‹ Mémoires de Daniel Huet, évêque d'AvranchesChapitre 10 sur 59 · X ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

X ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR

qu'il y posséda des terres , les procès rassaillirent de tous côtés et le chassèrent, quoiqu'il eût aussi, grâce à son air natale, quelque ouverture pour le jargon de la chicane.

Alors il revint à Paris , et se logea dans la maison professe des jésuites, où il a vécu ses vingt dernières années, pendant lesquelles il s'est appliqué principalement à faire des notes sur la Vulgate. Il ne regardait pas seulement la Bible comme la source de la religion ; mais il croyait que c'était ^ de tous les livres le plus propre à former et à exercer un savant. Il avait lu vingt-quatre fois le texte hébreu, en le conférant avec les autres textes orientaux. Tous les jours, dit-il, sans un seul d'excepté, il y employa deux ou trois heures, depuis 1681 jusqu'en 1712.

Une cruelle maladie dont il fut attaqué cette annéelà , et qui le tint au lit près de six mois , lui affaiblit considérablement, non pas l'esprit, mais le corps et la mémoire. Cependant, dès qu'il eut un peu recouvré ses forces, il se mit à écrire sa vie^ et il l'écrivit avec toute 1 élégance, mais non pas avec tout l'ordre, ni avec toute la précision de ses autres ouvrages, parce que sa mémoire n'était plus la même qu'autrefois. Elle alla toujours en diminuant. Ainsi, n'-étant plus capable d'un ouvrage suivi, il ne fit plus que jeter sur le papier des pensées détachées, travail proportionné à son état.

Quoiqu'il m'en ait confié son unique copie, pour la

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