLKS-QDrNT. ■ MISKKK D1 PEUPLE KN I
- DAr\[LL& ne Hf.NTT. -
Suite des gnerres entre Charles-Quint et Henri II. — L'empen^ur s'unpandeTbérauannceld'llcsdin '. — Le roi del'rance rassemble so» nrmiia ^ laFérei^ii-Tardenois; cette armée, dirigée sar la Picardie, rencontre les trgapcs dil'enipereur près de Rcnty.
..... Audict Rcnty y ovit. des coups donnés des deux camps l'ung contre l'aultrc, et fut ce combat appelé la joamée de Henty, en laquelle plusieui-s hommes furent tues, aultres bien blessez, et les aulU'os prias prisonniers'. Monseigneur le duc de Cu^'sc. Françoyj do Lorraine, qui mcnoit t'avant-gardc , fut jette à bas par tpiatre fois de de3sus son cheval et à la fin fort blessé, ayant ting coup de lance au travers de la cuisse qui lardoit sadile cuisse avec le clieval ; toutesfoi» ne demeura arresté , ains se saulva cl dc fut pri&onlucr. Avec ledit seigueur de Guysc estoit le bastar^l de Monmonuicy, filz illigiljmo dc monseigneur le conneslahle, qui, après avoir ver-
' Stii" U priie Ar. ThèrauantMt cl d'Hc*djn , vpy. I«s CouunenUtrca da Fnn^i» <1« HatwUifl. (CF)UE>i.-t. MidMud el PaajoDliil, I. VU, i" Wrio.p. /i4iJ et suie. AlRr^in, C'AroM . iff f 7«iH/rT e f if '.4 rfail . nu. Bibl. iui|>. ftl^ tMififliérv*. n* CHà> fol' 6â7-r)67.]
' La bnUilla da Honiy fut litrée t« i3
•OUI xhih- (Vttjr. If» UCoiuires du Saulx- Taikodcs . 1 5 h , «wllcct. Miduud , t. Vlll , p. 189.] — M. Lnrouc de LbwTA publié, djrni MKi Recueil de CluuU k»tnrii)ur} rninçni*, a's^rie.p. ao3.uiieoliamonMir U baliullc dit Rvnl;. Je u'iiî pii tettouié U lotie de celle <pio Cl. lUlon die plni luiu
ix«i INTHODl CTION.
^agc au point de viir pliilologiqiip a considérablement diminué, à un écrivain moins rccoinniandable par son talent que |>ar les renst>i<;n<>Dit>nts biKtori{pics qu'il fournit.
Des soniinainvs ont été placés en tête des divisions des Mémoires de fil. Ilalon; en outre, des notes indiquent, |>our les laits les plus in)portanLs, les ouvrages imprimés ou manuscrits, les mémoires ou correspondances qui peuvent scnir â compléter ou à reclilier les assertion.s de l'auteur, ou même seulement à présenter des ternies de comparaison. Des dépouillements faits dans tes manuscrits de la Bibliothèque impériale m'ont fourni des particularités (pie l'on verra. j'e5|K,'re, avec plaisir. Dans un .'\p|>endice, j'ai <lonné ([uelques lettres, quel- (pies morreaui inédits ou peu connus (|ui se rapportent aui événements racontés |>ar Claude Ilaton. Knfin le volume est termine par un index des noms de lieuv et de personnes el par un tableau des pbénomcues météorologiques et astronomiques relates dans le c<)rps du livre, el dont le rapprocheinenl^a .semblé utile.
Le tiln- que l'on trouve marque sur la couverture du manuscrit, et dont j'ai indiqué précédemment la forme, ne pouvait être conservé. J'ai cru devoir a<lopter celui de Mémoirrs. L'auteur l'emploie souvent lui-mênie; l'ouvrage a, il est vrai, qucique.s caractères des annales et de l'bistoire proprement dite; niais connue il a été rédigé, au moins en |)artie, à mesure de raccomplisM'uient des événements, cl comme l'auteur s'y met s<iu\eiit en scène, j'ai pt>nse qu'il rentrait davantage dans la classe des mémuin*s.
DE