ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR. XI
publier sous le titre d'Hiietîana, je ne me flatte point qu'à ce sujet on me permît de rapporter ici avec quelle complaisance il m'a souffert, depuis que j'eus l'honneur de le connaître en 1708. On doute, lorsqu'il s'agit de grands hommes, si c'est amour-propre ou reconnaissance qui fait que nous parlons de leur amitié; et souvent, de peur d'être soupçonnés d'une faiblesse, nous renonçons à un devoir.
Je ne saurais pourtant ne pas avouer que c'est moi qui procurai la cinquième édition de ses poésies en 1709. Je m'en ressouviens d'autant plus volontiers, que sans cette édition qui réveilla ses Muses endormies vraisemblablement il n'eût jamais songé aux cinq* nouvelles métamorphoses qu'il composa en 1710 et 171 1 . Tout son esprit s'y retrouva. Quelle délicatesse, et pour un savant de ce rang-là, et dans un âge si avancé! Quelle fleur, et, si nous osions parler ainsi, quelle jeunesse d'imagination !
Au reste, si l'on veut bien considérer qu'il a vécu quatre-vingt-onze ans, moins quelques jours; qu'il se porta dès sa plus tendre enfance à l'étude; qu'il a toujours eu presque tout son temps à lui; qu'il a presque joui toujours d'une santé inaltérable, qu'à ». . son lever, à son coucher, durant ses repas, il se faisait lire par ses valets ; qu'en un mot , et pour me servir de ses termes, ni le feu^ de la jeunesse , ni reinbar ras des affaires , ni la diversité des emplois, ni la société de ses égaux y ni les tracas du inonde, nonl pu