‹ Mémoires de Claude HatonChapitre 41 sur 77 · TROUBLES CIVILS · texte numérisé non relu

TROUBLES CIVILS

6 octobre 1669.

Mon frère,

Cborirs IX »» mesmoir que m'a anvoyè le capitaine Hels de la part du capi-

>a diictl'Anjoti. |jyf,g Fresnoy, qui dit que ils y a des reistres en voullonlè de m’amener les chefs de mes rebelles, comm Gaspart de Cnuligni, qui fust amiral de Franse, et tous les autre chefs. Pour [ce], je vous ay bien vousiu escrire selc Icslre de ma main, asselc fin qu'elle serve de tesmoignage que tout se que vous leur proumestrès pour set aifait je le leur tiendray. Guardé seste lestre et la monstre au capitaine Relis. Du Plais les Tours, le sixhiesme jour d’octobre 1669.

Vostre bien bon frère et amy, CnsaLEs.

A mon frère le dur d’Anjou.

(Bibl. iinp. Cinq-erntj dr Colbert, n* sS, fol. si 1 r*.)

Monseigneur,

Le duc Je m’asseure que vous trouverez aussy estiange l’entreprise qui a esté faicte ^d^lençon^ coiilre ma personne, pour estre du tout contraire à vostre volonté, comme j’ay occasion de me plaindre de ce que, soubz ombre de trefve et pourparler de paix , l’on recherche tclz moyens de se deffaire de moy, que les plus tirans et barbares ne vouldroyeni imaginer et moings exécuter; et alBn que soyez adverty de la façon que l’on y a voulu procéder, je n’ay voulu faillir de vous dépescher le s* de Marivault, présent porteur, pour vous asseurer qu’hyer au soir l'on me présenta du vin à ma collacion si bien mixtionné, que tout aussy tost que j’en euz

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Usté et faict boyre au s' de Tboré et aultres, nous fusmes surprins d'ung tel vozniasement que, sans la bonté de Dieu et les bons remèdes qui nous furent appliquez, le poison eust à présent faict son effect sur nous, et vous aurait privé du plus affectionné et Gdclle sugect que vous aurez jamais. Ce qui ne peult avoir esté inventé sinon que par ceulx qui sont indignement constituez et eslevez auU dignitcz et charges de ce royaume, Icsquelz ne demandent qu’à tenir cet Estât en trouble et division, pour conserver leurs auctboriteè illégitimes, cedispensans à tous actes mesebans et tiraniques, dont la pugnition doibt suivre le maléfice. Oui me faict vous supplier très bumblement vouloir de vostre part faire faire*si exacte recberebe et perquisition comme je feray de mon coslé, allin que, par la vérification qui en sera faictc, le blasme que les estrangers pourrayent im puter à toutte reste nation françoise puisse estre osté. En quoy, oultre que vous ferez acte digne de vostre grandeur et qui regarde le plus proebe qui vous appai tienne de sang, vous m'obligerez de tant plus à exposer la vye qui m'a esté mi raculeusenient conservée pour vous faire très biimbic service, comme j’ay tousjours eu volonté, et qui me demeurera, quelque impression que l’on vous en puisse donner au contraire. En cest cndroict, après m’estre très bumblement recommandé à vostre bonne grâce, je supplie le Créateur,

Monseigneur, vous donner en très bonne santé très heureuse et très longue vye. De Charroulx, ce xxvn* de décembre ibyS.

Vostre très humble, très obéissant frère et sugect, Fbançots.

Au roy mon seigneur et frère.

[Bibl. imp. collecl. Diipuy, vol. 8ii, intitulé ; Ménoirn de Henry ïll, fol. 380 i'.)

.Madame, , •

J’é descouvert miraquleuz.emant unne des plus grandes conjurations qu'il éloit Lv duc posibic, pour laquelle avérer entièremant et en voir le fons, il est nésésayre «l'Alenvon d’avoir un oume que je sé loger à Paris. Je vous supplie trouver bon qui me soit ac Médici» amené par le capitène Espié, enseigne de mes gardes, et tenir la min que le ray m’i soit ausi favorable que je l’é tousjours espéré de sa bonté en chouse sanblable.

La hâte que j’é pour donner hordre à beaucoup de ebozes sur se fet m’anpesuhera de vous en dire davantage pour sète heure. Je vous bayze les mins, en

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priant Dieu, madame, qui vous doint entier aronpIUcmaul de vos dessirs. De Chateautieri, se x\mi* dessanbre.

Vostre très humble et 1res obéissant fiD et serviteur, Fiiançots.

A la roynr madame et n\ére.

(Bibl. imp. fmo^. n* 1946, fol. 17

PI.ACCAKTZ moi VËZ ArnCHEZ LE JOUR SUSTaB DAME DE DBCEMBIlfi RR LA VILLE DR PARIS , EN CHAQUBS COINGS DES RUES.

Paris, en ce temps froidureux

Que les nuictz sont longues et fresche»

Tu doy bien vueillcr sur tous ceulx Qui font auprès de loy des presches Si de brief tu ne les dépesclies.

Jamais paix n'auront les chresiions;

Car ceulx que tu souffres et tiens Te causeront tant de courroux.

Que tu diras, toy et les tiens r Montaignes. tombes deasus nous

Tu sçay bien que leulx qui te font Conunandetnent de par le roy.

Des plus pariaicU ennemis sont De nostre calholicque fby.

Par quoy suis d'avis, quant à moy,

Pour avoir paix que lu les coupes,

Et qu'avec leurs chausses d'estouppes * . Tu les face bnisler, à fin

Que d'euU et de toutes leurs trouppes Ayons vengeance et puys la fin.

Leur vollerie tant nous Messe.

Qu'il ne fauli avoir nul égard

Non plus qu'au diable à leur noblesse.

Mais les tuer sans nul égard , /

Et comme viUains, d'une bard

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Les faire pendre el estrangler, Que la mort le» puisse sangler, El confondre au centre de terre.

PujMju'üx n*onl vouloir se régler Selon !‘égli»e de S' Pierre.

• At PEUPLE DE PAhIS.

Peuple, tu es par trop paoureux .

Comme t*ay dict par plusieurs Toys.

Puisque garder tu ne te veulx,

.Adieu te dy, car je m*en voy».

Et t'adverty à haulte voix Que quelzques uns de U régence

Ont aux meschans inteligence. *

Dont Dieu est si fort courroucé De la paresse et négligence.

Qu'en bref temps tu seras trousse.

Graivl douleur en mon cueur j'emporU-, •

Car je s^av que le» ennemys S'approchent fort près de ta porte Avec plusieurs de leurs commis.

Et ont dcsjà leurs prescheurs mys Vers S' Germain de rAuxerrois.

Qui font presches en quelqucndroicU.

Dont tant de douleurs on te forge,

Qüe le» ennemis de la croix Sont presU de te coupper la gorge.

A l’apétit de trois ou quatre Gros pendarix. villains, rouluHers.

Veulx-tu laisser rompre et abbatre ^

L’église k leurs avantoriers ?

Non non, car les larrons putiers.

Plains de toute desloyaulié.

Ont commis si grand cruaulté, ,

Qu’en eulx n'y a plus de noblesse .

De vertu et principaullé.

Mais toute ordure qui nou.» blesse.

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NonobsUnt les grands sacrilléges Qu'ilz ont perpétré et comoiis.

En leurs honneurs et privilèges Tu les veoy rèsUblii et mis Et cil leurs grands eslaU renrïvs.

Te commandant au nom du roy.

Et pour ce, Paris, pense à toy:

Car si leur sang trouble et espays N'est respendu par ton octroy.

Jamais en France n aurons la patv

Paris, je m'en vay de ce lieu .

Tout mélancolique et fasché De ce que lu as contre Dieu Aux meschans le glaive lasché.

Tant comme j’ay peu j’ay lasché De ne le faire consentir;

Mais Dieu le te [faicl] bien sentir.

Car c*esl trop lard se repentir.

Vivement et desus bon gaige Quant il le fault trousser bagage.

(flibl. imp. collecL Dupuy, '«ol. fol. 90 r*

* Ce» paraissfnt se rapporter à Tau 1567.

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VUl.

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