‹ Mémoires de Daniel Huet, évêque d'AvranchesChapitre 12 sur 59 · XII ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

XII ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR

modérer cet amour indomptable de V érudition qui Va toujours possédé : une conséquence qu'il me semble qu'on pourrait tirer de là, c'est que M. d'Avranches est peut-être , de tous les hommes qu'il y eut jamais, celui qui a le plus étudié.

Outre qu'il était naturellement robuste, il vivait de régime. Dès l'âge de quarante ans, il ne soupait point. Encore dînait-il sobrement. Il ne mangeait que des viandes communes, point de ragoûts; et à peine mettait-il dans son eau une huitième partie de vin. Sur le soir, il prenait une sorte de bouillon médicinal ^ A la vérité, lors même qu'il se portait le mieux, il avait le teint d'une pâleur à faire craindre qu'il ne fût malade.

Une singularité bien remarquable, c'est que deux ou trois jours avant sa mort , tout son esprit se ralluma, toute sa mémoire lui revint. 11 employa ces précieux moments à produire des actes de piété, et mourut tranquille, plein de confiance en Dieu.

1. C'est un bouillon connu sous le nom de bouillon rouge du médeciu Delorme.

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